Occitanie : Xylella fastidiosa : premier foyer de la bactérie en Occitanie

Publié le 11 septembre 2020

Xylella fastidiosa a été détectée pour la première fois sur le territoire français en 2015, sur des oliviers. (© DR)

Le 4 septembre dernier, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation signalait la présence de la bactérie, pour la première fois, dans la région occitane.

Tout commence en août dernier. Dans le cadre d’une inspection de routine, la bactérie Xylella fastidiosa est détectée dans un établissement de production et de revente de végétaux d’ornement aux particuliers. "La contamination a été identifiée sur un échantillon de lavandin (lavandin x intermedia, variété Gosso) par les services régionaux de la protection des végétaux du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation", précise ce dernier, sans dévoiler alors l’identité de l’établissement impacté. Trois jours plus tard, le 7 septembre, la préfecture de l’Aude révélait que c’était dans son département que ce premier foyer de la bactérie venait d’être détecté, "dans un établissement de production et de revente aux particuliers de végétaux d’ornement sur les communes de Trèbes et de Fontiès d’Aude", précisait-t-elle dans son communiqué de presse. 

Elle détaillait en suivant les démarches à entreprendre en cas d’acquisition de plants de végétaux depuis le printemps 2019 chez des pépiniéristes ou revendeurs de végétaux dans ces deux communes. "Il vous est demandé de bien vouloir vous signaler auprès de la Draaf Occitanie (service régional de l’alimentation SRAL) en envoyant un message à l’adresse suivante : xylella-2020.draaf-occitanie@agriculture.gouv.fr Votre message précisera utilement vos coordonnées (votre adresse postale, téléphone, courriel), le lieu d’achat, les espèces végétales acquises et la date ou la période d’acquisition. Des études et analyses complémentaires pourront être diligentées par le service en charge de la protection des végétaux", indiquait-elle.

 

Mesures préventives

Des mesures de précaution immédiates ont été prises depuis, dont l’arrêt de toute commercialisation des végétaux de cet établissement, tandis qu’un traitement phytosanitaire a été appliqué sur l’ensemble du site. Un périmètre d’un rayon de 2,5 km autour du site a été également établi afin d’empêcher, par des mesures de surveillance et d’arrachage, toute propagation de la maladie. 

L’enquête de traçabilité est en cours afin de déterminer l’origine de l’infection. Une série de prélèvements a d’ailleurs été réalisée sur l’ensemble des autres végétaux sensibles à la bactérie situés dans la zone infectée, pour définir l’ampleur de l’infection. À ce jour, 200 prélèvements supplémentaires ont été réalisés et transmis aux laboratoires pour analyse. Ces analyses sont en cours, en particulier pour tenter de caractériser la sous-espèce de la bactérie. Conformément aux dispositions prévues dans le règlement européen (UE) 2020/1201, l’ensemble des végétaux sensibles à Xylella fastidiosa présents dans la zone infectée ont été arrachés dans les jours suivants. La difficulté est que les symptômes de la maladie sont difficiles à reconnaître, et donc difficiles à combattre. Concrètement, il n’existe aucun traitement.

Quoi qu’il en soit, si la bactérie ne représente aucun risque pour la santé humaine, il n’en est pas de même pour toutes les filières de production agricole. Ainsi, vignes, oliviers, arbres fruitiers du genre Prunus, agrumes, luzernes, espèces ornementales peuvent être exposés à un risque de contamination. La bactérie constitue aussi un danger pour les végétaux non cultivés qui peuvent présenter un intérêt social, environnemental ou patrimonial particulier, telles que les espèces endémiques. Jusqu’à présent, seules deux régions présentaient des foyers de la maladie en France : la Corse (toute l’île est considérée comme une zone infectée) et Provence-Alpes-Côte d’Azur. 

Florence Guilhem

Pour toute information complémentaire consulter le site de la Draaf (http://draaf.occitanie.agriculture.gouv.fr/
Vigilance-vis-a-vis-de-Xylella) ou celui du ministère de l’Agriculture.

 


Xylella fastidiosa Occitanie