Solarzac et les surfaces peu productives à l’ordre du jour de la session de la Chambre d'agriculture de l'Hérault

Publié le 09 juillet 2019

La session de la Chambre d’agriculture de l’Hérault a porté sur la présentation des commissions et groupes de travail de la nouvelle mandature et sur le vote de deux motions : le projet Solarzac, et les surfaces peu productives.

Le 28 juin, deux motions ont été votées, lors de la session de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. L’une a porté sur le projet de centrale photovoltaïque au sol ‘Solarzac’, et l’autre sur le maintien des aides aux surfaces peu productives.

C’est au siège du Crédit agricole à Montpellier que la Chambre d’agriculture de l’Hérault avait donné rendez-vous pour la première session de sa mandature. Au programme, la présentation des nouvelles commissions et groupes de travail, et le vote de deux motions. L’une portant sur le projet Solarzac, et l’autre sur les aides aux surfaces peu productives.

Concernant Solarzac, la Chambre d’agriculture a formulé un avis défavorable dans le cadre de la concertation préalable votée à l’unanimité, moins une abstention. Situé sur la ferme de Calmels, ce projet s’étend sur 1 000 hectares, dont 400 seraient consacrés à une centrale photovoltaïque au sol, et 600 dédiés au grand public et à la préservation de la faune sauvage. Le maître d’ouvrage affirme que la centrale de 400 ha ne constitue pas une artificialisation du foncier. Une activité agropastorale est envisagée sous les panneaux : création d’une prairie pour 400 ovins, d’une clôture des secteurs, d’aides directes (préparation des sols, constructions...) et indirectes (aide à la création d’un signe de qualité). Un des trois scénarios prévoit l’implantation d’une activité de méthanation biologique affichant une consommation de 80 000 m3/an d’eau, dont la provenance relève en totalité, mais sans garantie, de l’autoproduction, et ne prévoit aucun forage, ni raccordement au réseau. La Chambre d’agriculture a constaté : “L’absence de tout élément technico-économique relatif à l’activité pastorale envisagée, l’absence d’information sur les 600 ha consacrés à l’ouverture au public et à la préservation de la faune sauvage, alors que ceux-ci pourraient présenter un potentiel pastoral et agricole et permettre le développement d’une activité d’élevage.”

La Chambre d’agriculture a voté à l’unanimité la motion sur le maintien de l’éligibilité des surfaces pastorales. Elle demande “l’application dans son intégralité du règlement européen dit “Omnibus”, entré en application au 1er janvier 2018. Et la conservation du principe de la méthode du prorata, qui permet de prendre en compte, de façon représentative, la diversité de ses milieux et leur utilisation.”

Brigitte Singla, présidente de la commission élevage, a martelé : “La DGPE (Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises) remet en cause la méthode du prorata pour prendre l’approche globale de la parcelle. J’ai du mal à comprendre pourquoi la France ne met pas en application le règlement Omnibus.” Jérôme Despey a poursuivi : “Dans la future Pac, les pratiques méditerranéennes, comme l’agropastoralisme, ne doivent pas être oubliées. Il est nécessaire de conserver ce principe de méthodes de prorata.”

OCM viticole : le renvoi de 30 M€ à Bruxelles évoqué

Par ailleurs, Guilhem Vigroux, président de la commission viticulture a insisté : “Il y a une inquiétude quant au décaissement de 30 M€ à Bruxelles, car l’enveloppe de l’OCM viticole aurait été sous-consommée. Pourtant, les dossiers promotion 2014 n’ont pas encore été payés, et les dossiers investissements font l’objet de prêts à court terme. Nous demandons donc au ministre et aux services de FranceAgriMer d’accélérer les paiements. Dans le cadre de la réforme de la Pac, renvoyer 30 M€ à Bruxelles est un signal très mauvais... Les syndicats n’accepteront pas qu’un seul euro remonte à Bruxelles.” Un sujet qui préoccupe en effet le président de la Chambre d’agriculture qui ajoute : “Alors que l’on note des retards de paiements sur les dossiers investissements et promotion et en pleine renégociation de la Pac, la France va montrer que l’on n’a pas besoin d’un budget. On perd là, une capacité à négocier pour les années à venir.”

Anne-Solveig Aschehoug


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