Le prix des terres et prés est resté stable en Occitanie

Publié le 23 juin 2020

Le prix moyen régional des terres et prés libres, en 2019, est de 7 000 € l’hectare, soit 1 % de moins qu’en 2018.

Si les prix, en 2019, n’ont pas réellement bougé comparativement à ceux de l’année 2018, les dynamiques des marchés sur l’ensemble de la région sont assez hétérogènes. Revue de détail.

Le prix moyen régional des terres et prés libres est, en 2019, de 7 000 €  l’hectare  (1 000  € de plus que le prix moyen à l’échelle nationale, ndlr), soit une baisse de 1 % par rapport à 2018. Mais l’attractivité des territoires et la qualité agronomique des terres n’étant pas les mêmes d’un secteur à l’autre, le prix moyen des terres des 13 départements occitans peut fortement varier. Parmi les départements où les prix sont en baisse de 1 % se trouvent l’Ariège, où le prix moyen de l’hectare est de  5 170 € l’hectare, ainsi que la Haute-Garonne, avec un prix moyen de 7 840 €/ha. À noter cependant, pour ce département, des écarts de prix pouvant aller du simple au double entre les Pyrénées et le Lauragais, par exemple, selon les chiffres de la FNSafer (Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural). Le Gers est également en repli, avec un prix en baisse de 3 % en 2019, à 7 280 €/ha. Idem dans le Tarn-et-Garonne, avec un repli de 2 %, pour un prix moyen de 6 520 € l’hectare ; et dans les Pyrénées-Orientales, avec un repli de 4 %, pour un prix de 7 950 €/ha, mais avec de fortes disparités suivant les secteurs.

Des prix en hausse

À l’inverse, une légère hausse des prix est à noter dans l’Aude, où l’hectare peut se négocier à 7 150 €  (+ 1 % par rapport à 2018). Mais, au sein de ce département, la fourchette des prix suivant le secteur est fort large, puisque dans la partie Nord, la partie Sud et le secteur de montagne, le prix se situe autour de 3 000 € l’hectare alors qu’il peut grimper jusqu’à 9 000 € l’hectare dans la partie Ouest, secteur céréalier.

Parmi les autres départements enregistrant une hausse du prix moyen à l’hectare, on retrouve l’Aveyron, avec un prix moyen de 7 400 €/ha (+ 1 % par rapport à 2018) ou encore le Lot, où l’hectare se négocie en moyenne à 5 910 €/ha, en augmentation de 4 %. 

Dans l’Hérault, où la hausse des prix ne s’interrompt pas depuis 2016, notamment dans les zones irriguées, à fort potentiel agronomique, le prix moyen de l’hectare est à 9 280 €, soit une hausse de 5 % par rapport à 2018. En revanche, dans les secteurs de coteaux secs, la tendance est à la baisse. Bien que la hausse du prix moyen de l’hectare soit moindre dans le Gard, soit de 3 % en 2019, ce département décroche la première place, puisqu’il est le département  où le prix moyen de l’hectare est le plus élevé de la région, soit 10 610 €/ha. "Ce prix est stimulé par une hausse de prix toujours soutenue en plaine viticole et un fort rebond dans les Cévennes et les Causses", indique la Safer. Enfin, au palmarès des départements qui se distinguent en 2019, il faut ajouter la Lozère, dont le prix moyen de l’hectare a bondi de 30 %, même s’il reste bas, soit à hauteur de 3 890 €/ha, et "avait probablement atteint un niveau plancher en 2018", ajoute la Safer. 

Autres marchés fonciers ruraux en Occitanie

Globalement, le marché rural foncier en Occitanie s’est avéré particulièrement dynamique en 2019, avec plus de 39 000 transactions réalisées, soit une hausse de 6,7 % par rapport à 2018, pour plus de 85 000 ha et un chiffre d’affaires de plus de 3 milliards d’euros. Un dynamisme que l’on retrouve dans les différents segments de ce marché. Ainsi, pour le marché agricole accessible, la Safer Occitanie observe plus de 9 000 ventes en 2019 (+ 1,5 %) pour près de 40 000 ha (+ 0,1 %) et une valeur marchande de 527 millions d’euros (+ 2,1 %). Pour ce qui est du marché des vignes (lire Paysan du Midi du 12 juin 2020), si le Languedoc-Roussillon enregistre une baisse des ventes de 2,4 % en 2019, celles qui ont été réalisées portent  sur 5 200 ha, soit une hausse de plus de 3 %, pour une valeur totale de 66 millions d’euros (- 1,8 %). À l’inverse, le Sud-Ouest a ses ventes en hausse, soit + 5,3 %, pour une surface de 700 ha et une valeur de 9 millions d’euros. 

Pour ce qui est du marché destiné à l’urbanisation, il dépasse les 6 000 ha en 2019, repartant à la hausse et montrant, au passage, toutes les limites des outils en place pour limiter l’artificialisation des terres. Sur ces 6 000 ha, la moitié est répartie entre le Gard, l’Hérault et la Haute-Garonne en raison du dynamisme économique de ces départements et de l’attractivité du littoral pour les deux départements de l’ex-Languedoc-Roussillon. À la hausse, le marché des maisons de campagne l’est aussi. Enfin, pour ce qui est du marché des forêts en Occitanie, il se caractérise par une grande stabilité avec 1 532 ventes en 2019 contre 1 501 en 2018, pour des surfaces quasiment similaires (10 999 ha en 2019 contre 10 799 ha en 2018).  

L’effet Covid-19

Si, d’un segment de marché à l’autre, le dynamisme est la caractéristique commune, "la progression du marché de l’espace rural est surtout tirée par les transactions bâties (+ 6,7 %) en nombre et  en valeur (+  3,3 %)", conclut Christian Roussel, directeur opérationnel de la Safer Occitanie. Le Covid-19 peut-il jouer les trublions dans cette progression ? Si la Safer Occitanie a observé une baisse des notifications de 65 % du 16 mars au 10 avril, puis moindre en mai (- 25 %), "la ruée vers le rural se confirme et il n'y a pas de désertions de la part des porteurs de projet", commente Frédéric André, directeur général de la Safer Occitanie. Avant de relever que, paradoxalement, les exploitations agricoles qui ont été beaucoup fragilisées par la pandémie sont celles qui pratiquent la vente directe. Puis d’ajouter : "Il nous faudra avoir une vigilance sur la transmission des exploitations viticoles après les vendanges, car celles qui étaient déjà en difficulté avant la pandémie risquent de ne pas passer le cap." 

Florence Guilhem


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