‘Récolt’Expo’ : les matériels pour optimiser la récolte

Publié le 31 mai 2022

Jean-François Monod, secrétaire de la Fnams ; Laurent Bourdil, président de l’Anamso ; Sophie Barnaud, sa directrice ; François-Xavier Lugand, directeur de l’Agri Campus Castelnaudary ; Valérie Trijean, responsable communication Fnams. © FG

Le 9 juin, l’Agri Campus Pierre-Paul-Riquet de Castelnaudary, dans l’Aude, accueillera le 1er rendez-vous national de matériels de récolte à destination des agriculteurs multiplicateurs de semences et des établissements semenciers.

Il aura fallu beaucoup de patience à la Fnams (Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences), à l’Anamso (Association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses), et à l’Agri Campus de Castelnaudary pour pouvoir organiser ‘Récolt’Expo’, le premier rendez-vous national de matériels de récolte à destination des agriculteurs multiplicateurs de semences. 

En réflexion depuis 2019, cet événement aurait dû être lancé en 2020, mais le Covid-19 est passé par là, compromettant son organisation, comme d’ailleurs en 2021. Cette année sera donc la bonne au grand soulagement des organisateurs. Avec une quarantaine d’exposants, des démonstrations d’andainage sur trèfle incarnat et colza, des conférences et des visites de parcelles d’expérimentation, l’Agri Campus Pierre-Paul-Riquet de Castelnaudary – qui accueillera la manifestation – attend, 600 à 800 visiteurs venus de toute la France. Ici et pas ailleurs, car le lycée professionnel agricole est reconnu pôle de compétences en agroéquipement. 

Une filière dynamique en région, mais sous tension au national

Autre atout : le Sud-Ouest est la première région de France en multiplication de semences de maïs et de betteraves industrielles, avec 63 % des surfaces en multiplication de France. Les céréales y sont également bien représentées, avec une forte présence de blé dur. "À l’est, le climat méditerranéen est, par exemple, très propice à la multiplication de pois chiche. Le climat plus tempéré du Tarn, du Tarn-et-Garonne, du Lot-et-Garonne et du Gers convient, lui, à la multiplication de légumineuses fourragères. Enfin, dans l’Aude, le Tarn et le Gers, une multitude de semences potagères se côtoie", détaille Jean-François Monod, secrétaire de la Fnams et agriculteur dans l’Aude.

Si les atouts ne manquent pas, la filière est aussi à la croisée des chemins, notamment en raison de la baisse des surfaces en production de semences en France. L’évolution des surfaces est de  – 4 % en céréales (à 122 000 ha), – 7 % en protéagineux (à 12 000 ha), – 10 % en fourragères (à 51 000 ha), – 16 % en betteraves (à 5 100 ha), selon les chiffres de Semae (interprofession), au 17 mai. Seules les semences potagères et florales montrent une stabilité (à 21 500 ha). En cause, entre autres, des coûts de production qui grimpent, et un manque de compétitivité face à des cultures céréalières et oléagineuses qui voient leur prix s’envoler. 

Sans compter les baisses de production liées au changement climatique et au manque de solutions contre les ravageurs. De plus, "avec la guerre en Ukraine, les exportations de semences françaises vers ce pays, comme en Russie (un  débouché total pesant 70 % pour les semences oléagineuses, ndlr), risque d’aggraver la situation", redoute Laurent Bourdil, président de l’Anamso et agriculteur dans l’Aude.  Traduction : la campagne 2023 risque d’être tendue.

Or, la filière a déjà été mise à rude épreuve avec la suppression effective du Diquat, une substance contenue dans des herbicides tels que le Reglone 2, en novembre 2019. Et il a fallu du temps pour trouver des solutions alternatives. Mais "celles-ci existent, et c’est ce que nous allons présenter à Récolt’Expo, car, dans ce contexte, certes peu favorable pour la filière, des alternatives  permettent d’optimiser la récolte, en maintenant la qualité et la productivité, et de telle manière à ce que la France conserve sa place de leader mondial des semences", déclare-t-il.

Des matériels innovants et des méthodes alternatives

Que ce soit durant toutes les étapes de la récolte, mais aussi lors de la post-récolte de porte-graine, les fabricants ont adapté leurs matériels pour conserver la qualité germinative et la pureté des lots. AgriVision, concessionnaire John Deere, présentera ainsi une moissonneuse-batteuse automatisée, avec un dispositif de réglage interactif ICA2 garantissant un résultat constant pour toute la journée, et quelles que soient les conditions. D’autres exposants présenteront des matériels de stockage de céréales et semences, équipés de cellules ventilées tels qu’Agram. D’autres encore, des matériels de séchage par générateur d’air chaud adossé à une soufflerie centrifuge équipée en sécurité tels que le VGC 400 de Bulkit ; mais aussi des trieurs optiques dernière génération tel Eureka d’ASM ;  des nettoyeurs-séparateurs tels ceux proposés par JK Machinery, et des andaineurs tel celui du Groupe Melix... L’andainage ayant fait un retour en force à la suite de l’arrêt du Diquat, des démonstrations d’andaineurs seront faites et des conférences consacrées à cette pratique. Vaste programme en perspective !

Florence Guilhem 

Inscription gratuite sur www.fnams.fr


Autres productionsRécolt'Expo Semences matériel de récolte agriculteurs multiplicateurs de semences