Oléiculture : Clermont-l'Hérault, berceau de variétés

Publié le 27 août 2019

Le 7 août, jour de portes ouvertes des coopératives oléicoles, Clermont-l'Hérault a été inaugurée "Commune oléicole de France", première ville de l'Hérault à recevoir ce label, en présence du maire, Salvador Ruiz.

Presque centenaire, la coopérative oléicole interdépartementale de Clermont-l'Hérault n'en demeure pas moins active. Lors des 9e journées portes ouvertes de la Fédération des coopératives oléicoles de France, l'huilerie l'Oli d'Oc a accueilli une centaine de personnes au moulin d'Augustin pour des dégustations, avant de laisser la parole à des spécialistes de cet “alicament” qui n'en finit pas de révéler ses vertus.

A bientôt 100 ans, la coopérative oléicole de Clermont-l'Hérault affiche une santé éclatante. Pour preuve, l'affluence de curieux, touristes, et amateurs d'olives et d'huile, venus déguster les échantillons des dernières récoltes au moulin et suivre les conférences du professeur de cancérologie, Henri Joyeux, et de l'oléothérapeute éclairé, Raphaël Colicci, avec comme totem fétiche, l'olivier, arbre bienfaiteur, aux propriétés médicinales.

Des variétés à déguster

Si les années ne se ressemblent pas et voient les arômes varier d'une saison à l'autre, les fédérations des coopératives oléicoles du Sud de la France perpétuaient la tradition des portes ouvertes, pour la neuvième année, le 7?août. Parmi la trentaine de coopératives impliquées, dont celles du réseau Coop de France Occitanie, celle de Clermont-l'Hérault a ouvert les portes du moulin d'Augustin, au gré d'ateliers découverte, de reconnaissance des variétés, et de dégustation des fruits de la saison.

Comme chaque année, les clients ont pu déguster les arrivages, avec explications à la clé, pour une meilleure connaissance et appréhension des produits. C'est Cécile Combes, technicienne oléicole auprès de deux autres coopératives (Sommières et Beaucaire, dans le Gard), qui a mis l'eau à la bou­che des visiteurs en proposant les dernières récoltes, entre les variétés du territoire et les ‘traditionnelles’, ces variétés très anciennes sans identification variétale définie, mais non moins goûteuses, fournies par les petits apporteurs, ceux qui disposent de 10, 20 voire 50 oliviers. 

Une année prometteuse à floraison

Ils sont plus de 2 000 apporteurs à converger vers la coopérative interdépartementale héraultaise, qui prévoit une perte de récolte de 25 %. L'année a été “prometteuse à la floraison”, mais les chaleurs de fin juin ont séché les olives, qui seront “plus petites”, constate Hélène Pagès, présidente de la coopérative oléicole. Mais la récolte sera “bonne”, malgré les petits calibres, assure-t-elle. On attend 80 tonnes pour les olives de table et dans les 800 t en olives à huile, issues des 33 variétés différentes que compte la région, sélectionnées en fonction de leur qualité. Lucques, picholine, bouteillan, clermontaise, verdale de l'Hérault, ménudal, angladau, amellau, olivière... Dans la grande famille des olives, la lucques reste la plus plébiscitée, en olive de table. Vendues en bouteilles ou en bidon, les huiles d'olive, exclusivement vierge extra, exhalent leurs parfums très tôt. Contrairement aux grands vins de garde, leurs arômes “explosent au début”, explique Hélène Pagès. “Ensuite, l'huile se stabilise lorsqu'elle perd ses arômes.” Par exemple, la lucques, légère, révèle ses saveurs à la période de Noël, avant que les arômes se volatilisent. “La picholine, extraite en novembre, est moins amère en juillet, d'où son surnom ‘d'huile d'été’. C'est naturel, on ne peut rien y faire”, résume la présidente.

Multiples reconnaissances

Naturels et aux vertus reconnues, mê­me par le corps médical, les bienfaits de l'olive et ses dérivés étaient au cœur d'une conférence donnée par le professeur en cancérologie, Henri Joyeux, et le créateur de ‘l'oléothérapie’, Raphaël Colicci. Entre médicament végétal et fruit de l'agriculture, l'olive alimente les discussions et les passions. Bonne pour la santé, son état sanitaire cette année n'a pas révélé de soucis majeurs, note Hélène Pagès. Face à la mouche, “certains secteurs ont été plus touchés, là où c'est plus irrigué”, mais le parasite n'a pas pu pondre en raison des fortes chaleurs.

AOC olive et huile d'olive de Nîmes, la picholine gardoise ne serait bientôt plus la seule variété reconnue par l'Inao. Les locales, comme la verdale de l'Hérault et la clermontaise, se dirigent tranquillement vers l'IGP, alors qu'un dossier est en cours, depuis plusieurs années, auprès de l'Institut national de l'origine et de la qualité, en vue d'une reconnaissance en AOC de l'huile du Languedoc, sur les départements de l'Aude et de l'Hérault. “Peut-être pour 2020”, annonce Hélène Pagès, confiante. Une bonne nouvelle pour l'année du centenaire de la coopérative.

D'ici là, la campagne de l'olive de table sera ouverte le 26 août, avant de célébrer la Fête de la lucques, le 21 septembre, sur les allées Salengro, à Clermont-l'Hérault.

Philippe Douteau

 

 

 


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