Olives de table : le retour à une récolte

Publié le 21 octobre 2021

Sur les 500 t d’olives de table, 150 t devraient l’être sous l’appellation Lucques du Languedoc. © F. Guilhem

Si la récolte de la lucques touche à sa fin et que celle de la picholine est en cours, la situation est revenue à la normale dans les oliveraies, après une récolte désastreuse l’an dernier, particulièrement pour la lucques.

Producteurs et caves coopératives oléicoles ont retrouvé le sourire, alors que la récolte des olives de table touche à sa fin pour certains, et est terminée pour d’autres. Après une récolte catastrophique pour la lucques et une récolte moyenne pour la picholine, en 2020, laissant oléiculteurs et caves coopératives sans stock d’olives de table, 2021 est enfin "une année normale tant dans l’Aude, l’Hérault que le Gard, même si ce n’est pas une année exceptionnelle. Par rapport à 2020, nous sommes, de ce fait, très contents de cette nouvelle récolte, car il n’y avait plus aucun stock. 2021 s’annonce même comme une belle année tant en volume qu’en qualité", commente Julie Carou, chargée de mission au Syndicat de défense de la Lucques du Languedoc et de l’Huile d’olive du Languedoc. 

Selon les premières estimations chiffrées, ce sont près de 500 t d’olives de table qui devraient être récoltées en Occitanie et au moins 2 500 t d’olives à huile. Si, d’ici là, pour la picholine, dont la récolte débutera fin octobre, aucun aléa climatique ou pression maladie ne se produit. Sur les 500 t d’olives de table, 150 t devraient l’être sous l’appellation Lucques du Languedoc, soit un niveau légèrement supérieur à celui de 2019 (143 t), mais surtout bien au-dessus de celui de 2020, qui était à 14 t. Une mauvaise passe désormais derrière.

Moulins privés : de beaux produits à attendre

Au Font de Mazeilles, à Sauvian (34), Julien Dallens respire de nouveau. Cette année n’a, heureusement, rien à voir avec 2020. La récolte des lucques a débuté le 10 septembre pour s’achever le 1er octobre. Sur les 2,5 ha dédiés à cette variété, 11 à 12 t ont été récoltées contre à peine 900 kg en 2020, suite aux conditions météorologiques désastreuses de ce printemps-là. Un désastre pour le producteur, car la lucques est le fer de lance de l’exploitation. 

Elle le sera de nouveau cette année, grâce à une "campagne qui s’est bien passée. Nous n’avons pas subi d’aléa climatique, et nous avons eu une faible pression mouche durant l’été, sauf sur la fin. Mais en traitant avec de l’argile, on a eu de bons résultats. Toutes les conditions ont donc été réunies pour une bonne récolte et, côté qualité, le calibre moyen, que nous recherchons pour conserver le craquant de l’olive, est plus que correct", détaille l’oléiculteur, qui attaque à présent la récolte de la picholine. Il pense pouvoir récolter entre 2 et 3 t. Une tonne sera réservée pour les olives de table, le reste pour l’huile. Et, comme pour la lucques, la qualité devrait être au rendez-vous.

Gros soulagement du côté des caves oléicoles

Même constat à L’Oulibo (11), le plus gros "faiseur" d’olives de table et à huile d’Occitanie. La récolte, débutée le 10 septembre, devrait prendre fin mi-octobre. "Après avoir rentré près de 20 t par jour de lucques, un ralentissement s’opère depuis une semaine. Nous rentrons désormais 10 t par jour. Nous approchons en fait de la fin. Nous devrions, au total, disposer de 340 t de lucques contre 50 t l’an dernier. C’est donc une bonne année, qui va nous permettre de reconstituer nos stocks", se réjouit le président de la cave coopérative de Bize-Minervois, Jean-Bernard Gieules. Seul bémol, pour lui, "des lucques de gros calibre". 

La récolte de la picholine devrait, de son côté, débuter sous les mêmes bons auspices que celle de la lucques. 30 à 40 t devraient rentrer à la cave coopérative. "Pour inciter les producteurs à nous apporter plus de picholines, nous sommes en train de travailler sur une augmentation de son prix, car il est inférieur de 30 à 40 % à celui de la lucques. On pourrait fixer le prix du kilo autour de 3,20 €, mais rien n’est encore arrêté. On travaille aussi sur la mécanisation de la récolte de cette variété, car elle est moins fragile que la lucques. Des essais sont en cours", ajoute-t-il également. Et de se réjouir, enfin, de l’arrivée, cette année, d’une vingtaine de nouveaux adhérents à la cave oléicole.

À la Confiserie-Huilerie de Clermont-l’Hérault, l’humeur est aussi bonne, avec une récolte toujours en cours, de l’ordre actuellement de 60 t, soit bien au dessus des 3 t de 2020. Mais pour faire coup double avec la récolte des olives à huile, les producteurs devront toutefois rester sur le qui-vive face à un possible retour de la pression mouche d’ici la fin de la récolte.

Florence Guilhem


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