Le développement durable des vins responsables

Publié le 25 avril 2019

Les intervenants se sont relayés pour évoquer les enjeux et potentiels de développement de la démarche durable et responsable dans l’ensemble de la filière viticole.

L’association Vignerons en Développement Durable organisait les 28 et 29 mars les 6es rencontres VDD à Tavel et Vacqueyras, seul évènement Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dédié à la filière vin. A cette occasion, une conférence “RSE, Vin... et demain ?” a entrepris de balayer les perspectives et enjeux, mais aussi les évolutions futures ou l’impact commercial de la démarche RSE pour la filière vin.­­­­

Regroupant en collectif 6 200 vignerons et 1 100 salariés dans huit régions viticoles, pour 90 AOP en France, l’association Vignerons en Développement Durable (VDD) avait placé ses 6es rencontres VDD sous le signe de l’innovation au service du vigneron. Le rendez-vous, participatif et interactif, a alterné ateliers thématiques, tables rondes, démonstrations dans le vignoble, et même un escape game pour ajouter un côté ludique à la manifestation. Pour inspirer les adhérents et renforcer leur démarche sur la voie du label, une conférence “RSE, Vin... et demain ?” a rassemblé des intervenants parties prenantes dans l’action RSE à différentes échelles. En sa qualité d’institutionnel, Sylvain Boucherand, le président de la plateforme RSE (installée par le Premier ministre au sein de France Stratégie en juin 2013) a ouvert cette conférence. Par ailleurs directeur du cabinet de conseil B&L évolution, il a précisé un point de situation autour des attentes des parties prenantes et de la société. “Pourquoi la RSE ? Quels sont les liens de l’entreprise avec l’environnement ? En quoi préserver la nature peut créer de la valeur pour l’entreprise ?” a-t-il interrogé pour introduire son propos. “Avant de parler de climat, soulignons que nous sommes aujourd’hui dans une autre crise majeure, celle de la 6e extinction de la biodiversité, avec une érosion générale des populations. Ces destructions, ajoutées aux pollutions, ont un coût important pour la société. Les insectes sont ainsi à la base de nombreuses chaînes alimentaires et de la pollinisation, et c’est l’ensemble de l’environnement qui est concerné par leur disparition.” La surconsommation des ressources est également très défavorable au fonctionnement des écosystèmes : eau, minerais et métaux rares, énergies fossiles sont largement concernés. Malgré l’amélioration de l’efficacité énergétique, les énergies fossiles émettent qui plus est beaucoup de CO2 et contribuent au réchauffement climatique. “Pour le cas particulier de la viticulture, ces modifications environnementales peuvent aller jusqu’à la remise en question de la définition même des terroirs”, souligne encore Sylvain Boucherand.

Les consommateurs au centre du jeu

Les enjeux sociaux de gaspillage alimentaire, pauvreté, inégalité hommes-femmes ou a contrario une attractivité des conditions de travail créent une appétence des travailleurs pour la démarche RSE. “Les attentes des consommateurs sont réelles, l’actualité regorge d’évènements en ce sens. Comment l’entreprise peut-elle intégrer toutes ces attentes pour se développer de manière responsable ? La réglementation est un support important pour inciter les entreprises, mais cela reste un socle minimal. Ce sont les entreprises qui doivent s’engager pour devenir leaders et créer une dynamique vers la RSE. C’est exactement ce qui rend cette démarche des rencontres VDD primordiale pour complémenter la simple base réglementaire”, affine encore Sylvain Boucherand. Directrice marketing chez Verallia, Héloïse François a pris la suite en présentant les résultats de l’étude annuelle “Vin et Sens” menée par le verrier. Après avoir abordé par le passé les enjeux du digital, les rapports des jeunes au vin ou encore les neurosciences, Verallia a souhaité en 2018 disséquer les tendances et attentes pour la RSE dans la filière viticole. “Où en est le vin responsable aujourd’hui, et comment évoluera son marché ? Quelles actions pour permettre sa croissance ? Quel rôle peut jouer l’emballage dans ce développement ?”, a questionné Héloïse François pour situer les axes de réflexion de l’étude. Qu’en ressort-il ? D’abord que les professionnels associent la notion de responsabilité principalement à des critères environnementaux, d’autant plus lorsqu’un label valide cet engagement. Alors que côté consommateurs, la notion est plus large, en associant la dimension équitable pour le producteur.

Olivier Bazalge

 


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