L’écho des vendanges : Hérault

Publié le 01 septembre 2020

© CC Les Vignerons de Florensac

La grosse taille des baies se confirme : + 30 % par rapport à 2019

S'il y a un paramètre remarquable qui caractérise le millésime 2020, c'est bel et bien la taille des baies dans l’Hérault, ainsi que dans tout le Languedoc-Roussillon. "On a des baies énormes, avec une taille de + 30 % par rapport à l'année dernière à degré potentiel comparable", précise Thomas Gautier, consultant viticole du groupe ICV, au centre œnologique de Montpellier, dans l'Hérault. 

Autre point capital : si l'on ne frôle pas la catastrophe pour ce qui est de l’état sanitaire des vignes, "celui-ci est toutefois assez fragile", ajoute le conseiller viticole. En cause ? Après les dégâts du mildiou et de l’oïdium, variables selon les secteurs, les premières attaques de pourriture (botrytis et d’aspergillus) se sont ajoutées du fait de la persistance de l’humidité, notamment en raison du vent marin, durant les trois premières semaines d’août. Mais avec le retour du mistral et de la tramontane, cela devrait assainir le vignoble et aider, de surcroît, à la maturité des vins rouges.

Comme chaque année, les vendanges ont débuté autour de Béziers par les blancs dédiés aux pétillants dans la semaine du 10 août. À compter du 17 août, les premiers coups de sécateur ont été donnés pour les sauvignons et chardonnays sur le littoral et les basses plaines de l’Hérault. Les rosés ont démarré cette semaine du 24 août, surtout la syrah. Certains  blancs et rosés devraient être définitivement récoltés d’ici la fin du mois (sauvignon, chardonnay, syrah) ou début septembre. "Pour la syrah, on observe une avance de 15 jours", note Stéphane Roques, directeur de la cave coopérative Les Vignerons de Florensac. "En revanche, pour les rouges, la récolte ne devrait pas se faire avant le 14 ou le 21 septembre. On s’attend donc à avoir un passage à vide entre la récolte des rosés et des rouges, ce qui est toujours délicat pour les viticulteurs", ajoute Thomas Gautier. S’il est difficile d’établir des prévisions de récolte dans un scénario où aucun incident climatique ne se produit, selon le conseiller viticole, celle-ci laisse présager une année quasiment comparable à 2018, "juste un peu moins bonne que cette année-là". Pour la cave coopérative de Florensac, son directeur espère le retour d’une récolte normale, soit autour de 50 000 hl, contre 41 000 hl en 2019, mais en dessous certainement des 60 000 hl de 2018.

Bons rendements en jus et potentiel phénolique

Entre les pluies printanières, la chaleur et la lumière, les feuillages se sont développés, donnant du coup de bons potentiels de sucre et donc d’alcool. "On devrait avoir de bons équilibres entre l’acidité et les sucres, et la taille des baies est bonne pour le rendement en jus", indique Thomas Gautier. De bons niveaux de tanins et de polyphénols sont à prévoir pour les rouges, mais "il faudra attendre qu’ils mûrissent pour avoir de la bonne qualité", assure-t-il. "Avec les conditions climatiques que l’on a eues jusqu’à présent, les raisins sont très beaux, avec beaucoup d’arômes.  La maturité se poursuit, ainsi que l’acidité du raisin. La fraîcheur sera également au rendez-vous. On a aussi une bonne ressource malique. Cela nous promet des vins intéressants, d’une meilleure buvabilité en raison de degrés d’alcool qui ne seront pas hallucinants", conclut Stéphane Roques. 

Florence Guilhem


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