Marchés des producteurs de pays : c’est reparti pour un tour

Publié le 26 juillet 2022

Tout premier Marché des producteurs de pays, le 15 juillet, à Sète. © F. Guillhem

L’été annonce le retour des Marchés des producteurs de pays dans tout l’Hérault. Le 8 juillet, la Chambre d’agriculture donnait le top départ de leur lancement, au château de Castelnau-de-Guers.

Douze saisons déjà que les Marchés des producteurs de pays (MPP) régalent leurs visiteurs dans l’Hérault. Douze saisons, et pas une ride, même si la fréquentation laisse parfois à désirer et que la pandémie liée au Covid-19 a plus que perturbé leur déroulement ces deux dernières années. Initiés il y a 30 ans par le réseau des Chambres d’agriculture dans toute la France, ces marchés gourmands ont été lancés dans l’Hérault en 2008, en partenariat avec des communes et des Communautés de communes.

35 communes en accueilleront cette année pour deux dates, voire trois, ou de façon hebdomadaire. “Il y a bien une attente des collectivités et des consommateurs, puisque ce sont 11 nouvelles communes qui nous ont rejoints cette année”, faisait remarquer Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, lors du lancement officiel de la 12e saison des Marchés des producteurs de pays, au château de Castelnau-de-Guers, le 8 juillet dernier. Au total, les communes et Communautés de communes accueilleront jusqu’au 26 septembre 175 marchés, du littoral aux hauts cantons, en passant par la garrigue.

Fidèles à la tradition, les Marchés des producteurs de pays sont donc de retour avec les beaux jours. “Ces marchés sont une véritable invitation à la rencontre entre producteurs, paysans, vignerons et artisans qui nous régalent avec les pépites de notre beau terroir du sud de la France”, ajoutait le président de la Chambre d’agriculture. Climat méditerranéen oblige, ceux-ci se déroulent en soirée, avec une formule qui fait recette. Laquelle ? Des vignerons proposent leurs vins et des agriculteurs des assiettes fermières, où la qualité se dispute à l’originalité.

Les visiteurs sont curieux de découvrir des produits locaux originaux, mais aussi les producteurs, leur savoir-faire et leur travail. Pour que cela reste convivial, le choix est fait de n’accueillir qu’une dizaine de producteurs, représentant chacun une catégorie de production, afin d’éviter des doublons et devant se soumettre à un cahier des charges strict. Tous les produits utilisés doivent être locaux”, détaille Cécile Andrès, chargée de mission ‘Promotion, agritourisme et œnotourisme’ à la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Local et original.

Les produits décalés de la Ferme Mira’Bio

Installée depuis deux ans et demi, à Fabrègues, Alison Lino, éleveuse de chèvres et de brebis, a rejoint le réseau des Marchés des producteurs de pays en 2021. “Avec le Covid, la vente sur les marchés était devenue compliquée. Aussi s’est-on dit qu’il fallait plutôt s’orienter vers des événements. C’est pour cela que l’on a investi dans un food truck et que l’on a présenté notre candidature pour intégrer les Marchés des producteurs de pays. Et d’autant que nous nous sommes lancés dans des produits différents que ce que l’on trouve d’ordinaire sur les marchés”, raconte l’éleveuse.

La différence est d’abord dans le goût, car ses bêtes pâturent dans la garrigue, les prés salés de Vic-la-Gardiole et tout le long de la plage des Aresquiers. “Notre premier objectif était de faire de la viande, à partir de laquelle on produit de la charcuterie, des gigots séchés ou encore de la viande hachée. Avec le lait, on fait du riz au lait, de la panna cotta, des crèmes glacées, des yaourts à boire, et on s’en sert aussi pour faire des crêpes”, détaille-t-elle.

Crêpes et crèmes glacées au lait de chèvre, de même que les burgers de chevreau ont vite conquis les gourmands, qui se bousculent lors des guinguettes hebdomadaires organisées à la ferme, comme sur les Marchés de producteurs de pays. Alors, certes, bien que ces marchés impliquent beaucoup d’investissement personnel, l’éleveuse s’est organisée en conséquence pour pouvoir en assurer trois à quatre par semaine tout au long de cet été. “Ces marchés sont intéressants à plus d’un titre. Ils nous permettent, d’une part, de bien valoriser nos produits, et, d’autre part, de pouvoir échanger avec les visiteurs sur nos produits particuliers, mais aussi sur notre système de production et le travail que l’on accomplit autour du bien-être animal”, précise Alison Lino.

Des gastéropodes à la mode martiniquaise

Qu’est-ce que peuvent avoir en commun des escargots petits ou gros gris avec la Martinique ? Réponse : Virginie Murciano. Cet ex-comptable, d’origine martiniquaise, a décidé de se reconvertir dans l’élevage d’escargots, à Saint-Pargoire. “N’étant plus en phase dans la boîte où je travaillais, je cherchais à faire autre chose. C’est mon mari qui a lancé l’idée. Du coup, j’ai fait quelques recherches, et j’ai commencé à me passionner pour ces mollusques gastéropodes”, raconte l’hélicicultrice.

Après plusieurs formations tant pour l’élevage que culinaires, elle se lance dans la transformation. Elle a depuis multiplié les recettes, mais en apportant sa touche. Ainsi, si elle propose des verrines d’escargots à la provençale, à la bourguignonne ou encore à la graisse de canard, elle les prépare aussi avec des sauces épicées à l’instar de celles de la cuisine martiniquaise. “J’utilise un piment végétarien. C’est un piment qui ne pique pas et qui est très fruité. Mais, bon, j’y ajoute tout de même une pointe de piment antillais”, confesse-t-elle. Et de faire aussi des pâtes à tartiner et des accras d’escargots.

Autant de produits qui détonnent sur les Marchés des producteurs de pays. “Je me souviens encore de la surprise des gens lorsqu’ils goûtaient mes produits lors du premier marché que j’ai fait il y a 5 ans. J’ai donc totalement adhéré au concept, et je reviens faire des marchés chaque année, trois à quatre fois par semaine. Ceux-ci me plaisent aussi, car on y trouve à la fois de la convivialité entre exposants, et avec les clients”, dit-elle. Et tout le monde d’y trouver son compte.

Florence Guilhem


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