‘Préserver l’avenir’ : la cuvée agro-environnementale des Vignerons de la Vicomté

Publié le 24 décembre 2019

De g. à d. : Bernard Augé, Jean-Michel Sagnier, Benoît Fabregat, Stéphanie Faure, Louis Villaret, Christophe Oliete, et Jean Bassède.

Le 17 décembre, Jean-Michel Sagnier, président des Vignerons de la Vicomté d’Aumelas, présentait, avec son conseil d’administration, le lancement de la cuvée ‘Préserver l’avenir’.

“L’environnement, tout le monde en parle. Nous, on a voulu montrer ce que nous faisions en matière environnementale dans nos vignes. L’aboutissement des efforts, engagés depuis cinq ans par les viticulteurs de notre territoire, est cette cuvée toute particulière que nous sortons, ‘Préserver l’avenir’ ”, attaque d’emblée Jean-Michel Sagnier, président des Vignerons de la Vicomté d’Aumelas. Cette cuvée, élaborée par des viticulteurs engagés pour la biodiversité et la qualité de l’eau, s’inscrit dans un programme agro-environnemental et climatique (PAEC), soutenu par la Région, l’Europe et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée. Sur les deux PAEC Vicomté d’Aumelas et Le Pouget, la surface agricole contractualisée en MAEC (Mesures agro-environnementales et climatiques) est de plus de 370 ha, soit 34 coopérateurs engagés.

Concrètement, que se passe-t-il dans les vignes ? Pour Benoît Fabregat, coopérateur de la cave de Saint-Bauzille-de-la-Sylve, l’engagement dans cette démarche, sur la quasi-totalité de sa surface agricole utile (soit 20 ha sur 25 ha de vignes), a représenté une sacrée “révolution” dans ses pratiques. “Je n’utilise plus aucun herbicide. Je laboure un rang sur deux et sous le rang, et je désherbe mécaniquement avec des interceps”, détaille le viticulteur. “S’il faut oublier tout ce que l’on faisait avant, ce qui implique pas mal de bouleversements au niveau de l’exploitation et des investissements dans du matériel non prévus au départ, il n’y aura pas d’autre option avec l’interdiction du glyphosate. Alors, moi, je préfère anticiper plutôt que subir”, ajoute le viticulteur.

Le fruit du travail

Pour valoriser le travail de ces vignerons engagés dans ces MAEC et faire connaître leurs actions, leur récolte a été vinifiée à part, mais toujours de façon traditionnelle, dans des cuves thermorégulées. Au final de la récolte 2018 issue des 370 ha, ce sont 40 000 bouteilles de ‘Préserver l’avenir’ qui ont été produites et commercialisées dans les caves de la Vicomté, à Gignac, à Aniane et à l’export. Et tous d’espérer que les coopérateurs du territoire s’engageront de plus en plus dans ces démarches agro-environnementales.

Reste que le changement des pratiques, “c’est long”, reconnaît Stéphanie Faure, animatrice agro-environnementale à la Chambre d’agriculture de l’Hérault, qui accompagne les Vignerons de la Vicomté. “Pour les accompagner, nous avons mis en place des actions telles que la démarche ‘Biodiv’Eau’, qui permet de réaliser un diagnostic sur l’état de la conservation de la biodiversité dans les exploitations viticoles, mais aussi des formations sur les couverts végétaux, la certification Haute valeur environnementale (HVE), etc. Nous assurons également un suivi individuel pour le montage des dossiers”, complète-t-elle.

HVE ? Les caves adhérentes aux Vignerons de la Vicomté s’orientent également dans cette démarche. À ce jour, 4 groupes de 15 coopérateurs ont été accompagnés dans le cadre de formations dispensées par la Chambre d’agriculture. De nouvelles formations sont prévues pour 2020, avec un objectif d’engagement de 100 coopérateurs. Outre les demandes du négoce par rapport à cette certification, l’objectif est bel et bien de pérenniser l’activité viticole sur ce territoire, qui produit 700 000 hl par an, en alliant environnement et viabilité économique. De quoi préserver l’avenir.

Florence Guilhem


HéraultCuvée agro-environnementale 'Préserver l'avenir' Vignerons de la Vicomté d'Aumelas