Sitevi : Cap au Sud !

Publié le 03 décembre 2019

Le 26 novembre, Sitevi 2019 a ouvert ses portes, sur fond de mobilisation nationale, de craintes de la filière viticole française quant aux taxes américaines de 25 %, et de polémique autour de la marque Sud de France, dans le collimateur de l'Inao.

Fort de ses innovations, de ses conférences et de ses animations, le 41e Sitevi conserve son statut de rendez-vous immuable des professionnels viticoles, oléicoles et en fruits et légumes. à la croisée des besoins en équipements et des adaptations des secteurs, le salon est aussi une caisse de résonnance où l'actualité s'invite, alors que la filière vin s'émeut d'un possible retrait du logo Sud de France sur les étiquettes...

L'unité en Occitanie. Mardi 26 novembre, la traditionnelle inauguration du Sitevi réunissait derrière le bandeau tricolore les principaux représentants du syndicalisme agricole, la coopération et les interprofessions. Autour du préfet de l'Hérault, Jacques Witkowski, Sophie Noguès, présidente de la FDSEA 34, Denis Carretier, président de la Chambre régionale d'Occitanie, le sénateur Henri Cabanel, Jérôme Despey, président de la Chambre d'agriculture 34 et secrétaire général de la FNSEA, Boris Calmette, président de Coop de France Occitanie, Jacques Gravegeal, président d'Inter Oc et du Syndicat des producteurs de vin de Pays d'Oc, et Jean-Louis Cazaubon, vice-président de la Région en charge de l'agroalimentaire et de la viticulture, ont affiché le sourire des grands jours, malgré un contexte plutôt morose, et à la veille d'une mobilisation syndicale nationale.

Venue soutenir les agriculteurs producteurs des trois secteurs, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a souhaité apporter son soutien aux innovations présentées sur le salon, gages de pérennité des activités commerciales. Il en faudra sans doute plus pour rassurer la viticulture d'Occitanie, ébranlée par la perspective d'une remise en question, par l'Inao, de la marque ombrelle Sud de France sur les bouteilles.

Faire rayonner les vins d'Occitanie

Depuis 2006, année de sa création, la marque régionale Sud de France permet à quelque 2 000 exploitations d'acquérir ou de développer leur identité et leur stratégie de positionnement, à l'export, via les opérations de promotion de l'agence Ad'Occ, assurant un regain de notoriété ou un repositionnement sur un marché. à raison de 80 actions menées par an sur 12 marchés, l'agence accompagne aussi bien les start-up que les coopératives ou les particuliers, "pour aider à structurer votre plateforme à l'export", a présenté élodie Le Dréan-Zannin, responsable du département vins. Atout collectif pour mieux "chasser en meute" sur les plus grands salons mondiaux (ProWein à Dusserldorf et ProWine à Shangai, Wine Paris), outil de présentation de produits en BtoB auprès des acheteurs, ou encore vitrine de promotion grâce aux Maisons de la région (New-York, Londres, Casablanca), le dispositif est un passeport de rayonnement pour les entités régionales.

La marque Sud de France en sursis ?

Environ 700 entreprises du secteuradhèrent à la marque du premier vignoble français, réunissant 32 IGP et 55 AOC, soit plus de 6 000 références de vins. La Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée accompagne ainsi la promotion des produits de la marque, investissant 2 M€ chaque année. Seulement voilà, le rappel à l'ordre de

l'Inao, depuis 2018, fait frémir les producteurs comme les interprofessions. La marque Sud de France ne serait pas conforme à la réglementation européenne sur les étiquetages. Paru en mai 2012, le décret d'application en France relatif à l'étiquetage et à la traçabilité des vins, prévoit que "l'étiquetage des vins bénéficiant d'une appellation d'origine protégée ou d'une indication géographique protégée peut mentionner le nom d'une unité géographique plus grande que la zone qui est à la base de l'appellation d'origine protégée ou de l'indication géographique protégée si le cahier des charges de l'appellation d'origine protégée ou de l'indication géographique protégée le prévoit." Problème, l'Inao estime que la marque ne figure pas aux cahiers des charges des IGP et AOP concernées et qu'elle ne correspond pas à une zone délimitée administrativement, ce qui laisserait la porte ouverte à des possibles usurpations d'appellations.

Philippe Douteau


OPA - Service publicSitevi Sud de France Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée