Les distilleries vinicoles en support pour les solutions hydro-alcooliques

Publié le 28 avril 2020

Le personnel s’est mobilisé pour conditionner les préparations de solutions hydro-alcooliques dans des petits contenants utilisables par les pharmacies, les SDIS et les forces de l’ordre.

Les groupes de distilleries coopératives Grap’Sud et UDM, dont les sièges sont basés dans le Gard, ont mis à disposition l’alcool produit dans leurs structures respectives à destination des entités placées en première ligne dans la lutte contre le Covid-19.

“Tout a commencé par le biais de notre site de production de Sigolsheim, en Alsace, proche des hôpitaux de Mulhouse et de Colmar”, explique Yoann Maillard, directeur marketing du groupe Grap’Sud. “La région ayant fait partie des premiers foyers français, et, face aux problèmes d’approvisionnement en gel hydro-alcoolique à destination des personnels soignants, le directeur de notre site a proposé de mettre à disposition de l’alcool pour ces deux centres hospitaliers. Nous avons ensuite suivi cette initiative avec nos sites implantés dans l’ex-Languedoc-Roussillon.” À présent, les pharmacies, les SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) et, plus largement, des laboratoires et entreprises régionaux de production de gels hydro-alcooliques sont les destinataires importants des volumes d’alcool libérés par les distilleries du groupe Grap’Sud, dont le siège est établi sur le site de Cruviers-Lascours, dans le Gard.

Même son de cloche chez les voisins du groupe UDM (Union des distilleries de la Méditerranée), basés à Vauvert, dont les sites de Vallon-Pont-d’Arc, en Ardèche, et Vauvert, sont capables de dénaturer de manière industrielle l’alcool vinique. “La principale difficulté reposait sur le fait que tous nos alcools rectifiés à 96° (dont le méthanol a été ôté) sont vendus entre octobre et novembre à destination de nos clients producteurs d’alcools de bouche”, indique ainsi Daniel Faure, le directeur général de l’UDM.

Des milliers d’hectolitres d’alcool débloqués

Les dirigeants de l’UDM, à l’instar de leurs homologues de Grap’Sud, ont donc mené une campagne de sensibilisation à l’égard de leurs clients habituels pour récupérer les volumes d’alcools déjà contractualisés. Au regard de la situation sans précédent traversée actuellement, des accords de report de livraison des alcools, de mise en suspens, voire d’annulation des contrats ont pu être trouvés. Dès la deuxième quinzaine de mars, l’UDM a ainsi été en mesure de mettre à disposition 2 500 hl d’alcool par semaine, soit l’équivalent de 6 à 7 millions de doses individuelles de 50 ml de gel hydro-alcoolique. “Malgré les contraintes sanitaires et les mesures barrières que nous avons mises en place très rapi-dement au sein de nos sites, nous arrivons encore à produire cinq jours sur sept, à partir de marcs restant à distiller, mais aussi d’alcools bruts que notre filiale Raisinor parvient à récupérer auprès d’autres distilleries françaises”, poursuit Daniel Faure. Il indiquait ainsi, le 31 mars, être en mesure de pouvoir continuer à produire à ce rythme “durant trois à quatre semaines avec la matière première dont nous pouvons disposer”.

Grap’Sud annonçait, de son côté, un total de 1 100 hl préparés à destination des entités qui en ont besoin pour protéger leurs personnels soignants dans la lutte contre le Covid-19. Les services de l’État, l’ARS (Agence régionale de santé) en particulier, sont également intervenus en bonne entente pour ventiler la distribution de l’alcool aux organismes bénéficiaires.

Mobilisation de l’État et du personnel

Devant les difficultés présentées par les fournisseurs classiques d’alcool médical, l’industrie sucrière essentiellement, les services de l’État ont rapidement pris des mesures dérogatoires pour autoriser l’utilisation des alcools nature. FranceAgriMer a ainsi permis de mettre en marché ces alcools nature pendant que les services douaniers ont simplifié la gestion des dossiers pour pouvoir livrer de l’alcool directement à des petites structures. “C’est là qu’une forte demande s’est manifestée de la part des laboratoires, mais aussi directement d’officines de pharmacie en mesure de fabriquer leurs propres gels ou solutions”, retracent ainsi Daniel Faure comme Yoann Maillard.

Mais Grap’Sud et UDM sont habitués à traiter de grands volumes d’alcool, transportés en camion-citerne. Il a donc fallu adapter ce fonctionnement en recalibrant le conditionnement. “Le personnel a été très sensible à cette cause, et c’est sur notre site de Sant-Feliu d’Avall, dans les Pyrénées-Orientales, que les volontaires se sont occupés de préparer, conditionner, puis aller livrer les solutions hydro-alcooliques aux différents SDIS et pharmacies”, note Yoann Maillard. L’UDM a également procédé de la sorte sur son site de Saint-André-de-Sangonis pour conditionner dans des cuves IBC (1 000 litres), puis des bidons de plusieurs dizaines de litres, les préparations de solution hydro-alcoolique effectuées.

Olivier Bazalge

 


Dès la deuxième quinzaine de mars, l’UDM a été en mesure de mettre à disposition 2 500 hl d’alcool par semaine, soit l’équivalent de 6 à 7 millions de doses individuelles de 50 ml de gel hydro-alcoolique.

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