Tous en route pour la viticulture du futur

Publié le 23 novembre 2022

Bernard Angelras, président de l’IFV ; Jérôme Despey, président de la CA 34 ; Robert Ménard, maire de Béziers ; Gérard Julien, président de NGPA ; et René Moreno, conseiller régional. © Cédric Faimali - GFA

Toute la filière était au rendez-vous, mardi 15 novembre, pour l’inauguration officielle du salon régional, Dionysud, à Béziers, et pour rappeler les enjeux et défis de demain.

Entre la crise économique, l’inflation, les aléas climatiques à répétition, les effets de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine, “la viticulture ne prend que des gifles depuis 2019. Aussi se retrouver de nouveau tous ensemble à Dionysud est un grand plaisir, qui va nous permettre d’échanger sur les défis que nous avons à relever, mais aussi les solutions qui peuvent nous aider à nous adapter au changement climatique”, rappelait le président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, Jérôme Despey, lors de l’inauguration officielle du salon régional vitivinicole. S’il fallait trois verbes pour qualifier la 15e édition de ce salon, ce serait résister face au changement climatique et à la crise économique, s’adapter et pérenniser les entreprises.
Telle est l’intention des 145 exposants (du machinisme au packaging, en passant par l’irrigation, les pépiniéristes, la vinification-œnologie, les organisations professionnelles agricoles, les instituts techniques ou encore les représentants institutionnels) pour accompagner la filière vitivinicole dans la transition qu’elle doit accomplir. Le cycle de conférences organisées suit le même fil rouge. Alors, certes, si les difficultés et les obstacles sont nombreux, “c’est par la technique, l’innovation et la recherche qu’on arrivera à bâtir le vignoble de demain. La filière a beaucoup travaillé en ce sens, et nombreuses sont les pistes à être présentées ici”, se réjouit Jérôme Despey.

Innover et soutenir

Parmi les pistes mises en exergue, la création variétale est à même d’apporter des solutions face au changement climatique, ce à quoi s’attelle l’IFV depuis de nombreuses années. Variétés d’Espagne, de Grèce, du Portugal ou encore d’Italie, mais aussi variétés résistantes et cépages patrimoniaux sont en cours d’expérimentation. “Mais il faut du temps pour la création variétale, comme la mise en place de solutions par rapport à la production. Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut pas d’interdiction sans solution”, insiste le président de l’IFV, Bernard Angelras.

Si la création variétale avance d’un bon pas, reste aussi à convaincre les consommateurs des qualités gustatives de ces cépages adaptés au changement climatique et à sensibiliser les vignerons sur leur intérêt. Pour ce faire, l’IFV a lancé, au salon, son offre de masters class, ‘Les sensorielles’, soit la découverte des profils sensoriels des cépages adaptés. “Tout cela ouvre incontestablement des portes d’avenir. Entre la création variétale et les innovations, on sera en capacité de bâtir la viticulture du futur”, se félicite le président de l’institut. Mais cette viticulture du futur ne se fera pas sans les hommes. Aussi considère-t-il qu’il est important de valoriser les métiers et d’assurer l’installation des jeunes et la reprise des exploitations.
Un sujet que la Région Occitanie a pris à bras-le-corps. Ainsi, pour accompagner les projets d’installation d’agriculture durable, la collectivité territoriale a mis en place une foncière agricole. “Il s’agit d’un portage foncier. En fait, on arrive en complément du secteur bancaire. La Région se porte acquéreur des terrains agricoles pour les louer aux agriculteurs pendant la durée du portage”, détaille René Moreno, conseiller régional. Dans le Biterrois, l’agglomération apporte, elle, un soutien financier dans les programmes de rénovation du bâti viticole. Ainsi en a-t-elle fait pour la rénovation de la cave coopérative de Sérignan. La complémentarité ? L’autre carte pour assurer le futur de la viticulture.

Florence Guilhem


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