Les JA du Gard à la mode "grand débat"

Publié le 16 avril 2019

"Recruter et impliquer les jeunes dans la vie syndicale", tel est l'un des souhaits formulés par Delphine Fernandez, au centre, entourée d'une partie de l'équipe des JA du Gard, au lycée Marie Durand de Rodilhan, le 4 avril.

Pour montrer qu'il n'y a pas qu'Emmanuel Macron pour mener des débats sur les préoccupations des citoyens, les Jeunes agriculteurs du Gard ont misé sur le concept pour laisser la parole circuler lors de leur AG, et inviter celles et ceux qui le souhaitaient à faire part de leurs remarques, leurs revendications agricoles.

Pour leur assemblée générale, la première pour la co-présidente Delphine Fernandez, les Jeunes agriculteurs du Gard ont voulu mettre à la disposition de l'assistance un espace de libre-échange... de parole. Construit autour de grands thèmes, ce grand débat agricole a soulevé des problématiques déjà (trop) bien connues des agriculteurs, jeunes et moins jeunes, et tenté d'y apporter des débuts de réponses, des graines d'idées.

En charge de l'animation des discussions, Fanny Tamisier, éleveuse, vice-présidente du Syndicat des producteurs ovins du Gard, et depuis peu, présidente du Comité élevage à la Chambre d'agriculture du Gard, a profité de son expérience d'ancienne JA et d'agricultrice pour mener les débats autour du syndicalisme et des attentes qu'il suscite, de l'installation et l'accession au foncier, des conflits de voisinage, des pratiques environnementales et de leur délicate mise en œuvre parfois, mais aussi de la Pac. Vaste programme.

Réussir à impliquer les jeunes

Entamer le rapport moral sur les subsides permet d'évacuer la question des aides qui régressent, pour mieux s'appuyer sur les initiatives et les projets du syndicat. Pour sa première AG en tant que co-présidente, Delphine Fernandez, témoin des subventions qui baissent "d'année en année", a tenu à remercier les soutiens des JA, comme Groupama, le Crédit agricole, Nîmes métropole, Cerfrance... La vision d'avenir pour la co-présidente ? "Recruter et impliquer les jeunes dans la vie syndicale." D'anciens JA convaincus par le syndicalisme, révèlent y avoir appris la solidarité, comme Stephan Picas, ancien président, qui regrettait le peu de jeunes du lycée hôte dans l'amphithéâtre. Une "bonne école de convivialité", pour David Sève, président de la FDSEA 30. C'est chez les JA que Lionel Puech, précédent co-président, a découvert l'entraide au sein de ce "seul syndicat de jeunes en France". Pour susciter des vocations, encore faut-il "garantir un revenu minimum", estime Stephan Picas. David Sève, lui, voit dans la difficulté à mobiliser un manque réel de nouveaux installés.

Affronter les lourdeurs administratives

D'après Julien Courdesse, vice-président régional chargé de l'installation et membre des JA du Gard, 25 % d'installations en plus ont été relevées en 2018, soit 699 installés. A l'échelle départementale, "entre 30 et 35 à la DJA (dotation jeune agriculteur) par an". Une faible part pour l'Occitanie, mais "on existe", soutient le JA qui se félicite des 15 dossiers déjà en cours depuis le début de l'année. La réforme territoriale n'a pas eu que du bon pourtant. Regrettant que le suivi post-installation n'ait plus été obligatoire après la fusion des régions, la question des avenants et des déchéances se pose. "C'est ma 3e année, via le PPP (plan professionnel personnalisé), et à chaque modification sur l'exploitation, il faut faire des avenants. Ça peut empêcher un jeune", se plaint un jeune agriculteur. "Oui il y a des lourdeurs", consent Hubert Raynaud, conseiller à la Chambre d'agriculture. Mais "des écarts sont possibles, l'administration autorise des avenants de régulation, pas nécessairement avant installation", corrige-t-il. Si le suivi post-installation n'est plus obligatoire, il reste disponible.

Philippe Douteau

 

 


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