L’Œnothèque du Département de l'Hérault fête ses dix ans

Publié le 12 juin 2019

10 références (soit 28 vins) ont été choisies pour attiser les papilles de quelques passionnés, à l’occasion d’une dégustation au Château de Flaugergues, pour fêter les dix ans de l’Œnothèque d’Hérault.

C’est au magnifique Château de Flaugergues à Montpellier, que le Conseil départemental de l’Hérault avait donné rendez-vous pour une dégustation d’une sélection d’une vingtaine de vins de l’Œnothèque d’Hérault.

“Avec notre Œnothèque, nous avons pour mission d’évaluer le potentiel de garde des vins de l’Hérault”, explique, en préambule, Gisèle Soteras, responsable de l’Œnothèque d’Hérault au Conseil départemental. Depuis 2012, le Département mène en effet une initiative unique en France pour valoriser le travail réalisé depuis 30 ans par les viticulteurs héraultais pour améliorer la qualité de leurs vins. A l’abri de la lumière, à une température et une humidité constantes, 172 références de vins rouges, soit 3 500 cols, sont conservées au sous-sol des archives départementales de Pierrevives à Montpellier. Un lieu emblématique du savoir et de la mémoire.

Pour ce projet, le Département a lancé un appel à candidatures pour acquérir, auprès de domaines particuliers et caves coopératives, des cuvées considérées comme ayant une belle capacité de vieillissement. Trois millésimes ont ainsi été sélectionnés : 2009, 2012 et 2013, selon trois critères : vin rouge, de l’Hérault, et vin de garde. Le Conseil départemental a acheté ces vins au prix départ cave. “C’est une expérimentation unique en France, et dans le monde”, insiste Gisèle Soteras. “Elle représente l’ensemble du département, à 80 % pour les AOC et à 20 % pour les IGP.” L’Œnothèque n’est pas un concours. “Nous souhaitons voir l’évolution de ces vins quel que soit le terroir, et définir ainsi que les vins de l’Hérault peuvent être des vins de garde”, précise la responsable.

Une commission de dégustation pour déterminer le potentiel de garde

Chaque année, en novembre, une commission de dégustation regroupant plus d’une trentaine d’experts (œnologues, sommeliers, dégustateurs et chercheurs) se réunit pour déguster à l’aveugle les vins de l’Œnothèque, en utilisant une fiche de dégustation multicritères. En mai 2017, un groupe de travail restreint a été créé pour accompagner le Département dans l’analyse des résultats. Celui-ci se réunit trois fois par an. Il est composé de : Yves Euzet, président de la cave coopérative “Les vignerons du Pic” à Assas ; Jean-Philippe Granier, directeur technique du Syndicat AOC Languedoc ; François Henry, du Domaine Henry à Saint-Georges-d’Or-ques ; Jean Guizard, du Domaine Guizard à Lavérune ; Michel Escande, du Domaine Borie Maurel à Félines-Minervois ; Valérie Guizard, de l’ICV ; Marc Esclarmonde, œnologue, et Jean-Luc Trinquier, dégustateur. Les résultats majeurs de l’analyse démontrent ainsi qu’en 2018, 80 % des vins provenant du millésime 2009 ont encore une capacité de garde dans l’avenir. Ainsi, grâce à ces résultats, les vignerons peuvent faire évoluer l’élaboration de leurs vins. En parallèle, une étude du bouchon a été réalisée par le laboratoire d’analyses ICV. Chaque bouteille est dégustée par cinq dégustateurs selon une fiche de dégustation élaborée avec la profession. Présent lors de la dégustation, Thierry Boyer, sommelier conseil du Département, rappelle que le vin de garde est construit par le vigneron, et constitue la qualité intrinsèque de ses vins. Il représente le prestige, les grandes appellations, la réputation, la chèrté et la rareté. Il est ainsi intéressant, par cette dégustation à l’aveugle, de démontrer qu’il y a cette capacité à la garde, c’est-à-dire le fait de savoir que ces vins traversent le temps.

Aujourd’hui, le Département cherche à étendre son champ d’action, et vient de réaliser une enquête auprès de 140 domaines pour rechercher des œnothèques privées dans tout l’Hérault, afin de partager les expériences. Le but ultime de l’Œnothèque est, avant tout, de publier une synthèse et une analyse collective, et de transmettre ces résultats aux vignerons concernés quant à la capacité des vins héraultais à bénéficier d’un potentiel de garde.

Anne-Solveig Aschehoug


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