Urgences cévenoles

Publié le 06 octobre 2020

Après les pluies torrentielles du 19 septembre, il faut recenser les dégâts. En attendant, des actions de solidarité vont se poursuivre sur des exploitations lourdement touchées. (© FDSEA 30)

Six jours après les ravages survenus lors de l’épisode cévenol du 19 septembre, une commission d’enquête était dépêchée en urgence sur les exploitations des secteurs les plus touchés. L’heure est au recensement de dégâts sur cultures, avant la tenue de la Commission nationale des calamités agricoles qui doit avoir lieu le 12 novembre. 750 dossiers ont été envoyés aux agriculteurs pour signaler leurs pertes et leurs dommages. En parallèle, la solidarité s’organisait déjà sur les exploitations traversées par les inondations.

Après les intempéries, il est temps de dresser les bilans. Et il faut faire vite, pour répertorier les pertes de récolte, de fonds, activer les calamités agricoles et penser à la reconstruction et à la relocalisation des terres emportées par les eaux. Vendredi 25 septembre, une commission d'enquête s'est déplacée dans trois secteurs ayant enregistré le plus de sinistres, dans la vallée du Gardon d'Anduze, de Saint-Jean, et dans la vallée de l'Hérault à Saint-André-de-Majencoules et Taleyrac. Pilotée par la DDTM du Gard, en présence de Philippe Cavalier, représentant la présidente de la Chambre d'agriculture Magali Saumade, de Géromino Salmeron (FDSEA), de Guillaume Pic (Jeunes agriculteurs) et d'agents de la Chambre et de la DDTM, la commission a pu constater l'ampleur des dégâts. Outre les bâtiments et infrastructures partiellement ou entièrement détruits, les intempéries ont touché des vergers de pommiers, de kiwis, des vignes, des élevages et surtout des parcelles d'oignons doux. Les agriculteurs situés dans les périmètres concernés par les dégradations doivent signaler leur type de pertes, d'ici le 16 octobre.

15 jours pour recenser les dégâts

Les coulées d'eau qui ont envahi les communes des Cévennes les 19 et 20 septembre ont laissé des traces encore bien visibles. Face à l'intensité des pluies diluviennes, les sinistres font peine à voir. "C'était édifiant", raconte Lydia Vautier, directrice de la Chambre d'agriculture du Gard, qui s'était déplacée avec la commission d'enquête. "On ne peut même pas s'imaginer la violence. Sur certaines parcelles, il n'y a plus rien. Tout a été arraché, il n'y a même plus de ripisylve à certains endroits." Alors que les recensements commençaient à être enregistrés, et qu'un délai supplémentaire a été accordé, en vue de la Commission nationale des calamités agricoles, le 12 novembre, 750 dossiers ont été transmis à une soixantaine de personnes, selon les estimations des agriculteurs sinistrés qui doivent transmettre le type de dégât sur chaque culture. 

Un arrêté préfectoral a reconnu 23 communes en état de catastrophe naturelle "pour inondations et coulées de boue du 19 au 20 septembre", le 24 septembre. Cinq jours plus tard, le CAF du Gard, le conseil de crise rassemblant les responsables des organismes agricoles, se réunissait, pour baliser au mieux les besoins par secteur et par filière, et préparer le terrain pour permettre aux agriculteurs de repartir sur des bases nouvelles.  

17 000 m2 de murs à rebâtir 

Mardi 29 septembre, le CAF du Gard a donc fait un point sur les sinistres déjà comptabilisés. Composé de représentants de la Fdsea, des JA, de la Chambre d'agriculture, de la Fédération des caves coopératives, des Vignerons indépendants, de la Fédération de la coopération fruitière et légumière, de la MSA, de Groupama et du Crédit agricole, le conseil a présenté les premières solutions et les actions à mener pour sortir les sinistrés du pétrin le plus rapidement possible. Des ponts dévastés, 27 km de chemins, 2 hangars détruits et 15 bassins de rétention endommagés... "Nous allons demander au préfet de faire appel au génie civil ou militaire", annonçait David Sève, à l'issue de la réunion, à la veille d'un rendez-vous prévu à la préfecture. Quant aux cultures touchées, le président du CAF du Gard et de la Fdsea faisait état de "6 ha de pertes de récolte et de fonds sur pommiers, 10 à 15 ha de vignes couchées dans le secteur d'Anduze, de vergers de kiwis, une pépinière ornementale, 17 000 m2 de murs à refaire, et 8 ha de parcelles d'oignons doux entièrement ou partiellement détruites". 

Le CAF prévoit ainsi de demander à revaloriser le barème de prise en charge des frais en vigueur pour réévaluer les pertes de fonds en calamités agricoles, en le rehaussant de 35 à 60. La Cuma du Gard pourrait aussi être mobilisée dans l'obtention de subventions (à hauteur de 80 %) pour l'achat de matériel destiné aux travaux de reconstruction.

Depuis ce début de semaine, les premiers coups de main solidaires s'organisaient pour aider à la remise en l'état de toitures métalliques affaissées. L'opération de solidarité menée par la FDSEA et les JA, a réuni une quarantaine de personnes. De prochaines devraient suivre. 

Philippe Douteau

 


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