Les vins du Roussillon affichent leur ambition

Publié le 16 avril 2019

Philippe Bourrier (président du CIVR) et Nicolas Ponzo (directeur) ont longuement énuméré les axes forts du développement des vins du Roussillon, en marge de l’évènement “Perpignan, ville européenne du vin” 2019.

Le CIVR a fait d’une pierre deux coups. Ses dirigeants ont profité de la présentation à la presse des évènements célébrant “Perpignan, ville européenne du vin” 2019, pour détailler le plan d’actions qui entend asseoir la nouvelle stratégie des vins du Roussillon dans la poursuite de leur valorisation.

Fort de presque 21 000 hectares, le vignoble roussillonnais a vu arriver sous de très bons augures un millésime 2018 dont les perspectives qualitatives apparaissent excellentes, qui plus est avec un volume de récolte en progression de 10 %. Le 3 avril, le Conseil interprofessionnel des vins du Roussillon (CIVR) a détaillé, face à la presse, son plan d’actions pour l’année 2019, qui sera jalonnée d’évènements de célébration de la désignation de Perpignan comme ville européenne du vin cette année. “Grâce à notre meilleure alliée, la tramontane, nous nous sommes fixés pour objectif de répondre aux attentes de développement durable, en atteignant, en 2025, 50 % du vignoble en Agriculture biologique (AB) ou Haute valeur environnementale (HVE). Nous sommes optimistes, car la plupart de nos vignerons sont déjà dans ce type de démarche sans nécessairement le savoir”, ouvre en préambule Philippe Bourrier, président du CIVR, pour appuyer la tendance de fond, qui va guider les vignerons dans les années à venir. Cet objectif constitue un argument supplémentaire de mise en valeur de la diversité des terroirs du département, qui regroupe 14 AOP et 2 IGP, produisant 80 % de vins secs des trois couleurs, et 20 % de Vins doux naturels (VDN). Outre la qualité de la récolte, le CIVR décrit le contexte de la campagne en cours de manière favorable aux vins du Roussillon, notamment avec des sorties de chais qui restent stables.

En France comme à l’export, une valorisation en progression

La valorisation des vins dans les circuits de distribution en France est bonne, en particulier pour les vins secs, dont 32 % des volumes s’écoulent en vente directe. “En France, que ce soit en rouge, blanc ou rosé, le prix des AOC du Roussillon se positionne dans la catégorie ‘ultra-premium’, avec des prix moyens bien supérieurs à ceux des vins tranquilles de la catégorie”, appuie Philippe Bourrier, “avec une montée en gamme enregistrée en grande distribution (GD). Sur la tranche de prix supérieure à 5 €, les ventes ont été multipliées par deux en dix ans. Chez les cavistes parisiens, 80 % de l’offre du Roussillon se situe sur les tranches supérieures à 10 € la bouteille.” Les VDN restent, quant à eux, fortement dépendants de la GD qui concentre 83 % des volumes commercialisés. Les exportations, qui concernent un peu plus du quart du volume des vins secs AOP et IGP commercialisés, enregistrent, elles aussi, des résultats encourageants. “Là aussi, la valorisation est bonne, soit 31 % de la commercialisation en valeur. La progression des prix moyens départ cave a bondi entre 2012 et 2018 pour les vins secs, comme pour les VDN”, apprécie Nicolas Ponzo, directeur du CIVR. “De manière globale, il y a une inversion de tendance entre les destinations, entre 2012 et 2018. Si bien qu’à l’horizon 2020, la proportion atteindra deux tiers des volumes vers les pays tiers hors Union européenne. Ce qui est mieux, car ce sont des marchés porteurs en matière de valorisation des prix.” Les ventes d’AOC ont ainsi progressé de 36 % en six ans, avec un marché chinois (Hong-Kong compris) en tête des destinations, en volume comme en valeur. L’Allemagne, historiquement positionnée comme un marché de premier prix pour les vins des Pyrénées-Orientales, connaît une mutation remarquable, en favorisant aujourd’hui les vins plus valorisés.

Olivier Bazalge


Nicolas Ponzo, directeur du CIVR.

Pyrénées-OrientalesVin Roussillon CIVR Philippe Bourrier Nicolas Ponzo export