Quelle sera la ferme Hérault en 2030 ?

Publié le 28 janvier 2020

De g. à d. : Cécile Arrighy, Yvon Pellet, Jérôme Despey, René Moreno, Florence Verdier et Hervé Hannin.

Telle était la question au cœur du Projet agricole départemental Hérault 2030 (PADH), traitée lors du comité d’orientation, réuni aux Coteaux du Languedoc, à Lattes, le 20 janvier.

“Il n’y a pas de prospective sans rétrospective”, rappelle Hervé Hannin, directeur de l’Institut des hautes études de la vigne et du vin (IHEV) de SupAgro Montpellier, ce lundi 20 janvier, lors du comité d’orientation du PADH 2030, à Lattes. Or, en matière de rétrospective, le bulletin de “santé” de la ferme Hérault est plutôt bon. En effet, le département est parvenu à stabiliser ses surfaces agricoles. Après plus de 20 000 ha perdus entre 2000 et 2010, la surface agricole utile connaît une stabilisation depuis, avec plus de 184 400 ha en 2018. L’objectif est d’atteindre les 185 000 ha en 2020.

Si le nombre d’entreprises agricoles enregistre une légère baisse, celui des chefs d’entreprises agricoles repart à la hausse, en passant de 6 569 à 6 682 entre 2017 et 2018. Par ailleurs, le département conserve son attractivité puisqu’il enregistre entre 300 et 350 installations par an, dont 76 % à titre principal, contre près de 300 départs, et ce, depuis 2015. La dynamique est donc bel et bien positive pour l’agriculture, même si certaines filières ont vu leurs volumes de production baisser entre 2010 et 2018, telles que le vin, le blé dur, le melon et les olives, en raison notamment de l’impact du changement climatique, occulté dans le précédent PADH 2020. Erreur réparée avec le PADH 2030, porté par la Cham-bre d’agriculture de l’Hérault, en partenariat avec SupAgro Montpellier.

Nouvelle charte et actions

Après six ateliers de prospective, de janvier à mars, une nouvelle charte opérationnelle sera présentée en juin 2020 prenant en compte différents axes : le changement climatique, l’installation et la transmission, la préservation du foncier et les compensations agricoles et environnementales, les attentes sociétales et environnementales, la défense de la politique agricole en Occitanie, etc. Avant de se lancer tête baissée dans ces ateliers pour définir les contours de la ferme Hérault 2030, l’étape à franchir sera celle de l’analyse des écarts au sujet des objectifs 2020 définis lors du PADH élaboré en 2013, ainsi que celle des programmes d’actions.

Une fois toutes les questions abordées, de nouvelles actions seront alors définies pour 2030, articulées autour de trois axes stratégiques : préserver les ressources productives ‘Hommes, terres, eau’ ; consolider les marchés de la ferme Hérault et s’adapter aux attentes des citoyens ; atténuer et s’adapter au changement climatique. Concrètement, derrière ces trois axes, plusieurs questions cruciales seront posées : quelle sera la surface agricole utile pour chaque filière en 2030 ? Combien d’entreprises ? Sur quels modèles ? Quelles surfaces irriguées ? Quels produits pour quels marchés ? Quels nouveaux cépages, pratiques agronomiques et œnologiques à mettre en œuvre pour faire face au changement climatique ? Comment répondre aux attentes sociétales ? Etc. “Derrière tout cela, l’ambition de ce projet est de préserver et consolider l’agriculture sur l’ensemble de notre territoire. Toutes les filières, petites comme grandes, sont considérées à l’identique, car lorsqu’il y a de l’activité économique sur le territoire, c’est de l’emploi et de l’économie”, insiste Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault.

Florence Guilhem


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