Vendanges : l'état sanitaire se dégrade dans le Gard

Publié le 23 octobre 2021

Jacques Hilaire, président de la cave coopérative des Vignerons de Roquemaure. © DR

“L’année fut compliquée, du début à la fin.” Entre le gel d’avril et les vendanges perturbées par les précipitations et les inondations de la deuxième quinzaine de septembre, la situation au vignoble restait “tendue” cette semaine encore, alors que de nouveaux risques d’orages sont annoncés ce premier week-end d’octobre. Entre 100 et 150 mm sont tombés le week-end dernier, dans le nord du département, laissant craindre un “état sanitaire qui se dégrade à vitesse grand V”, remarque Bernard Genevet (ICV Gard). Résultat, “la semaine passée, tout le monde a accéléré”, bien que les épisodes pluvieux aient été “un cran plus bas” que ceux des 14 et 15 septembre. 

Pourriture et vendanges accélérées

Si plusieurs secteurs ont terminé les vendanges, une bonne partie des rentrées s’achevait cette semaine, malgré quelques points d’accès rendus difficiles après les précipitations, notamment sur sols argileux. Reste surtout du cabernet, plus tardif et plus répandu en surface, alors qu’une partie du nord, du bassin alésien et de la Vallée du Rhône étaient à mi-vendanges. Les caves font leur possible pour tout rentrer au plus vite, “mais tout ne pourra pas rentrer dans la semaine”, indique le consultant viticole, tandis que la pourriture est scrutée de près. “C’est compliqué sur grenache”, note Bernard Genevet. “L’état sanitaire se dégrade beaucoup.” Dans le Nord, les grenaches commençaient à être récoltés, alors qu’il restait encore le cabernet à vendanger dans les zones de vins de pays. 

Si les degrés seront forcément moindres qu’il y a deux millésimes, “ça reste relativement mûr” (entre 13° et 14° au lieu des 14° ou 15°). Mais les dernières pluies ont fait du mal aux vignes, notamment dans le Gard rhodanien (entre 25 et 90 mm de cumuls). Sans relever de la catastrophe, la situation sanitaire a engendré “un coup d’accélérateur”, confirme Mathieu Bernoud, ingénieur œnologue à Diœnos Rhône. “Les parcelles où il a le plus plu sont celles qui étaient les moins avancées.” 

Quelques degrés en moins 

Entre les quelques rares secteurs qui n’ont pas encore commencé à être récoltés et les récents épisodes climatiques, les vendanges 2021 sont “sous tension”. Pour les moins précoces, l’enrichissement a été autorisé en Côtes du Rhône, “mais, pour les autres, c’est trop tard”, annonce Mathieu Bernoud. Malgré cette bouée de sauvetage, tout le monde ne pourra pas tout rentrer. Faute de mistral, le raisin a continué à s’abîmer. Même le grenache tenait jusqu’à la semaine passée, mais n’a pu échapper à la pourriture, à part sur quelques terroirs en coteaux et plus aérés. “Il faut vraiment accélérer les vendanges”, recommande l’ingénieur. 

Message reçu cinq sur cinq, notamment à la cave de Roquemaure. “On ramasse à fond”, expliquait Jacques Hilaire en milieu de semaine. Malgré des parcelles à nouveau gelées cette année, le président de Rocca Maura attendait “une belle récolte”, tout en accélérant le rythme, pour parvenir à rentrer 80 % de la récolte. 

Au final, les maturités se sont harmonisées, malgré “quelques degrés en moins”, orientant les cuvées vers un aspect “plus septentrional”, prévoit-il. Entre 18 000 et 19 000 hl devraient être produits, en dessous des 24 000 hl habituels, dont 12 tonnes de carignan ramassées samedi 2 octobre, à l’occasion des 100 ans de la coopérative.

Philippe Douteau 


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