Les Vergers de Mauguio jouent la carte de la porte ouverte

Publié le 17 septembre 2019

Piège à phéromone.

Dans le cadre de l’opération “Vergers ouverts”, lancée en 2009 par l’Association nationale pommes poires (ANPP), la Sica Les Vergers de Mauguio et le pomiculteur Robert Cecchetti ouvriront leurs portes, le 21 septembre.

Respect de l’environnement, des produits sains et riches en goût, telles sont les exigences des consommateurs depuis une dizaine d’années. Une exigence que la dizaine de producteurs adhérente de la Sica Les Vergers de Mauguio a depuis belle lurette. Et pour cause. Inscrits dans la démarche régionale Sud Nature, dès les années 1990, fondée sur les principes de l’agriculture raisonnée, c’est tout naturellement que les producteurs de la Sica ont rejoint le label “Vergers écoresponsables”, lancé en 2009 par l’Association nationale pommes poires (ANPP).

Ce label, qui évolue chaque année, s’appuie sur les principes de la production fruitière intégrée, privilégiant l’observation des vergers, les méthodes de lutte biologique, les techniques de pointe permettant d’assurer une production de qualité pour tous les consommateurs, une récolte à maturité du fruit et à la main, ainsi qu’une traçabilité du verger au point de vente. Autant de cases que coche Robert Cecchetti, pomiculteur à Mudaison et président de la Sica Les Vergers de Mauguio depuis 2005.

Eco et responsable

Chez les Cecchetti, on est pomiculteur de père en fils. Aussi lorsque son père lui demande, en 1999, de prendre la relève à la tête de l’exploitation agricole, Robert n’hésite pas un instant. La quasi-totalité des 130 hectares cultivés aujourd’hui est dédiée à différentes variétés de pommes : elstar, gala, reine des reinettes, golden, granny, pink lady, joya... L’intérêt d’une telle diversité ? Avoir des variétés qui ont des maturités de fruit qui s’enchaînent les unes après les autres. Et, peut-être, ajouter demain la variété swing pour sa résistance à la tavelure, et consacrer quelques hectares à une production biologique.

En accord parfait avec le label “Vergers écoresponsables”, Robert Cecchetti en a repris toutes les bonnes pratiques : l’intégration de la biodiversité dans les vergers en favorisant la présence d’auxiliaires et de pollinisateurs, la pose d’une centaine de nichoirs à mésanges, la plantation de haies (2 km de haies il y a deux ans, puis 150 m cette année, et 2 km l’an prochain, ndlr), un désherbage réduit à sa portion congrue, même si cela est très cher en matière de coût de main-d’œuvre et de matériel, etc.

Pour lutter contre le carpocapse des pommes, l’agriculteur a recours à une méthode de lutte biologique bien éprouvée désormais : la confusion sexuelle, qui s’effectue en utilisant des phéromones synthétiques, et permet de diminuer l’usage des insecticides et de favoriser la présence d’insectes auxiliaires. Toujours dans la même logique de réduction des produits phytos et de lutte biologique contre les maladies ou ravageurs, le pomiculteur s’appuie sur des outils d’aide à la décision. Raisonnées le sont aussi la fertilisation et l’irrigation.

Autant de pratiques techniques qui lui font dire que son métier “est fascinant sous bien des aspects, car il a de multiples facettes et évolue beaucoup sur le plan technique. Le plus intéressant pour moi, c’est l’éclaircissage, car c’est le moment où l’on détermine la qualité de la production. Autrement dit, c’est là où tout va se jouer, mais il n’y a pas de recette unique à appliquer. Tous les ans, il faut rebattre les cartes, car rien n’est jamais acquis. Ainsi, avec la canicule et les épisodes de sécheresse, il va falloir repenser notre mode d’irrigation. Le goutte-à-goutte, que nous pratiquons sur 80 % de l’exploitation, ne suffira plus dans de telles conditions, si elles se répètent”, explique Robert Cecchetti.

Si d’aucuns ne se souviennent d’avoir vu leurs pommes brûlées par la chaleur, comme c’est le cas cette année, et redoutent des pertes conséquentes dans leurs vergers, a minima de 30 % sur les premières variétés récoltées (gala et elstar), cela ne les empêchera pas pour autant d’ouvrir leurs portes, le 21 septembre, au public, pour partager leur métier passion. En tant que pomiculteur et président de la Sica Les Vergers de Mauguio, Robert Cecchetti présentera, lors des portes ouvertes, les coulisses de l’usine de conditionnement de la Sica, ainsi que son travail sur son exploitation de La Pommeraie, à Mudaison, où la cueillette se fait à la main.

Florence Guilhem


Robert Cecchetti, pomiculteur à Mudaison, et président de la Sica Les Vergers de Mauguio, dans son exploitation, La Pommeraie.

HéraultPomiculture SICA Les Vergers de Mauguio Vergers ouverts Robert Cecchetti