Les vins IGP Sable de Camargue en route vers l'appellation

Publié le 02 avril 2019

Fruit d'un partenariat entre les restaurateurs d'Aigues-Mortes et du syndicat des Vins Sable de Camargue, la charte récompense ces derniers pour leur soutien et la promotion des vins sur leur carte. Chacun a reçu son porte-menu en fer forgé stylisant

Cœur emblématique de l'IGP Vins Sable de Camargue, Aigues-Mortes était le cadre de la soirée Sablissimes, le 19 mars. Au cloître des Capucins, le syndicat des Vins Sable de Camargue a fait coup double, et même triple, en présentant le nouveau millésime 2018 des gris et gris de gris, en récompensant les restaurateurs de la cité ambassadeurs de l'IG, et en annonçant – enfin – l'obtention de l'appellation pour 2020.

En Camargue, les vins Sable de Camargue en font voir de toute une couleur, qui se décline pourtant délicatement en une palette de dégradés, du rose parme au rose saumoné. La pâleur et le fruité en bouche des vins Sable de Camargue fait la fierté du syndicat, présidé par Patrick Guiraud, mais aussi de tout un territoire qui s'étend sur 3 000 ha, de Sète aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Avec le gris et le gris de gris comme étendards, les 110 vignerons de l'IGP, répartis entre dix caves particulières, la Coopérative Sabledoc (90 coopérateurs) et les Grands Domaines du Littoral, produisent quelque 200 000 hl, et œuvrent à la constance de leurs cuvées, qui, malgré une campagne 2018 inégalement marquée par le mildiou, affichent de belles réussites gustatives. Des qualités qui devraient se voir encore mieux sauvegardées par l'arrivée de l'AOP des Vins Sable de Camargue, dans les tuyaux depuis 2013. Le président l'a confirmé : ce sera pour 2020 !

Un patrimoine en pleine biosphère camarguaise

Pour la 4e édition des "Sablissimes", la mairie et l'Office de tourisme ont salué la démarche engagée entre le syndicat des Vins Sable de Camargue et les restaurateurs d'Aigues-Mortes, entérinée par une charte dédiée à la promotion des IGP locales sur les cartes des restaurants de la cité. Les ambassadeurs de cette charte contribuent à "faire découvrir la notoriété du vin des sables", a salué le maire Pierre Mauméjean, voire à "les sublimer auprès du grand public", a ajouté Nathalie Bruel, vigneronne avec sa sœur Brigitte au Domaine du Petit Chaumont. En proposant au moins trois vins des sables sur leur carte, en gris de gris ou en gris, les restaurateurs assurent la renommée de ces vins, dont l'appellation d'origine "vin des sables" est devenue la dénomination "vin de pays des sables du Golfe du Lion". Guère parlant pour le consommateur, peu précis pour désigner la zone concernée et moins vendeur qu'un "sable de Camargue". Les gris, gris de gris et rosés composent 96 % de l'IGP, couverte par 35 % de vignes en agriculture biologique et 40 % en HVE 2

et 3.

Un millésime appréciable et apprécié

En attendant l'obtention de la dénomination européenne, les millésimes se suivent et tentent de se ressembler, pour coller aux attentes du marché, et à la promesse de notes d'agrumes, de densité, et d'une fraîcheur en bouche qui l'emporte sur l'acidité, malgré une légère et caractéristique salinité. Œnologues et amateurs ont pu le constater sur place : le millésime 2018 s'en sort haut la main, malgré une année "très compliquée", comme l'a certifié Bruno Maillard, directeur général délégué des Grands Domaines du Littoral (le Domaine royal de Jarras à Aigues-Mortes, et le Château la Gordonne dans le Var). La cause ? La pression historique du mildiou qui a donné du fil à retordre à tous les vignerons. "Mais tout le monde a relevé les gants ; les conditions parfaites de maturation des raisins, et la pluie qui s'est arrêtée au bon moment nous ont aidés," a félicité Bruno Maillard. Sur le Domaine royal de Jarras (420 ha), "on s'en sort bien", confie-t-il. Une chance de ne pas être en première année de conversion, alors que le domaine achève de convertir son troisième tiers. La pression a pu être évitée par les traitements en face par face, selon "une organisation presque militaire", et des traitements au cuivre à 4 kg/ha, "des doses normales pour une année à forte pression". Avec un potentiel de "4 millions de bouteilles", le domaine profite de la force de diffusions et du savoir-faire marketing du groupe champenois Vranken-Pommery, notamment de la cuvée Pink Flamingo, le cœur de gamme relancé depuis trois ans, qui s'est écoulé à 1 million de bouteilles, contre 600 000 l'an passé, et appelée à devenir "une marque premium", prévoit le directeur général.

Philippe Douteau


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