Retour à la normale pour le drive fermier audois

Publié le 14 juillet 2020

En réalisant près de 300 commandes par semaine pendant le confinement contre une cinquantaine habituellement, les producteurs du GIE qui gèrent le drive fermier ont répondu présent lors de la crise du Covid-19.

À Carcassonne, le drive fermier audois a connu une fréquentation record pendant le confinement. Véritable bouée d’oxygène pour les producteurs en l’absence des débouchés habituels, l’activité du point de retrait de la zone de la Bouriette est depuis revenue à un niveau plus conforme à ce qui se pratiquait auparavant.

Une petite poignée de producteurs, qui avaient l’habitude de se croiser chaque semaine sur le marché de Carcassonne, est à l’origine de la mise en activité du drive fermier audois en 2014, dans la zone industrielle de la Bouriette, à Carcassonne. “Nous étions un petit groupe de 3-4 producteurs au départ. On discutait en se voyant au marché, en ayant tous la volonté de chercher d’autres débouchés de vente directe, et offrir à cette clientèle du marché un second point de vente. Nous avions entendu parler de la mise en place de ce type de drive fermiers dans d’autres départements, et nous nous sommes lancés dans cette idée”, se souvient Matthieu Bouette, éleveur de chèvres de race alpine et président du GIE (Groupement d’intérêt économique) qui gère l’activité de ce drive fermier regroupant aujourd’hui une quinzaine de producteurs.

Très investi dans la conduite de ce drive, celui-ci ne représente en temps normal qu’1 à 2 % du chiffre d’affaires de Matthieu Bouette. Mais depuis le 17 mars dernier et la mise en application officielle du confinement généralisé, la suppression des marchés locaux a permis de faire affluer beaucoup de nouveaux clients vers le drive fermier carcassonnais, qui a réalisé un mois de mars record. “Avec le confinement, la part de mon chiffre d’affaires réalisé au drive est passé à
40 %. Dans sa globalité, le drive a atteint, au mois de mars, un chiffre presque équivalent à la moitié du chiffre d’affaires total de 2019. On a pu compter 270 paniers par semaine contre 50 habituellement”
, se réjouit Matthieu Bouette, qui souligne que les producteurs du GIE ont toujours parfaitement géré l’organisation sans être dépassés.

Des départs en vacances et moins de touristes

La belle embellie aura fait long feu tout au long du mois d’avril avant de doucement décroître au fur et à mesure que les échos de sortie de confinement se faisaient plus insistants. “Les gens sont retournés au travail et à leurs habitudes. Il y a eu une baisse progressive de l’activité du drive depuis le début du mois de mai. Nous sommes redescendus aux alentours de 80 commandes par semaine sur les dernières semaines de juin, pour arriver doucement aux alentours de notre rythme d’une cinquantaine par semaine d’avant Covid-19”, poursuit Matthieu Bouette.

Il estime toutefois qu’une partie de la nouvelle clientèle qui a découvert le drive pendant la crise du Covid-19 a été fidélisée, “car si tout le monde ne revient pas chaque semaine, le niveau moyen reste un peu plus élevé qu’auparavant”. Les départs en vacances jouent certainement un rôle, mais depuis qu’il a repris sa place sur les marchés locaux, il s’inquiète de la faible fréquentation des touristes. “Dès le mois de juin, nous avions l’habitude d’avoir déjà toute une population qui possède une résidence secondaire dans le secteur. Là, il n’y a pas grand monde, ce n’est pas rassurant, notamment sur la côte où les marchés sont loin d’être remplis”, enchaîne-t-il. Le 14 juillet maquera peut-être une reprise, même si les restrictions de déplacement des étrangers devraient perdurer au regard de l’émergence de foyers de contamination dans les pays voisins.

Après quelques tracas liés au logiciel d’exploitation les premières années, le drive fermier a apporté la preuve que son fonctionnement a bien évolué et est capable d’absorber une hausse d’activité aussi bienvenue qu’imprévisible.

Débuts laborieux

C’est même peu dire que les débuts du drive avaient été laborieux car, outre le logiciel, l’activité avait eu du mal à prendre son rythme de croisière, tant au niveau financier que dans l’organisation. “Éric Bergé a offert de nous accueillir sans contrepartie au sein de son local de vente directe de la zone de la Bouriette, et à l’aide du logiciel mis à disposition par les Chambres d’agriculture, nous avions pu démarrer”, retrace Matthieu Bouette.

Les producteurs membres du GIE s’occupent de la logistique et des permanences, permettant ainsi d’avoir des frais fixes peu élevés. Mais le chiffre d’affaires ne décollait pas vraiment au cours des trois premières années. Les producteurs associés avaient même tenté de proposer d’autres points de retrait à l’hôpital ou à la Chambre d’agriculture, sans réel succès.

Finalement, ce seront le temps, la qualité des produits, le bouche-à-oreille et l’installation des habitudes qui auront contribué à accroître doucement et régulièrement l’activité. Parallèlement, les producteurs ont su réorganiser leurs permanences et leur façon de préparer les commandes, et optimiser ainsi l’efficacité du service.

Même revenu à un niveau d’activité plus conforme au “monde d’avant”, le drive fermier audois repose aujourd’hui sur de bonnes bases. Et même si l’entrain généré par la crise sanitaire retombe un peu, Matthieu Bouette se satisfait largement de la bouée d’oxygène dont ont bénéficié les producteurs du GIE dans une telle impasse pour leurs débouchés habituels. 

Olivier Bazalge


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