Retour au terrain pour la truffe audoise

Publié le 25 juin 2019

La présence du préfet Alain Thirion constituait une première pour l’Association des trufficulteurs audois. Alain Giniès s’est montré touché par le geste.

Fière de pouvoir accueillir le préfet à l’occasion de son assemblée générale, l’Association des trufficulteurs audois entend continuer à mettre en valeur les bonnes dispositions du terroir départemental pour la culture du précieux champignon. Dynamique, l’association soutient, par ailleurs, un effort de recherche et d’expérimentation pour encourager le développement et la diversification de l’offre de la trufficulture audoise.

En ouvrant l’assemblée générale de l’Association des trufficulteurs audois (ATA), Alain Giniès, son président, a chaleureusement rendu hommage à Michel Escande, son emblématique prédécesseur disparu il y a dix ans, “et qui a tant œuvré pour démocratiser nos truffes auprès du grand public”. Depuis, ces dix dernières années ont été marquées par “un constant effort de promotion et de communication autour de notre produit. Ce travail paye et aujourd’hui, la truffe produite dans notre département est largement connue, reconnue et appréciée”, a loué Alain Giniès. La présence de la production locale sur 13 marchés du département, tous les samedis des mois de la saison truffière, atteste de cette bonne santé de la filière.

Priorité à l’amélioration culturale

“Mais nous allons maintenant revenir au terrain, car nous n’y rencontrons pas les résultats espérés. Nous pouvons et devons faire mieux en matière de production”, a ensuite appuyé le président pour définir les priorités et orientations à venir. Travail du sol, amendement correctif, ensemencement ou gestion de l’irrigation font ainsi partie des axes de travail essentiels sur lesquels souhaite s’investir l’ATA. “Rien qu’avec le travail du sol, il y a des parcelles que l’on peut arriver à remettre en production”, annonce ainsi Alain Giniès. Le projet CulturTruf (voir encadré) est ainsi mené pour optimiser les conditions d’arrosage dans les parcelles quels que soient les types de sol concernés. De même, l’expérimentation régionale OptiTruf vise à valoriser l’importance du travail du sol dans l’efficacité de la production. “Nous constatons que plus le sol reste souple tout au long de l’année, meilleure est la production”, relate Yann Galy, de la Chambre d’agriculture de l’Aude. “L’expérimentation vise également à déterminer les meilleures combinaisons entre le travail du sol et les amendements à apporter”, poursuit-il encore.

De la truffe audoise toute l’année

Ce retour au terrain passe également par le développement de la culture de la Tuber borchii, cette truffe blanche autochtone, cousine de la fameuse truffe blanche d’Alba, produite dans le Piémont italien. “Nous avons la chance de l’avoir naturellement sur notre territoire”, vante Alain Giniès. “Elle est très recherchée par les chefs pour son côté aillé, et sa proximité avec la truffe italienne. Dès novembre 2019, des plants seront disponibles pour que nous développions cette variété qui contribue à la richesse de notre production.” Car, outre ses qualités organoleptiques, la production de cette truffe, de février à mai, permettrait de combler le creux de l’offre départementale entre la période de la truffe noire hivernale et la Tuber estivum, disponible de mai à octobre.

Pour la première fois dans l’histoire de l’ATA, le préfet de l’Aude a honoré de sa présence cette assemblée générale de l’association trufficole. Forte de 460 adhérents sur le millier de producteurs que compte le département, “l’ATA est exceptionnellement représentative de l’activité de cette filière. C’est rare d’avoir une telle proportion dans n’importe quel secteur” a relevé le préfet Alain Thirion. Il a de plus ajouté “combien la promotion et la valorisation que fait l’ATA pour la truffe devraient être prises en exemple dans la promotion de tous les produits agricoles. Je le dis avec d’autant plus de conviction que l’on parle aisément des choses qui ne marchent pas et nous avons là quelque chose qui fonctionne et il faut le mettre en avant.” Il a ainsi souligné que l’Etat se doit d’être en mesure d’accompagner cette filière, tant au niveau de la recherche, de la commercialisation, que de la déclinaison de la production en plusieurs variétés à valoriser. Le président Alain Giniès a apprécié et chaudement remercié le préfet.

Olivier Bazalge

 


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