‘L’or brille même dans la boue’ urbaine

Publié le 30 avril 2019

Les boues issues de lagunage correspondent à une catégorie particulière de boues liquides qui n'ont pas subi de traitement (déshydratation, chaulage...). C'est une technique en eau libre : les eaux usées sont envoyées dans des bassins successifs, dan

Lors d’une journée d’échanges autour de la valorisation agricole des boues urbaines, le réseau Mese Occitanie a permis de mieux cerner les enjeux liés à cette thématique. Cette valorisation offre des perspectives autant agronomiques qu’économiques et écologiques pour les résidus d’eaux usées urbaines.

Mese, sous cet acronyme désignant les Missions d’expertise et de suivi des épandages se cachent les organismes indépendants, encadrés par un arrêté préfectoral, garantissant la sécurité de la filière épandage. Soutenues par la profession agricole et les Agences de l’eau (Rhône-Méditerranée-Corse et Adour-Garonne), ces Mese ont pour mission d’expertiser les aspects agronomiques des épandages, en complément de l’instruction réglementaire des DDTM. Portées par les Chambres d’agriculture, les Mese contribuent à améliorer les pratiques d’épandage, en accompagnant les acteurs de la filière. Elles assurent, de plus, la traçabilité et la transparence des épandages. Afin de répondre à des problématiques et à des acteurs communs, les Mese de l’ex-région Languedoc-Roussillon se sont liées, en 2015, en réseau interdépartemental, devenu en 2016 le réseau régional des Mese d’Occitanie, pour homogénéiser les références, et renforcer la fiabilité de la filière d’épandage de la région. Outils internes, références techniques et guides méthodologiques ont été créés en ce sens. L’épandage agricole des boues et composts de boues de stations d’épuration représente, aujourd’hui, la filière principale de valorisation de ces déchets en Occitanie. Le réseau Mese d’Occitanie organisait ainsi le 11 avril, à la Chambre d’agriculture de Carcassonne, une journée dédiée à la valorisation agricole des boues urbaines et composts de boues.

Une utilisation très réglementée

Ouverte par Marie-Hélène Forest et Alain Halma, des directions respectives des Chambres d’agriculture de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, puis clôturée par Dominique Colin, directeur de la délégation montpelliéraine de l’Agence de l’eau RMC, cette journée a permis aux intervenants d’échanger autour des enjeux techniques, agronomiques, économiques, mais aussi environnementaux et sociétaux de cette filière. “Tous les déchets organiques ne font pas partie du champ d’intervention de la Mese”, a, d’emblée, précisé Marie Castagnet, animatrice de la Mese de l’Hérault. “L’arrêté préfectoral prévoit une possibilité ‘d’expérimentation’ sur d’autres types de déchets, en fonction des besoins du territoire. Mais ce sont les boues et effluents urbains et industriels relevant du régime ICPE (protection de l’environnement) ou IOTA (protection de l’eau), et faisant l’objet d’un épandage agricole qui sont concernés par le suivi de la Mese.” L’utilisation des boues d’épuration est, avant tout, soumise au respect d’une réglementation très stricte. “Des critères de qualité et d’innocuité, ainsi que des bonnes pratiques agricoles doivent être respectés. La réglementation française interdit ainsi de déposer des boues extraites d’une station d’épuration communale sur des terrains, quels qu’ils soient, sans avoir au préalable réalisé une étude d’épandage”, détaille-t-elle encore. Cette étude concerne à la fois la conformité analytique des boues et la vérification de l’aptitude des sols à recevoir un épandage. “L’acidité, la teneur en métaux lourds, la capacité de drainage ou la distance des habitations sont quelques-uns des critères déterminant la possibilité d’épandre sur une parcelle”, poursuit Stéphanie Rubio, de la Mese de l’Aude.

Olivier Bazalge


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