Une nouvelle équipe pour la Fédération départementale des chasseurs de l'Hérault

Publié le 12 avril 2022

La nouvelle équipe de la fédération, avec ses 16 administrateurs, dont 11 nouveaux, avec leur futur nouveau président, Max Alliès. © F. Guilhem

Le 2 avril, la Fédération départementale des chasseurs de l’Hérault organisait son assemblée générale, à Sallèles-du-Bosc. Une assemblée pas tout à fait comme les autres puisqu’elle était la dernière pour son président, Jean-Pierre Gaillard qui, après 19 ans à la tête de la fédération, passe le relais à Max Alliès.

Il y a des assemblées générales qui laissent plus de traces dans la mémoire que d’autres. Celle de la Fédération départementale des chasseurs de l’Hérault, à Sallèles-du-Bosc, le 2 avril, en fera incontestablement partie. Et pour cause. Après avoir officié à la présidence de la fédération durant 19 ans, avec la même équipe d’administrateurs – un record au sein des fédérations de chasseurs en France –, Jean-Pierre Gaillard passe le relais. Ému, l’homme l’était particulièrement à l’heure de présenter son dernier rapport moral, mais aussi heureux d’annoncer deux bonnes nouvelles. La première concerne la vente d’un terrain, situé dans le parc de Bédarieux. Une vente décidée en 2003, mais qui a traîné en longueur faute de propositions financières intéressantes. "Il était hors de question pour nous de brader cette vente. Cela a été une longue galère pendant 19 ans, mais nous avons enfin eu une bonne proposition. Nous avons signé l’acte de sous-seing privé la semaine dernière", se réjouissait-il, ce samedi, à la tribune. La seconde bonne nouvelle est l’annulation des adjudications de l’ONF dans l’Hérault. "Nous n’en avions pas beaucoup dans notre département, mais il a fallu se battre pour les faire annuler. Ce ne seront donc que les chasseurs locaux qui auront l’autorisation de chasser chez nous", se réjouissait-il. Et parce qu’une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le président laisse une fédération en ordre de marche, aux finances saines, et qui a su maintenir ses activités en dépit du Covid.

Bilan d’activités 2020-2021

En effet, bien que la gestion des activités ait été perturbée par la pandémie, les formations pour le permis de chasse ont toutefois pu être assurées, ainsi que celles pour la chasse à l’arc et le renard. Reste que le nombre de chasseurs continue à diminuer, la fédération n’ayant validé que 15 871 permis, soit 574 de moins que pour la campagne précédente. Une fois cela précisé, le pourcentage de permis validés pour les chasseurs de l’Hérault demeure supérieur à celui du national (soit 58 % contre 42 %).

Pour ce qui est des dégâts de gibier, 172 dossiers d’indemnisation ont été traités pour un montant total de 170 000 €, soit une baisse de 20 % par rapport à la période de chasse précédente. Sur ce montant, 72 851 € ont été versés aux 10 communes héraultaises les plus impactées, et plus de 800 agriculteurs ont été livrés en clôture. "On revient enfin à un niveau normal par rapport aux années précédentes. Au total, nous avons mis 1,5 M€ de matériels en circulation auprès des agriculteurs subissant des dégâts de gibier", précisait le président.

Dans le cadre du plan de gestion des sangliers, 5 511 vignettes sangliers ont été délivrées et 424 carnets de battue ont été demandés par les sociétés de chasse. La cotisation de base est fixée à 100 €, puis 200 € pour des dégâts inférieurs à 1 000 €, 300 € pour des dégâts compris entre 1 000 et 3 000 €, 400 € pour des dégâts dépassant 3 000 €, et 500 € pour les zones noires. "Pour la période 2021-2022, le montant total des contributions s’élève à 80 000 €, bien loin des 170 000 € de dégâts financés par la fédération. Une participation de l’État s’impose. Ainsi que l’a dit notre président national, si aucune solution n’est trouvée d’ici la fin de l’année, nous arrêterons de payer les dégâts faute de moyens financiers", disait-il. 

Côté petit gibier, les dégâts de lapins sont nombreux à l’ouest de Montpellier. Avec les arrêtés sur l’interdiction de chasse de la palombe et du renard, "c’est la fin annoncée du petit gibier. On va donc continuer à se battre sur ces sujets pour faire bouger les lignes. Il va falloir aussi se battre sur le partage du territoire", insistait-il.

Les chasseurs montent au créneau pour le partage du territoire

Entre les propositions de certains candidats à la présidentielle d’interdire la chasse le week-end et les jours fériés, mais aussi la pétition en ligne pour le contrôle de la chasse, la coupe est pleine pour les chasseurs. Et le futur nouveau président, Max Alliès, de prévenir les sénateurs présents que si l’interdiction de la chasse le week-end, jours fériés et vacances, est votée, "ce sera la révolution, et on saura se mobiliser". "Je n’ai jamais vu autant d’attaques contre la chasse depuis un an. D’où l’importance d’être tous unis pour assurer le partage du territoire", complétait Jean-Pierre Gaillard. Un appel auquel ont fait écho les représentants des associations invitées.

"C’est important que la chasse, la pêche et les forêts soient ensemble pour assurer le partage du territoire, mais il va falloir faire preuve de pédagogie", rappelait Francis Cros, président de l’association forestière des communes de l’Hérault. "Les randonneurs et les chasseurs doivent cohabiter de façon sereine dans la nature. Mon souhait est que les uns et les autres puissent partager le territoire et que personne n’ait de contrainte", ajoutait, de son côté, la présidente du Comité départemental des randonnées pédestres de l’Hérault. "La chasse est l’alliée de la biodiversité comme l’agriculture", concluait Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. 

Florence Guilhem


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