SIQO : qualité et savoir-faire, un duo gagnant pour le territoire

Publié le 24 septembre 2019

Face à l’intérêt croissant des consommateurs par rapport à une alimentation plus saine et plus respectueuse de l’environnement, mais aussi à leurs craintes et peurs multiples liées à l’alimentation, les SIQO représentent une garantie certaine.

Les produits sous SIQO (signes d’identification de la qualité et de l’origine) sont de plus en plus prisés par les consommateurs. Qu’y gagnent les producteurs inscrits dans ces démarches ?

Si les SIQO sont en constant développement depuis les années 90, ces démarches qualité ont été initiées bien antérieurement. Le premier à avoir été lancé est l’Appellation d’origine contrôlée (AOC), en 1935, à la fois pour protéger les consommateurs de l’usurpation des vocables et pour défendre les producteurs. Après l’AOC, de nouveaux labels voient le jour. D’abord, le Label rouge, dans les années 60, pour défendre un mode d’élevage traditionnel par rapport à l’élevage industriel, l’Agriculture biologique dans les années 80, en lien avec un nouvel intérêt porté à la nature et le rejet de l’usage des produits phytosanitaires, l’AOP en 1992, équivalent européen de l’AOC, pour les produits autres que le vin (extension au vin en 2009).

A partir des années 90, tout le système des SIQO est refondu, ces signes de qualité devenant européens. L’Indication géographique protégée (IGP) est mise en place en 1992 pour des produits alimentaires spécifiques (extension au vin en 2009). La même année est créée la Spécialité traditionnelle garantie (STG) pour des produits destinés à l’alimentation. Nouveau virage au début des années 2000 avec des cahiers des charges en adéquation avec les règles standard de production actuelles, et avec un contrôle désormais externalisé, après avoir été entre les mains des syndicats.

Au nombre de cinq (AOC ou AOP, IGP, Label rouge, Agriculture biologique et STG), tous ces labels, hormis le Label rouge, sont européens. Quelles que soient les appellations, “un label est d’abord et avant tout la promotion d’un produit et une démarche collective, sauf pour l’agriculture biologique. C’est aussi aller chercher de la valeur ajoutée sur ces produits pour les producteurs”, indique Pierre Ginèbre, directeur de l’Institut régional de la qualité agroalimentaire (Irqualim) d’Occitanie.

En 2017, plus de 1 100 produits français ont rejoint ces labels, dont 363 vins et 4 cidres en AOC/AOP, 74 vins IGP, 100 AOP agroalimentaires, 140 IGP agroalimentaires, 427 produits Label rouge et 1 produit STG (Source : Inao, janvier 2019). “Les SIQO sont majoritaires dans les secteurs du vin et des palmipèdes gras, où ils représentent respectivement 95 % et 52 % des volumes, et également très représentés dans les boissons spiritueuses avec 46 % des volumes. Ce pourcentage dépasse également 30 % dans les secteurs de production d’olives, de produits de la pêche et de l’aquaculture et de cidre. La production sous SIQO est aussi notable dans le secteur des fromages et celui des volailles, où elle représente respectivement 11,5 % et 10 % de la production nationale en volume”, indique la brochure de l’Inao.

Quelle valeur ajoutée créée par les SIQO ?

Avant de se lancer, il est essentiel de bien mûrir son projet, car le passage en SIQO fait inévitablement augmenter le coût de production de l’exploitation. Et pour cause : les contraintes imposées par le cahier des charges sont nombreuses, et elles ont inévitablement des répercussions importantes sur les charges de structure (infrastructure, bâtiment, etc.), ainsi que les charges proportionnelles (frais d’élevage, alimentation, etc.). D’autres frais viennent également s’ajouter, soit ceux directement liés à l’obtention du SIQO, tels que le coût de l’organisme certificateur. Au final, l’exploitant doit bien avoir à l’esprit que le passage en SIQO l’obligera à repenser l’ensemble de son travail et de sa production.

Une fois cela dit, les répercussions sont positives pour les exploitations agricoles.

Florence Guilhem

 


OPA - Service publicQualité savoir-faire SIQO