Miels : à chaque pot son combat

Publié le 23 juillet 2019

Sur l'exploitation de Valentin Goisbault, à Castillon-du-Gard, la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher, accompagnée du député LREM Anthony Cellier, a goûté aux miels de l'apiculteur, avec une préférence pour celui de bruyère blanche.

Pour mieux encadrer l'étiquetage et assurer la promotion du miel français, le gouvernement prépare un décret visant à mieux informer les consommateurs sur l'origine des produits. La secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, s'est rendue chez un apiculteur gardois pour présenter les grands axes du projet.

L'appel de 67 parlementaires, dont le texte a été publié le 28 juin, était destiné aux autorités pour tenter de "mettre fin à l'opacité sur l'origine du miel, en rendant obligatoire la mention des pays d'origine sur les pots". A la veille de l'examen de la loi Agriculture et Alimentation, un Comité de soutien des élus à l'abeille et à l'apiculture s'est constitué, regroupant plus de 180 élus politiques, et a soutenu un amendement "pour la transparence de l'origine des miels par pays", pourtant retoqué par le Conseil constitutionnel. Depuis, l'appel a fait son chemin, notamment par la voix du ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, qui a fait part de ce projet de décret en mars dernier, au cours d'une audition à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Afin de renforcer l'étiquetage quant à l'origine des miels, le gouvernement a officiellement annoncé son engagement à cet effet, lors de la visite de la secrétaire d'Etat dans le Gard, le 11 juillet. 

Miels issus de mélanges clarifiés dès 2020 

Après avoir arpenté les stands du marché de Villeneuve-lès-Avignon, accompagnée d'agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), Agnès Pannier-Runacher a notamment concentré ses tours d'étals auprès des vendeurs de miel, la denrée pouvant facilement manquer de précision sur sa provenance, avec comme seule mention "miels originaires et non originaires de l'Union européenne". Insuffisant, a aussi estimé le gouvernement, qui souhaite ajouter une couche, en prévoyant d'inscrire "les mélanges de miels commercialisés en France" sur les étiquettes et la liste des pays d'origine "par ordre pondéral décroissant", précise le communiqué des ministères de l'Economie et des Finances et de l'Agriculture et de l'Alimentation. Il est prévu que les pays producteurs de plus de 20 % des miels du mélange proposé soient visiblement portés à la connaissance des consommateurs.

La secrétaire d’Etat justifie cet élan par le côté "très vague" de la simple mention d'origine UE ou hors UE. "A partir du 1er janvier 2020, l'indication par ordre, de poids des origines" sera rendue obligatoire sur les étiquettes, a assuré Agnès Pannier-Runacher, qui en a profité pour "inviter les consommateurs à être méfiants", en poussant les distributeurs et les conditionneurs à plus de transparence, surtout lorsque certaines marques n'hésitent pas à induire l'acheteur en erreur, à grands coups de marketing. L'évocation de la Provence, des champs de lavandes et autres oliveraies ne garantissent pas l'origine, sur la seule crédibilité du visuel.

Aléas et importations concurrentielles

A Castillon-du-Gard, Valentin Goisbault a reçu la secrétaire d'Etat, accompagnée du député La République en marche du Gard, Anthony Cellier. Après l'inévitable dégustation des miels maison (sapin, châtaignier, bruyère blanche), l'apiculteur a proposé que la traçabilité puisse également être promue. Une solution "idéale", selon Agnès Pannier-Runacher, répétant à l'envi que "la meilleure défense de l'agriculture française" passera par "la transparence sur les produits". Une démarche propre à mieux défendre les productions locales et françaises, alors que les aléas s'abattent à l'aveugle depuis des années sur les cultures.

Philippe Douteau


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