Rentrée scolaire à Bonne Terre : L'agroécologie plébiscitée

Publié le 21 septembre 2018

Le nouveau directeur du lycée Bonne Terre et l'équipe pédagogique a accueilli les élèves de 2nde et les CAP, le 4 septembre. En tout, 385 jeunes ont fait leur rentrée sur le site de Pézenas.

Lundi 3, les 110 collégiens de 4e et de 3e ont été les premiers à faire leur entrée à Bonne Terre. Le mardi, c'était au tour des élèves de 2nde GT (générale et technologique), de 2nde pro et de CAP, alors que ceux de terminale ont démarré le jeudi 6 septembre.

Au total, ils étaient 385 à faire leur rentrée, sous le regard de leur nouveau directeur Christophe Lavit et de la directrice adjointe Bernadette Pratviel. Si la réforme 2018 s'applique à la seconde et à la rentrée 2019 pour les élèves de 1re, pas encore de réel changement à déclarer, d'après Christophe Lavit. Si ce n'est l'appellation de l'ancien bac pro CGEA (Conduite et gestion de l'exploitation agricole) rebaptisé en CGEVV (Conduite et gestion de l'exploitation vitivinicole). Une requalification qui s'explique par la percée de "l'agroécologie", fait savoir Bernadette Pratviel, car la "dimension environnementale est mise en avant dans les formations". Alors que jusqu'à présent l'approche globale de la gestion d'une exploitation était la norme, désormais, c'est "l'exploitation sur le territoire" qui est encouragée, atteste la directrice adjointe. Les visites sur le terrain sont donc plébiscitées pour mieux "contextualiser les lieux d'exploitation" et "recentrer les stages autour des caractéristiques régionales". Une tendance qui se confirme dans les choix des élèves. "Cette année, on note une forte demande sur le CAP agricole Métiers de l'agriculture, on doit même refuser des élèves", confirme Christophe Lavit, au sujet de ce cursus mis en place à la rentrée 2015 qui ne peut accepter plus de 33 élèves. "Les métiers liés à la production agricole et animale sont à nouveau valorisés", se félicite son adjointe. D'autant que la petite quinzaine d'élèves du CAP ont tous réussi. Six d'entre eux ont même poursuivi en bac pro. Le bac STAV amputé ? Les bonnes perspectives d'insertion professionnelles expliquent ce regain d'intérêt, souvent même directement après le stage de CAP. Et parmi les axes définis par le nouveau directeur, outre la mise en place d'un conseil d'animation pastorale avec pour thématique la responsabilité, celui du maintien des effectifs est un enjeu d'avenir proche. Avec des effectifs "stables", le lycée n'a pas perdu d'élèves. Reste à en gagner. Dans le cadre de la réforme du bas général et technologique, la filière STAV s'annonce "réorganisée" selon le ministère, qui accentue la pluridisciplinarité, ce qui laisse craindre une désorganisation de ce bac et une disparition de spécialité liée aux services à la personne et aux territoires, pour le Snetap FSU (Syndicat national de l'enseignement technique agricole public Fédération syndicale Unitaire). "Pour l'instant, il n'y a pas de directives précises, mais il y aura une évolution de cette filière", attend Christophe Lavit. Plus prosaïquement, quant à la circulation des téléphones portables dans les établissements, si le lycée n'est pas soumis à l'interdiction de fait, le directeur a choisi "l'éducation plutôt que l'interdiction", en prônant une "utilisation modérée" : le portable ne sera toléré que dans les espaces récréatifs et 1 h 30 le soir dans l'internat. Quoiqu'il en soit le directeur songe déjà à l'avenir et l'attractivité du lycée en 2025.

Bonne Terre : le nouveau directeur fait aussi sa rentrée

Ce Sétois d'origine a mené une carrière d'enseignant dans l'Hérault avant de diriger le lycée agricole Cestac la Gardiole, à Gigean. En passant de 200 élèves, de 4e et 3e et bac pro dédié aux services aux personnes et aux territoires, à près du double au lycée de Pézenas, Christophe Lavit change d'établissement et d'échelle, mais reste attaché aux valeurs véhiculées par l'enseignement agricole catholique. Succédant à Jean-Denis Vidal qui a occupé le poste pendant 34 ans, le nouveau chef d'établissement fait de "l'animation pastorale", la pierre angulaire de l'enseignement et cadre de vie à Bonne Terre.

Philippe Douteau 


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