Quand la bière veut prendre racine en Occitanie

Publié le 03 décembre 2019

Les organisateurs et intervenants de la journée sont enthousiastes et confiants à l’idée de structurer une filière brassicole occitane opérationnelle et efficace.

Forts du nombre croissant d’implantation de brasseries artisanales en Occitanie ces dix dernières années, les acteurs concernés par cette filière brassicole en gestation dans la région ont organisé une journée d’échanges professionnels. L’objectif : construire un plan d’action pour la relocalisation de la filière en région et l’accompagnement des brasseries locales.

“C’est avec une grande fierté que nous accueillons à Narbonne les membres de cette filière dynamique pour cette 1re journée de rencontres. Avec cet objectif ambitieux de relocalisation, elle constitue un secteur d’avenir que nous souhaitons soutenir pour la diversification de nos entreprises agricoles”, a félicité en ouverture Magali Vergnes, vice-présidente du Grand Narbonne, en charge de l’agriculture, la viticulture et l’œnotourisme. L’agglomération narbonnaise figure en effet parmi les multiples organisateurs de cette manifestation qui s’est tenue le 22 novembre à la MJC de Narbonne. C’est un consortium de diverses composantes ayant à voir, de près ou de loin, avec la filière brassicole, qui a mis sur pied cette journée de rencontres. La fédération régionale des Civam d’Occitanie (FRCivam) et l’Association Minervois Corbières Méditerranée (AMCM)-GAL de l'Est audois sont les coordonnateurs du projet, soutenus par le Syndicat national des brasseurs indépendants (SNBI), l'Inra, Océbio, le Biocivam de l'Aude, le Grand Narbonne, Houblons de France, Coop de France et Erables 31.

L’AMCM est un programme européen hybride, qui officie à la fois dans l’animation et le financement des activités qu’elle accompagne. C’est ainsi qu’elle travaille depuis trois ans avec la FRCivam sur la filière céréalière, au sein de laquelle la branche ‘orge brassicole’ a été identifiée comme “particulièrement dynamique avec un contexte très intéressant pour nous, dans la mesure où c’est une filière en démarrage, nous permettant ainsi de travailler à son accompagnement et sa maturation. Cette journée est un aboutissement de ce travail préalable en amont“, décrypte François Galabrun, directeur de l’AMCM.

Filière dynamique en progression

Il précise également que la filière est maintenant sur de bons rails, la Région Occitanie ayant pris le relais du financement, aux côtés de la FRCivam.

“Depuis cinq ans, la progression importante du nombre d’entreprises brassicoles en Occitanie est constatée. Ce secteur dynamique permet l’installation de petits artisans, et même d’agriculteurs qui se diversifient. C’est pour cela qu’entre 2018 et 2019, nous avons apporté un financement de 1,7 M€ pour installer 33 brasseurs”, relève ainsi Judith Carmona, conseillère régionale et présidente de la commission agroalimentaire, agriculture et viticulture. La réflexion de la Région est ainsi clairement engagée autour de la création de valeur sur l’ensemble du territoire grâce à cette filière, en encourageant notamment la production d’orge brassicole, les projets de malterie, et même la création d’une filière houblon.

En Occitanie, la production d’orge brassicole est bien implantée. C’est la transformation de cette orge en malt qui constitue pour l’heure un frein au développement massif de l’approvisionnement local pour les brasseries artisanales d’Occitanie. “Mais nous sommes plutôt rassurés, car les projets sont en train de se mettre en route dans toute la région. C’est un élément primordial pour établir une filière localement”, précise Jean-Olivier Rieusset, délégué Occitanie du SNBI.

Restera alors l’installation de la culture du houblon, dont la production nationale actuelle est presque totalement établie en Alsace. Elle peut être intéressante financièrement pour les producteurs, mais réclame un investissement conséquent, ainsi qu’un délai de trois ans entre l’installation de la culture et la production effective du houblon. Le besoin en eau de la plante peut également constituer un frein selon les zones géographiques dans le contexte d’évolution du climat que nous connaissons. Cependant, comme le souligne Fanny Madrid, qui tente de mettre sur pied une filière houblon en Nouvelle-Aquitaine par l’intermédiaire de son entité Hopen, “la rentabilité est au rendez-vous à partir de 3 ha cultivés, et cela peut constituer une culture intéressante dans une logique de diversification et de création de valeur ajoutée au sein d’une exploitation”.

En attendant, l’enthousiasme était de mise pour les acteurs présents, cons-cients des effets positifs à tous les niveaux que pourrait apporter la bonne structuration d’une telle filière en région.

Olivier Bazalge


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