Le GAT poursuit sa tournée dans l’Est-Hérault

Publié le 29 octobre 2019

Le GAT Est-Hérault a permis à Jérôme Despey de faire un point sur différents dossiers, dont le renvoi à Bruxelles de 15 M€ de crédits liés à l’OCM vitivinicole.

Après un passage le mois dernier dans les hauts-cantons autour des thématiques propres aux éleveurs, le GAT (groupe d’actions territoriales), mis en place par la Cham-bre d’agriculture, s’est réuni le 21 octobre à Saint-Geniès-des-Mourgues, pour faire un focus sur les problématiques de la filière viticole.

Les filières viticole et arboricole de l’Est du département étaient invitées à Saint-Geniès-des-Mourgues, le fief du président de la Chambre d’agriculture, Jérôme Despey, pour aborder, ce 21 octobre, des sujets aussi variés que le bilan climatique de l’année et les mesures d’aide qui en découlent, les priorités politiques de la mandature, les projets autour de la ressource eau, l’intérêt des couverts végétaux, le point sur les certifications environnementales, ou encore la signature de la charte de bon voisinage. Cette réunion s’inscrit dans le cadre du groupe d’actions territoriales (GAT), mis en place par la Chambre d’agriculture de l’Hérault, afin de se pencher de manière plus fine sur les problématiques propres aux différentes entités territoriales du département. Au mois de septembre, à Ceilhes-et-Rocozels, le GAT était consacré aux échanges avec les éleveurs des hauts-cantons.

Jérôme Despey a tout d’abord rappelé à l’assistance que le renforcement de la stratégie de rentabilité économique des exploitations, la préservation de l’espace agricole, et le développement de l’agriculture locale et sa diversification figuraient comme les trois axes prioritaires de cette nouvelle mandature à la Chambre d’agriculture entamée en début d’année 2019.

Du froid avant les coups de chaud

La parole a ensuite été laissée à Guilhem Vigroux, secrétaire général de la Chambre et président du comité RQD, pour présenter le bilan de l’année culturale 2019 à l’échelle du département. “Aussi étonnant que cela puisse paraître en cette année marquée par des pics de chaleur inédits, des coups de froid ont été enregistrés avant l’épisode caniculaire du mois de juin. Certains bas-fonds ont été touchés à divers degrés et cela a aussi pu impacter les récoltes”, a-t-il commencé. Tout le monde garde en tête l’intensité étouffante du pic de chaleur de la fin juin, “avec des brûlures constatées sur raisins, pommes, melons et autres”, souligne l’élu de la Chambre, mais les conséquences de cet épisode exceptionnel restent encore à affiner, tant les facteurs culturaux ont pu accentuer ou tempérer les effets de ce pic de chaleur. “Nous souhaitons prendre le temps d’analyser au mieux le phénomène pour pouvoir émettre des recommandations pratiques, si cela venait à se reproduire : rognage, travail du sol, traitements, etc.”, a repris Guilhem Vigroux. Les chiffres à disposition ne sont que déclaratifs et indiquent 1 064 ha impactés (dont 921 ha de vignes) à travers l’Hérault.

Les dispositifs d’aide pour les exploitants touchés (exonération de TFNB, prise en charge partielle de cotisation MSA, mesures bancaires, dispositifs Région, état, Agri Ensemble) “ne compensent pas les pertes, mais visent essentiellement à préserver la trésorerie pour permettre la prochaine remise en culture”, souligne Jérôme Despey.

Le secrétaire général, Guilhem Vigroux, ajoute toutefois que le facteur le plus important ayant influencé la diminution des volumes récoltés cette année reste l’effet sécheresse, précisant que “seuls 34 jours de pluie ont été enregistrés entre janvier et août. Selon les secteurs, ce sont entre 32 et 69 % d’eau en moins mesurés. Mais au sein d’une même zone, les effets sont très hétérogènes. On a ainsi pu voir qu’une vendange plus tardive et des sols plus profonds ont permis de diminuer l’impact de la sécheresse sur les volumes.”

Accès à l’eau et irrigation, enjeux majeurs des années à venir

Parler de sécheresse a naturellement conduit à la problématique de l’accès à l’eau pour les exploitants du département. “Sans sécurisation de l’accès à cette ressource eau et un important travail d’extension du réseau, des terres agricoles disparaîtront. Même si le département a lancé un important plan d’investissements de 310 M€, les agriculteurs devront participer au financement pour accéder à l’eau. Si nous ne menons pas ce travail d’extension du réseau, de retenues hivernales ou d’accès à l’eau de retraitement des eaux usées, les pertes de potentiel de production seront importantes”, a argumenté Jérôme Despey.

Olivier Bazalge


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