Millésime Bio passe à la vitesse supérieure

Publié le 04 février 2020

Le 27 janvier, René Moreno, accompagné de Denis Carretier, Nicolas Richarme, Philippe Henry, Olivier Nasles, et Patrick Guiraud, a coupé le cordon, marquant le coup d’envoi de cette 27e édition.

La 27e édition du salon mondial du vin biologique a investi le parc des expositions de Montpellier, du 27 au 29 janvier. 1 300 exposants, représentant 21 pays, ont répondu présent dans les allées des 5 halls.

Il est bien loin le temps où ce salon, conçu par des vignerons pour des vignerons, rassemblait une petite communauté convaincue que le salut en viticulture ne passait que par le bio. Aujourd’hui, cette petite communauté s’est étendue tant dans la région, que sur tout le territoire national et hors des frontières hexagonales. Et de la petite centaine d’exposants le salon accueille aujourd’hui plus d’un millier d’entre eux, venus de 21 pays, répartis désormais sur 5 halls du parc des expositions de Montpellier. Le gigantisme guetterait-il le salon ? Si certains le redoutent, d’autres s’en réjouissent parce qu’il est la preuve que le bio est plus qu’un effet de mode, mais une tendance lourde, comme en témoigne la croissance de la consommation de vins bio. 

“La viticulture bio française a la chance de pouvoir s’appuyer sur un marché intérieur très dynamique et des consommateurs exigeants sur l’origine des produits”, commente Nicolas Richarme, président de SudVinBio, l’association interprofessionnelle des vins biologiques d’Occitanie, la première région française de production. En 2021, selon une étude réalisée pour Millésime Bio par l’Institut IWSR, les Français consommeront deux fois plus de vin bio qu’en 2013, et doubleront alors les Allemands comme premier pays consommateur au monde. “En 2023, la France représentera même 20 % de la consommation mondiale”, ajoute le président de SudVinBio.

Autre force de cette filière : ses circuits de distribution très spécifiques, avec une part importante prise par la vente directe, de l’ordre de 40 %, et les circuits spécialisés. “En outre, l’achat de vins bio correspond à un choix qualitatif et écologique que l’on retrouve d’ailleurs partout dans le monde”, précise Nicolas Richarme. Aussi, même si les cahiers des charges doivent évoluer, “les fondamentaux doivent rester, notamment sur l’interdiction des OGM et la reconnaissance du savoir-faire en bio”, insistait-il, lors de l’inauguration du salon, le 27 janvier. 

Reste que ce savoir-faire, qui doit être transmis, développé et enseigné, pèche par un apprentissage dans l’enseignement plus qu’insuffisant. “Les outils sont sous-dimensionnés par rapport à notre poids économique”, regrette le président de SudVinBio. Un appel du pied à l’État comme aux collectivités territoriales, d’autant que le bio représente un atout majeur tant sur le plan économique qu’environnemental, sans compter qu’il répond à des attentes sociétales.

Le bio : un secteur stratégique

Outre l’amélioration de l’eau, de l’air et de la biodiversité, “le bio est une partie de la solution face au réchauffement climatique grâce à ses modes de préoccupation. Or, le changement climatique est bel et bien la vraie question de demain”, insiste de son côté, Philippe Henry, président de l’Agence bio, invité au salon. Sur le plan économique, le marché du vin bio est en croissance exponentielle, avec un taux annuel moyen de progression de 20 %, et un volume d’affaires dépassant le milliard d’euros par an. Cependant, dans un marché du vin qui stagne, voire qui régresse, le marché du vin bio est le seul segment en progression. La demande en France devrait augmenter de 70 % d’ici 2023. De quoi conforter une région comme l’Occitanie, fer de lance du bio à l’échelle hexagonale.

Avec 24 700 ha certifiés en bio en 2019, la production de vins bio en Occitanie représente 37 % de la production nationale estimée, elle, à 65 300 ha. D’ici 2021, ce sont près de 35 000 ha qui devraient être en AB dans la région. “C’est vraiment un secteur stratégique à fort impact pour l’Occitanie. L’enjeu est désormais de structurer la filière bio régionale, car si le bio c’est bien, le bio français, plus encore le bio occitan, c’est mieux”, indique Denis Carretier, président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. “La région a donc tous les atouts pour se placer au premier plan de la viticulture mondiale”, pense René Moreno, conseiller régional. Le salon Millésime Bio en est déjà une illustration, avec 40 % de la production française représentée et un bon tiers d’exposants occitans. 

Florence Guilhem


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