Moissons dans l'Hérault : des tonnages à la baisse

Publié le 03 août 2021

La moisson des blés vient de se terminer. Si la qualité des poids spécifiques ne sera pas au rendez-vous, la teneur en protéines est, elle, d’un niveau correct. Enfin, les tonnages ne seront pas au rendez-vous. F. Guilhem

La moisson des céréales, débutée autour du 20 juin, s’avère moins prometteuse que prévue, selon la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Pour celle-ci, "c’est une année à ne pas retenir". Ne reste plus qu’à achever la récolte des pois chiches. Elle devrait se terminer entre le 10 et le 15 août.

Tout laissait imaginer que cette année aurait pu être normale en matière de rendements. C’était sans compter sur les aléas climatiques. "Plus on avance dans la moisson, plus c’est catastrophique", regrette déjà Alain Alliès, conseiller en grandes cultures à la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Pourtant, les semis se sont déroulés dans de bonnes conditions pour les céréales. Mais le manque d’eau tout au long de l’hiver dernier a entraîné un faible tallage pour les céréales. L’épisode de gel, survenu dans la nuit du 7 au 8 avril, a rendu la situation encore plus critique, même si celui-ci a touché diversement le territoire héraultais. "On pensait, au départ, que le gel n’aurait pas trop d’incidence sur les cultures, mais la sécheresse qui a suivi, en avril et mai, surtout dans l’ouest du département a donné le coup de grâce", rapporte le conseiller en grandes cultures de la Chambre d’agriculture de l’Hérault.

Récolte normale pour les pois et les orges

L’ouverture des moissons a débuté par la récolte des pois protéagineux, autour du 15 juin, qui représentent environ 200 hectares dans le département. Cette légumineuse a tiré, cette année, son épingle du jeu, sa précocité ayant permis de moins subir la sécheresse que les autres cultures.

En moyenne, les rendements se situent entre 25 et 30 q/ha suivant la localisation des parcelles, soit à l’identique de l’ordinaire. C’est donc une année normale, même si, "bien sûr, les rendements peuvent varier de 20 à 40 q/ha suivant les secteurs", rappelle Alain Alliès.

Sur l’orge, dont la récolte a débuté autour du 15 juin et s’est achevée à la fin de ce mois-là, les rendements restent à l’ordinaire, soit autour de 35 à 40 q/ha. Sa maturité, ainsi que son stade avancé de développement lors de l’épisode de gel, ont permis à cette culture de ne pas être affectée par les aléas climatiques et de poursuivre son cycle sans anicroche, même s’il y a eu des exceptions suivant les territoires. 

Blé : "c’est la cata"

En revanche, pour le blé dur, particulièrement dans l’ouest du département, "c’est la cata", assure Alain Alliès. Avant d’ajouter : "On va avoir du mal à arriver à 20 q/ha, alors que l’on est plutôt autour de 30, voire 40 q/ha." Ce "scénario catastrophe" se retrouve moins, en revanche, dans l’est du département, en raison des précipitations des mois d’avril et de mai.

Côté blé tendre, ce n’est guère mieux. "On est loin des niveaux habituels, qui se situent, en moyenne, autour de 30 q/ha. Là, on sera largement en dessous, tant à l’ouest qu’à l’est du département. Ce sera à peine mieux dans le nord du département, autour de Clermont-l’Hérault", reconnaît-il. Pour le blé dur, comme pour le blé tendre, même s’il est encore difficile de définir les dégâts provoqués par le gel d’avril, les premières estimations tablent sur un niveau de pertes autour de 10 à 15 %, qui pourrait grimper entre 20 et 25 % avec la sécheresse qui a suivi, plus marquée cependant dans l’ouest que dans l’est du département.

Pour ce qui est de la qualité des PS (poids spécifiques) du blé dur, elle ne sera pas non plus au rendez-vous. En temps normal, le PS se situe autour de 78 kg/hl. Il sera, au final, plutôt en dessous de 76 kg/hl, et ce, même s’il y a eu des PS autour de 80 kg/hl. Le seul bon point est l’absence de contamination en DON (le risque déoxynivalénol, ndlr). 

"En revanche, la teneur en protéines est d’un niveau correct. On est autour de 14 à 15 %, alors que la norme est plutôt entre 13 et 13,5 %", indique le conseiller en grandes cultures de la Chambre d’agriculture. Mais cela ne suffit pas à contrebalancer la tendance générale des moissons 2021, "une année à ne pas retenir", selon lui. Par ailleurs, s’il est encore difficile de définir les volumes définitifs des moissons des différentes céréales, “les tonnages seront forcément à la baisse”, conclut-il.

Florence Guilhem


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