Vineas : une plateforme collaborative pour la filière viti-vinicole

Publié le 19 janvier 2021

28 juin 2019 : le coup de chaud sur le vignoble languedocien, illustration s’il en est du réchauffement climatique, a laissé des impacts encore ressentis sur la campagne 2020.© DR

À la fin du mois de février, l’Inrae de Montpellier lancera cette plateforme à l’échelle du bassin méditerranéen, permettant d’échanger informations, projets, expérimentations, état des lieux de la recherche face au changement climatique.

Dans un contexte d’incertitude croissante face au changement climatique, qui se traduit notamment par la récurrence des aléas climatiques, les professionnels de la viticulture n’ont plus le choix. Si s’adapter à la nature et à ses coups de semonce a toujours fait partie de leur quotidien par les caractéristiques mêmes de leur métier, l’anticipation est aujourd’hui de rigueur pour être en capacité de faire face aux défis multiples du changement climatique.

C’est ce contexte précis qui a poussé l’Union européenne, en octobre 2019, à lancer le projet MEDCLIV. Celui-ci vise au partage de connaissances et au déploiement d’approches participatives pour l’adaptation de la filière vigne et vin méditerranéenne au changement climatique. Il est financé par la Climate-KIC, à hauteur d’un million d’euros pour trois ans, et par les organismes partenaires, dont l’Inrae pour la France. Le Portugal, l’Espagne, l’Italie, Chypre et la Slovénie participent également à ce projet. Chaque pays a la possibilité de réaliser des événements, des manifestations et des outils autour de cette problématique à l’échelle locale, régionale et internationale.

Un site de partage et d’initiatives collectives 

Pour avoir un panorama méditerranéen de toutes les initiatives qui existent dans la filière viti-vinicole face au changement climatique, l’Inrae de Montpellier s’est lancée dans le développement d’une plateforme collaborative, Vineas. Accessible gratuitement et ouverte à tous, chacun peut aller à la pêche aux informations et partager son expérience face à la problématique du changement climatique. Rien de nouveau me direz-vous, son "aînée", Agrisource, remplit les mêmes fonctions. Pas tout à fait.

"Agrisource a été construite en 2017, pour accueillir des projets, des études, des informations, etc., pour toutes les filières agricoles, à l’échelle mondiale. On s’est rendu compte à l’usage que la masse d’informations proposées était trop vaste, qu’il y avait trop de filières et trop de territoires", commente Maddy Tintinger, ingénieure d’études à  l’Inrae, en charge du lancement de la plateforme Vineas. Un changement de braquet a donc été opéré dans la conception de la plateforme Vineas, en la spécialisant à la seule filière viti-vinicole, sur un territoire circonscrit au bassin méditerranéen.

Le but de cette plateforme est de réunir tous les acteurs de la filière autour de la problématique du changement climatique, de les relier entre eux, de créer un réseau et un écosystème. La plus-value de cet outil est que l’on peut également créer des relations entre les acteurs et les projets”, ajoute l’ingénieure d’études. Et, pourquoi pas, à terme, concevoir collectivement les stratégies à mettre en place face au défi du changement climatique.  

Développée en sept langues (les langues des pays partenaires précités et l’anglais), la plateforme propose des contenus spécifiques à certains territoires, mais également des contenus plus généraux à l’échelle du bassin méditerranéen, sous forme de fiches thématiques. On y trouve pêle-mêle des fiches sur les pratiques œnologiques, le travail du sol, l’agroforesterie, les pratiques agronomiques en viticulture, des outils d’aide à la décision, etc. "Les fiches généralistes proposent des contenus assez poussés pour que ceux et celles qui les consultent s’y retrouvent, et puissent découvrir des informations qu’ils n’ont pas forcément", tient à préciser Maddy Tintinger. Si toute personne peut aller consulter ces fiches, la population ciblée est la profession viti-vinicole. 

Comment ça marche ?

Pour consulter ou/et apporter du contenu sur la plateforme, il faut s’inscrire. Une fois l’inscription validée par  l’Inrae, l’étape suivante est la création de son compte. Un tableau de bord s’affiche alors à partir duquel il est possible d’ajouter des contenus. Pour ce faire, il suffit d’aller sur l’onglet document, de cliquer, puis d’ajouter son document en format PDF ou l’URL s’il s’agit d’une publication en ligne.  Toutes les informations ajoutées sont publiées sur la plateforme Vineas ou la plateforme Agrisource, ou les deux, au choix de chacun. On peut aussi y présenter son activité et annoncer ses actualités. À partir de ce même tableau de bord, il est possible d’établir des relations avec les acteurs de son choix. Enfin, le contenu peut être dans toutes les langues. Aucune obligation en la matière.

Une nouvelle fonctionnalité est en cours de développement. Celle-ci porte sur la création d’une typologie de solutions, autour de recherches ciblées, pouvant concerner la réglementation, les solutions œnologiques, l’adaptation ou l’atténuation climatique, la transition agroécologique, le sol, l’eau, etc. Cette fonctionnalité permettra de mettre plus en avant les solutions et les leviers face au changement climatique.

En ligne depuis le 10 décembre dernier, son lancement s’est fait discrètement, avec un nombre de contributeurs limité. L’Inrae va passer à la vitesse supérieure à la fin du mois de février, en ouvrant la plateforme à tous ceux et celles qui souhaitent contribuer. Covid oblige, le lancement officiel se fera sous forme de webinaire, d’une durée de 30 minutes à 1 heure. Ne reste plus qu’à fixer la durée et la date. 

Florence Guilhem

 


HéraultVineas plateforme collaborativeInrae de Montpellier