Pour des installations fermes et durables

Publié le 04 août 2020

Dans le Gard, pour encourager les installations de jeunes, des conventions sont passées entre la Safer et des coopératives, dont celles de Tavel, VPA et le Cellier des Chartreux. © PhD

Parmi les principales préoccupations viticoles, celle de la reprise et des nouvelles installations taraude la filière depuis des années. Les démarches engagées par la Safer départementale du Gard et des caves coopératives endiguent tant bien que mal le faible taux de projets portés par des jeunes.

Par choix et pour raisons financières, la cave coopérative Vignerons Propriétés Associés (VPA) de Calvisson-Générac n'a pas retenu l'option de l'achat direct de foncier, la gestion s'avérant très "complexe et passionnelle", comme le laisse entendre son président, Denis Verdier. Mais par le biais d'une convention avec la Safer et le jeune repreneur, la cave peut accompagner une installation, dans les cinq ans.

Une formule convaincante, mais insuffisante

La structure s'est donc engagée auprès de la Safer à soutenir un candidat désirant accéder à la propriété. "Il est financé à hauteur de l'auto-financement, car pour bénéficier d'un prêt, il faut forcément de l'auto-financement", via une avance sur 15 ans. En complément, le Crédit agricole finance le reste. 

Par ailleurs, la coopérative est l'une de trois caves du Gard à avoir signé une convention avec la Safer, en 2019. Dans le cadre de ce second dispositif, c'est la Safer qui porte le foncier, alors que le jeune, sous le statut de fermier, s'engage à acheter la terre "au bout de quelques années", cinq ans en moyenne. VPA s'assure alors de "la bonne fin des opérations", souligne Denis Verdier, ce qui signifie que la cave se chargera de l'acquisition, si le jeune ne va pas jusqu'au bout du processus. 

Le système a beau être satisfaisant, cela ne compense pas pour autant le manque de candidats à l'achat. "C'est bien, mais le niveau d'installation reste faible", constate le président de la coopérative. Via ces deux modes incitatifs, VPA a pu accompagner sept jeunes en trois ans. "C'est une bonne formule", mais des efforts restent encore à faire. 

La coopérative garante

Si la majorité des dossiers portés conjointement par la Safer et les coopératives concernent des installations de jeunes hors cadre familial, certains sont aussi aidés dans le cadre d'une reprise familiale. L'accès à l'emprunt est plus facile dans ce cas-là, mais la reprise représente, tout de même, un coût non négligeable lorsqu'il s'agit de s'agrandir et d'investir de nouvelles parcelles. "à 20 000 €/ha en Costières, sur 10 ha, ça commence à vite coûter cher", admet Denis Verdier. 

Jeune agriculteur en cours d'installation, Thomas Crivellaro a racheté 10 ha en conversion, sur la commune de Saint-Hilaire d'Ozilhan, en 2019, avant de reprendre 15 ha en bio à Castillon-du-Gard, alors que le propriétaire prenait sa retraite. Grâce à la convention établie avec VPA et la Safer avant le confinement, le jeune coopérateur a pu s'étendre. "Je suis jeune et, comme beaucoup, je n'ai pas beaucoup de trésorerie. La Safer achète les terres au propriétaire, et la cave se porte garant", explique Thomas, qui aura cinq ans pour acheter ses parcelles. En cas d'impossibilité, c'est la coopérative qui s'en chargera. "Ma banque est d'accord pour accorder le prêt." Sur les 15 ha nouvellement acquis, la moitié est en Côtes du Rhône, avec des prix à l'hectare compris entre 20 000 et 25 000 €, et une autre en Vins de pays, entre 15 000 et 20 000 €/ha.

Le viticulteur pense pouvoir acheter dans trois ou quatre ans. "D'ici là, le prix aura un peu diminué, et j'aurais pris le temps pour apprendre à connaître mes nouvelles terres en bio". Sans hésiter, Thomas Crivellaro recommande le système à ses amis. "C'est un très bon compromis, le tout est de trouver une cave pour se porter garant." 

Philippe Douteau


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