Négoce Pyrénées Méditerranée : Un premier congrès réussi

Publié le 09 avril 2019

Le 28 mars, au Domaine de Verchant, à Castelnau-le-Lez (34), 170 participants ont assisté au premier congrès de Négoce Pyrénées Méditerranée.

“Ce congrès est la concrétisation d’un peu plus d’une année de travail”, a déclaré Jean-Claude Magne, président du tout nouveau comité régional Négoce Pyrénées Méditerranée, qui compte près de 50 entreprises, dont 41 en Occitanie et 8 en Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse, soit l’équivalent de plus de 520 millions d’euros de chiffre d’affaires. “Notre jeune comité régional (deux ans) a vocation à représenter notre secteur, et à étendre son périmètre. De grands défis nous attendent, et je suis confiant dans l’avenir, car nous sommes des acteurs pertinents dans le domaine agricole. Nous avons à écrire une belle histoire”, a-t-il indiqué, en préambule d’un débat sur la géopolitique du blé avec Sébastien Abis, directeur du Club Demeter, un think tank (groupe de réflexion) dédié aux enjeux alimentaires mondiaux, et Christophe Dequidt, consultant et auteur du Tour du monde des moissons.

L’Afrique et la Chine incontournables

“On a cru que le XXIe siècle serait immatériel, mais au contraire il est celui de l’alimentation”, a indiqué Sébastien Abis. “Le sujet est bel et bien celui des bouches à nourrir. Et l’urbanisation progresse partout.” De plus en plus de monde s’installe dans les campagnes. “La population augmente en Asie et en Afrique, où un boom démographique s’y produit. La classe moyenne est devenue dominante. Partout sur la planète, on va vers une demande alimentaire pour plus de quantité et de qualité. En miroir, les changements climatiques, qui ont une résonnance de plus en plus forte au cours des saisons, existent. Les ruptures de production s’amplifient, la sécheresse pénalise le développement alimentaire. Alors même qu’il s’agit d’augmenter les rendements pour être au rendez-vous des marchés internationaux.” Géopolitiquement, l’Afrique est incontournable. Elle doit connaître toutes les révolutions d’un coup : révolution verte, démographique et numérique. “Des terres arables sont disponibles en Afrique, mais ce sont souvent des secteurs qui ne sont pas en paix. La question politique est donc prédominante.” Quant à la Chine, Sébastien Abis insiste : “En 2013, la Chine a relancé les routes de la soie. Des investissements ont été faits dans les secteurs qui comptent. Il s’agit d’une sino-mondialisation, où la Chine retrouve sa place. Cette orientation date de l’entrée de la Chine à l’OMC, le 11 décembre 2001. Et son décollage est explosif depuis une décennie. La Chine, comme les Etats-Unis, questionne les Européens sur la mondialisation, et la place de chacun, et n’a aucune envie : que l’Europe monte en puissance.”

La mer fera la différence

Sur la planète, les cinq plus grandes sociétés du monde que sont les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft), investissent dans la santé et l’alimentation, donc l’agriculture. “Ces sociétés ont un pouvoir technologique, et incarnent l’innovation. Elles misent sur les plus vieilles activités humaines”, ajoute-t-il. Globalement, la sécurité alimentaire mondiale augmente partout. “D’ici 2050, la demande alimentaire va progresser de 50 %, alors que les surfaces cultivées augmenteront de 4 %. Cela sous entend, qu’il va falloir accroître les rendements, et la logistique devient importante.” Dans tout ce commerce alimentaire mondial, les céréales deviennent incontournables. “Sur les 1 600 millions d’hectares cultivés dans le monde, 700 Mha sont des céréales. Or, depuis 60 ans, on a réussi à multiplier par 4 les rendements sur une même surface.” Aussi à l’avenir, “la mer fera la différence. La marine, par exemple, s’intéresse de très près au monde agricole. C’est un business important, et la moitié des envois de céréales concerne le blé, c’est le plus échangé sur la planète aujourd’hui.”

Anne-Solveig Aschehoug

 


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