L’écho des vendanges : Gard

Publié le 01 septembre 2020

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Grosses baies mais des disparités

La précocité a globalement touché toutes les parcelles gardoises. Hormis quelques chardonnays, viogniers et muscats début août, le démarrage s’est opéré aux alentours du 15 août et la semaine suivante, sauf en appellation, soit une avance d’une semaine à 10 jours. En ce début de semaine, la récolte des blancs vendangés vers le 10 août s’achevait. Globalement, de grosses baies sont observées, malgré une disparité de rendement. "Ceux qui n’ont pas été affectés par le gel de mars ont des rendements confortables, mais dans les secteurs touchés au nord, ils sont de faibles à moyens", note Bernard Genevet, consultant viticole à l’ICV Gard. 

Les degrés ont grimpé régulièrement sur les deux semaines de récolte, en fonction des objectifs visés. "De rares parcelles demeurent, mais sur des produits haut de gamme", note le consultant. L’équilibre sucre/acidité se tient "dans la norme de ces dernières années, plutôt intéressant". Le gel aura tout de même causé une hétérogénéité de la vitesse de maturation sur IGP. En appellation, les grenaches blancs et autres roussannes étaient ramassés cette dernière semaine d’août. Mêmes constats sur les rouges, marqués par la précocité et une bonne taille de baies. Les vendanges se sont accélérées à compter du 24 août, après une transition des rosés, présentant "de bons rendements en jus cette année". À surveiller, le manque de concentration, notamment en sélection parcellaire. 

Moins fort que dans l’Aude et l’Hérault, le mildiou a causé quelques pertes, mais rien de significatif. Quant à la pourriture, c’était encore correct au 25 août. La tordeuse de la grappe est toutefois à suivre de près, notamment au sud, surtout si la pluie s’invite. 

Hétérogénéité marquée 

Si tout a "globalement bien mûri", l’hétérogénéité prédomine, selon la charge des grappes. "Le gel a discriminé le vignoble quant au rendement et à la maturation", analyse Bertrand Genevet, en particulier sur chardonnay et grenache dans le secteur rhodanien. Attendue "au mieux" dans des volumes moyens mais supérieurs à 2019, la récolte gardoise devrait se situer dans la fourchette basse, sous la barre des 3 Mhl. 

Plus important producteur de Côtes du Rhône en volume, Maison Sinnae a attaqué avec 10 jours d’avance, et n’avait récolté qu’environ 100 t (chardonnay, sauvignon) au 24 août, mais son directeur général confirmait déjà cette tendance hétérogène due au gel. Sur les cépages les plus précoces, les parcelles touchées accusent des pertes de "50 à 80 %", estime Philippe Amphoux, soit un impact en cave de "20 à 75 %". Après avoir débuté les vendanges le 19 août (chardonnay, sauvignon, muscat), et les premiers rosés IGP, entre 12 et 13°, les Côtes du Rhône blancs ont suivi, avec des viogniers et roussannes "de belle maturité". 

Si certaines parcelles n’étaient pas encore à maturité, le potentiel d’acidité s’avère intéressant, indique le directeur, qui attendait l’arrivée de la syrah en IGP en fin de semaine, après le viognier et des merlots précoces. Les hauts de gamme de la Maison Sinnae seront récoltés la semaine suivante. Prévoyant une récolte proche des 90 000 hl (contre 101 000 hl en 2019), il se félicite d’une bonne maîtrise du mildiou sur la zone, et prévoit un millésime de qualité, doté blancs "bien fruités".  

Philippe Douteau


Gard