Vendanges gardoises 2020 : une drôle d’année

Publié le 08 septembre 2020

David Sève (FDSEA 30), Magali Saumade (CA 30), Anthony Bafoil (Coopération agricole 30), ont entamé la tournée des vendanges, avec le préfet Didier Lauga, et le président du Département Denis Bouad. (© CA 30)

Comme chaque année, le président du Conseil départemental et le préfet du Gard font leur pré-rentrée, en compagnie des vignerons gardois. Les principaux représentants de la filière étaient de la partie le 27 août, masqués comme il se doit. Relativement encourageante, l’année 2020 a forcément été chahutée de manière inédite, au-delà des habituels aléas.

Chaque millésime a beau être différent, cette année, les conditions sanitaires particulières ont conféré aux vendanges un aspect encore plus particulier.  Avec un peu d'avance, les récoltes faisaient déjà état, début août, de maturités avancées, notamment en syrah et grenache. Alors que les acidités évoluent logiquement à la baisse, et au vu d'équilibres sucres/acides "identiques à ceux relevés en 2019 à degré équivalent", selon l'ICV Gard, du climat au Covid-19, l'édition 2020 de la viticulture a pris tout le monde de court. 

Viticulteurs, coopérateurs et élus ont pu faire part de leurs attentes auprès du préfet Didier Lauga et du président du Département Denis Bouad, mais aussi de leurs craintes, et de leurs relatifs soulagements, quant à l'irrigation et à la réactivité des autorités permettant d'avoir pu distiller plus de 300 000 hl dans le Gard. 

Un millésime perturbé

"On avait tout pour faire un bon millésime, mais nous n'avons pas connu une année normale", résume Patrick Compan. Même si les gelées de mars ont plus touché certains secteurs (Côtes du Rhône), causant des pertes sur chardonnay et viognier, et malgré la grêle, le millésime s'annonce pourtant "correct", malgré une année commerciale catastrophique pour bon nombre de producteurs, nuance le vice-président la Chambre d'agriculture du Gard. 

Un état sanitaire globalement correct, une bonne taille des baies, et "20 % de rendement en jus supplémentaires", il a fallu que la crise sanitaire s'en mêle et perturbe le marché, paralysant certains domaines dépendants des réseaux habituels de la restauration. Si le contexte actuel est inédit, la tournée des vendanges n'a pas failli à la tradition, en passant par un domaine particulier et une cave coopérative emblématiques du territoire, malgré tout "marqué par des disparités", comme l'a souligné Magali Saumade, présidente de la Chambre d'agriculture. Alors que les 53 000 ha gardois étaient en cours de vendanges, la délégation a fait une halte à Saint-Maximin, au domaine de l'Aqueduc de Jacques Vidal, qui avait débuté la récolte quelques jours auparavant. En Pays d'Uzès, IGP Coteaux du Pont-du-Gard et IGP Pays d'Oc, les vins du domaine de 38 ha sont essentiellement commercialisés en vente directe, pour seulement 10 % de ventes à l'export. Un segment moins touché que les appellations, dans cette période chamboulée économiquement par le confinement. 

Maintien et extension 

Représentant la Coopération agricole dans le Gard, Anthony Bafoil a tenu à remercier le préfet et les élus présents, dont la députée Françoise Dumas, et la sénatrice Vivette Lopez, pour avoir contribué à l'obtention de l'aide à la distillation, ainsi que la Région Occitanie pour le plan de relance proposé par Carole Delga. Le président du comité départemental du Gard de la Coopération agricole Occitanie a profité de la présence de Jacques Gravegeal pour saluer le bon maintien des vins de Pays d'Oc IGP, qui "s'en sortent moins mal que d'autres", rappelant au passage que "les Pays d'Oc font le plus de volumes et de chiffres d'affaires dans le Gard". Le tout étant de "rester dans cette dynamique des prix". Le constat est partagé par Denis Verdier, qui soutient le président du syndicat des Vins de Pays d'Oc IGP dans la tenue des prix en cours. "Il n'y a pas de raison qu'ils baissent." 

À la cave VPA de Générac, Denis Verdier, son président, a indiqué que la récolte 2020 devrait sensiblement dépasser la précédente, en dépit de quelques secteurs touchés par le gel, comme à Saint-Hilaire-d'Ozilhan.
Commencées début août sur cépages précoces à Calvisson, les vendages des 2 700 ha de la coopérative s'étireront jusqu'à fin septembre en Côtes du Rhône. "On mise sur 180 000 hl, contre 160 000 hl l'an dernier", indique le président qui se félicite des "bons résultats des premières cuvées". Le groupe a souffert à l'export sur les marchés chinois et américain, mais a tiré son épingle du jeu en Europe du Nord. Sur le marché national, en raison des partenariats avec les maisons de négoce, des sorties "intéressantes" ont pu être dégagées, permettant aux coopérateurs de VPA de voir leur acompte maintenu. 

Autre satisfaction du président Verdier, l'extension du réseau hydraulique BRL, portée par le groupe VPA. Le projet, dont les travaux devraient commencer en 2021, pour une livraison en 2022, permettra d'irriguer "630 ha de vignes" en AOP Costières de Nîmes sur Générac, Beauvoisin, et Vauvert, pour un coût de 3,7 M€, avec l'aide de BRL, de la Région et du Département. L'objectif ? "Avoir un vignoble irrigué au goutte-à-goutte." Quant aux secteurs non irrigués par BRL, des solutions adaptées seront discutées lors d'une prochaine table ronde avec le président du Département, Denis Bouad. De quoi relancer le dossier d'extension du réseau. 

Philippe Douteau


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