La tournée du GAT est repartie dans l'Hérault

Publié le 26 octobre 2021

A Bassan, Jérôme Despey a déroulé en détail les mesures disponibles pour les exploitants suite aux dégâts causés par le gel d’avril. © O. Bazalge

Le Groupe d’action territoriale (GAT) de la Chambre d’agriculture de l’Hérault est de retour en ce début d’automne. En allant à la rencontre des exploitants du territoire, le président de la Chambre d’agriculture a souhaité faire un retour détaillé sur le bilan du gel et l’ensemble des mesures adoptées en faveur du secteur.

La tournée sectorielle du Grou-pe d’action territoriale (GAT), qui se déplace au sein des différents bassins de production du département a été entamée ce vendredi 15 octobre à Bassan, pour le Biterrois. Comme chaque année, tous les secteurs héraultais auront successivement leur rencontre avec le président de la Chambre d’agriculture, Jérôme Despey, du Cœur d’Hérault au Haut-Languedoc, en passant par la Gardiole, le Piscénois ou le Minervois.

Cette année, l’épisode de gel occupe bien évidemment le devant de la scène, tout comme les dispositifs de soutien mis en place, ainsi que les conséquences plus globales du changement climatique.

C’est donc par un bilan consolidé des conséquences sur les cultures du gel des 7 et 8 avril derniers que Jérôme Despey a entamé son intervention, tout en rappelant aux plus distraits que les aléas climatiques avaient frappé presque chaque année sur le territoire au cours de la dernière décennie. “La perte du potentiel de production est considérable, à hauteur de 40 % en moyenne dans le département. Ce sont 3 133 exploitants sinistrés pour 43 075 hectares de surfaces atteintes, dont 38 105 ha de vignes. Cela représente donc 67 % des surfaces exploitées dans l’Hérault, 56 % des surfaces de vignes cultivées, même si certaines zones du Minervois et de l’est du département ont été plus préservées”, déroule-t-il.

Fonds d’aide et TFNB dégrévée

Et comme le GAT reste avant tout un outil de pédagogie auprès du cœur exploitant du territoire, le président de la Chambre consulaire a repris dans le détail l’ensemble des mesures mises à disposition des exploitants suite à l’impact exceptionnel de ce gel.

Ce sont les mesures nationales qui ont été actées le plus rapidement, avec la priorité accordée au fonds d’urgence départemental à destination des situations les plus délicates. “Cette mesure d’urgence a permis de verser très rapidement 1 500, 3 000 ou 5 000 € à 417 dossiers éligibles dans le département. Ce fonds d’aide de l’état a pu être abondé à hauteur de 1,146 M€, dont 573 000 € par la Région”, récapitule Jérôme Despey.

Ensuite, le dégrèvement de la TFNB (taxe sur le foncier non bâti) est automatique pour la vigne et l’arboriculture. Les communes qui n’encaissent pas cette taxe seront dédommagées par l’état, et Jérôme Despey indique que cette substitution de l’état pourrait être renouvelée en 2022 ou 2023. Le taux de dégrèvement est établi au niveau communal pour la viticulture et si une situation individuelle est moins favorable que ce taux communal, une déclaration individuelle auprès des services fiscaux permettra une prise en charge plus favorable.

La prise en charge des cotisations sociales est un autre volet de ces mesures nationales, au même titre que le fonds de calamités agricoles. “La viticulture y est exceptionnellement éligible. Pour les assurés, un rachat de franchise de 2,5 % sera financé par l’état”, confirme le président de la Chambre d’agriculture.

Département et Région en soutien

Aux côtés de ces mesures nationales, il tient également à souligner le fonds de solidarité abondé à hauteur de 5 M€ par le Conseil départemental, dont 1 M€ en faveur des arboriculteurs. “Ce fonds, qui va fonctionner comme une aide aux surcoûts opérationnels, de charges fixes ou de surcoûts de vinification, est soumis aux règles européennes des minimis. Pour les vignerons, les communes peuvent également décider pour ce fonds, afin d’apporter un complément d’aide aux viticulteurs de leur territoire. Je peux vous dire que les départements voisins nous regardent avec beaucoup d’envie”, défend Jérôme Despey.

En plus de participer au fonds d’urgence de l’état, la Région maintiendra ses aides à la plantation des vignes prévues en 2021 en faveur des jeunes agriculteurs, même si les jeunes plants ont été gelés.

Olivier Bazalge


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