Les agriculteurs se mobilisent pour faire entendre leur ras-le-bol

Publié le 15 octobre 2019

Le 8 octobre, les agriculteurs ont manifesté leur ras-le-bol dans toute la région.

Dans tous les départements de l’ex-Languedoc-Roussillon, les agriculteurs ont répondu présent à l’appel des fédérations locales de la FNSEA et des JA.

Stop ! De Montpellier à Nîmes, en passant par Castelnaudary ou encore Perpignan, ce mot-là était dans toutes les têtes des agriculteurs réunis pour la mobilisation nationale du 8 octobre, lancée par la FNSEA, sur tout le territoire français. “France, veux-tu encore de tes paysans ?” Tel était le mot d’ordre du syndicat. Un mot d’ordre vaste pour faire entendre le ras-le-bol des agriculteurs face à la déconsidération de leur métier. “Un tel dénigrement des agriculteurs, on n’avait jamais connu ça. Cela monte crescendo depuis deux à trois ans. C’est inadmissible que les agriculteurs soient accusés de tous les maux, alors qu’ils nourrissent la planète et entretiennent les paysages”, s’insurge Jean-Claude Vidal, ancien viticulteur au Pic Saint-Loup.

Il faut dire qu’entre l’agribashing, les lourdeurs administratives, les retards des paiements, les distorsions de concurrence, les accords commerciaux menaçant l’équilibre agricole, en premier lieu le Ceta et celui avec le Mercosur, les motifs de colère ne manquent pas. Mais ce qui a fini de faire déborder la coupe, c’est le projet de zones de non-traitement (ZNT). “Alors, avant de crever la bouche ouverte, il faut être réactif et montrer qu’on est là, parce que ce métier passion, on voudrait bien le faire toute notre vie”, s’exclame Rémi Dumas, secrétaire général des JA 34.

D’un département à l’autre

Pour cette mobilisation, chaque département impliqué pouvait choisir son propre mode d’action. Dans l’Hérault, la centaine d’agriculteurs mobilisée s’était donné rendez-vous à la Chambre d’agriculture, à Lattes, dès 10 h, et opté pour une opération escargot sur la rocade, de Lattes aux portes de Montpellier, pour faire ensuite le siège de FranceAgriMer. Sans oublier, une opération tractage avec distribution de flyers pédagogiques sur leurs revendications comme leurs pratiques agricoles. “La FNSEA appelait au blocage des axes routiers. Nous, on ne veut pas emmerder tout le monde. C’est pour cela que nous avons choisi une opération escargot sur la rocade”, rappelle Jean-Pascal Pelagatti, secrétaire général de la FDSEA de l’Hérault, devant les locaux de FranceAgriMer, à Montpellier. Dans la foulée de leur siège de FranceAgriMer, ils y ont été reçus, avant de rejoindre la préfecture, où une délégation était accueillie par le préfet.

Dans le Gard, à Nîmes, entre 150 et 200 personnes se sont regroupées dès 8 h devant le Mas de l’agriculture, se dirigeant ensuite vers la direction du travail, la DDTM et la Mutualité sociale agricole, déversant des fruits invendus devant les portes des bâtiments. Dans un cortège composé d’une trentaine de tracteurs, les agriculteurs ont ensuite rallié le centre-ville pour faire entendre leur colère devant la maison de la Région, la préfecture et le centre des finances publiques. C’est à ce dernier endroit que les forces de l’ordre ont utilisé des lacrymogènes suite à des échauffourées. Après avoir tenté de bloquer le giratoire Haroun Tazieff, sur l’avenue Allende, les agriculteurs ont finalement pris la direction de l’autoroute, où ils ont effectué pendant une vingtaine de minutes une opération ‘péage gratuit’ à la sortie Nîmes-Ouest.

Dans l’Aude, rendez-vous était donné au rond-point de l’entrée de Castelnaudary. En parallèle, une centaine d’agriculteurs organisait des contrôles sur l’étiquetage de l’origine des produits alimentaires dans les supermarchés, sensibilisait le grand public et les consommateurs sur ses revendications et pratiques, et distribuait gratuitement des produits locaux.

Au même moment, dans les Pyrénées-Orientales, une centaine d’agriculteurs convergeait en tracteur devant les locaux de la DDTM, à Perpignan, avant de rencontrer le préfet. Au menu : dépôt de lisier et d’engrais vert, puis grillade et cargolade.

Un nouvel appel à manifester est prévu le 22 octobre.

Florence Guilhem


OPA - Service publicManifestation FNSEA JA