RSE : Mission : engagement

Publié le 25 juin 2019

Responsables, mais non coupables, les vins de BLB Vignobles (1 million de bouteilles par an), sont distribués via des créneaux pensés pour économiser en matériel, transport et réinvestir les marges effectuées sur tel ou tel poste de production.

Dans le cadre de la semaine européenne du développement durable, consacrée à la responsabilité sociétale des entreprises, la démarche RSE Agro Occitanie a organisé des journées portes ouvertes, comme au domaine de la Jasse, à Combaillaux, dirigé par Bruno Le Breton. D'échanges en ateliers pratiques, la famille Le Breton a présenté les efforts mis en œuvre par BLB Vignobles, et invité les parties prenantes à (re)penser les stratégies pour responsabiliser entreprises et consommateurs.

Pour soutenir les entreprises agroalimentaires et viticoles de la région, Coop de France Occitanie et l'Area (Association régionale des entreprises alimentaires) Occitanie, ont mis huit structures à l'honneur au cours de la cinquième Semaine de la coopération, concomitante à la première édition des portes ouvertes RSE Agro, du 3 au 8 juin. BLB Vignobles (la Jasse, Montlobre et Vignes des deux soleils) recevait ses partenaires au domaine de la Jasse, le 6 juin. Référence en matière d'engagement agroécologique, l'entreprise menée par Bruno Le Breton a été la première dans l'Hérault à être certifiée HVE (Haute valeur environnementale) en 2013, et première exploitation familiale engagée RSE, validée par la norme ISO 26000.

Performances économiques, management, gestion de la cave ou encore emballages optimisés, l'entreprise recommande "de ne pas avoir peur de s'engager dans cette démarche volontaire", conseille Bruno Le Breton.

Un engagement global, aune exploitation pionnière

"Du bon sens et du pragmatisme." Voilà qui résume la RSE et le développement durable selon le maître des lieux. "On est avant tout une production plaisir. C'est fondamental, dans un contexte où beaucoup de personnes se posent des questions." Mêler hédonisme (raisonnable) et "vin responsable", voilà une équation qui peut laisser perplexe. Mais en s'associant au médecin addictologue Hussam Al Mallak, l'œnologue a mis au point une Charte de dégustation responsable du vin, il y a quatre ans. Comment boire et partager un produit en toute convivialité, en éduquant à l'alcool suffisamment en amont, notamment les jeunes ? "La profession a du mal avec cette mission", tique Bruno Le Breton. Pourtant, il s'est lancé sur la voie de la RSE il y a cinq ans, s'engageant "au devant du marché". Grand bien lui en a pris : deux fois reconnu par la norme ISO 26000, atteignant même "le niveau exemplaire" précise le viticulteur, et élu Coup de cœur lors de la Nuit de la RSE en novembre 2018. "Toutes les organisations devraient se poser les bonnes questions", encourage Bruno Le Breton.

Des marges non négligeables

"Il est allé vite, il nous sert d'exemple", nous confirme Linda Filone, responsable RSE aux Vins Pays d'Oc IGP, qui a co-conduit un diagnostic auprès de l'entreprise BLB Vignobles en 2015, avec Adelphe. La spécialiste estime la démarche comme "une approche exemplaire, la plus globale". Et pour parvenir au graal de la responsabilité sociétale, plusieurs leviers doivent être activés. Avec, à la clé, des économies réalisées pouvant être investies ailleurs. Un domaine peut ainsi espérer 70 000 € économisés par an. Une marge appréciable. D'après une étude publiée sur la "responsabilité sociale des entreprises et compétitivité", en 2016 par France Stratégie, menée auprès de 8 500 entreprises françaises, dont des PME, "la RSE procure un gain de performance en moyenne de l'ordre de 13 % par rapport aux entreprises qui ne l'introduisent pas (…). En particulier quand elle relève de l'initiative volontaire et non de mesures contraignantes", bien que les entreprises françaises soient encore assez peu mobilisées, révèle l'étude.

Philippe Douteau 


Le sol, les vignes, le chai ou l'embouteillage, tout compte. En revanche, il n'est pas possible de communiquer sur la démarche RSE sur une bouteille. "C'est l'entreprise, mais pas le vin qui est ISO 26000", indique Laurence Cusnaru, responsable RSE.

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