L’Arjolle prend le temps, mais surveille ses tardifs

Publié le 23 octobre 2021

Roch Teisserenc, Domaine de l’Arjolle, à Pouzolles. © DR

Au cœur des Côtes de Thon-gue, les 104 hectares de vignes du Domaine de l’Arjolle s’articulent au sein des communes de Pouzolles, Margon, Roujan et Alignan-du-Vent. Aux côtés de ses associés familiaux, Roch Teisserenc s’occupe des vignes et de la vinification sur le site de Margon.

“40 % de notre vignoble est occupé par des blancs, et nous ventilons les 60 % de cépages noirs sur les rouges et rosés. Nous avons commencé les vendanges des premiers muscats et chardonnays au 15 août. Si les conditions permettent d’attendre les cabernets-sauvignons jusqu’au bout, nous finirons le 15 octobre. Ces deux mois complets de vendanges sont une constante chez nous”, pose Roch Teisserenc.

La totalité de la production est commercialisée sous l’IGP Côtes de Thongue, à l’exception de quelques hectares de zinfandel, carménère ou G9 (résistant Bouquet) produits en Vins de France.

Comme dans la plupart des secteurs, le gel a causé des dégâts conséquents dans le vignoble de l’Arjolle, essentiellement sur chardonnay (70 % de pertes) et sur merlot (- 50 %), mais la perte globale devrait finalement être relativement tamponnée par un rattrapage observé sur les autres cépages. “D’autres cépages qui n’ont pas gelé, comme le viognier ou la syrah, ont été assez productifs. C’est un effet que l’on a noté avec la succession de petites pluies qui ont apporté une trentaine de millimètres à chaque fois, même si les réserves hydriques hivernales étaient assez basses”, reprend l’exploitant de l’Arjolle.

Peu de raisins abîmés

L’hétérogénéité des maturités a été le facteur le plus délicat à maîtriser dans la propriété basée en Côtes de Thongue, qui est rentrée dans le dernier tiers des vendanges cette semaine à cause d’états sanitaires menaçants. Pour pallier à ces maturités hétérogènes, l’Arjolle a fait le choix de faire appel à la thermovinification en prestation pour les rouges les moins mûrs, dans le but de gommer les côtés herbacés des sous-maturités, mais aussi pour faciliter l’élaboration de ses cuvées sans soufre. “Les pluies du 25 septembre ont fragilisé certains rouges qu’on aurait aimé attendre un peu plus. Nous les surveillons chaque jour, mais il a fallu rentrer cette semaine les cabernets francs, finir les syrahs et rentrer les merlots que nous cueillons en double passage”, ajuste Roch Teisserenc, qui espère pouvoir tenir les cabernets-sauvignons jusqu’au 5 octobre.

Pour laisser mûrir ses merlots destinés aux cuvées haut-de-gamme, l’Arjolle effectue en effet une première récolte pour les vinifier sur le fruit, avant un 2e passage deux semaines plus tard à maturité poussée.

Dans le reste du département, une grande partie de la récolte est à présent achevée, en particulier dans les zones précoces de plaine et littorales.

Comme à l’Arjolle, c’est l’état sanitaire qui guide le rythme d’entrée des raisins ramassés et Thomas Gautier, consultant viticole de l’ICV, fait remarquer que la situation diffère quelque peu selon la situation géographique dans l’Hérault. “C’est un peu moins tendu dans l’Ouest que dans la partie Est, qui a subi les fortes pluies de l’épisode méditerranéen gardois. L’Ouest est passé plus entre les gouttes, si bien que les états sanitaires sont moins inquiétants”, décrypte-t-il. Il indique ainsi que dès que l’état sanitaire décroche, il faut réagir très rapidement, car les baies sont prêtes à éclater et les degrés peinent à monter. “Il faut cependant souligner que la petite récolte a permis aux vignerons d’être plus réactifs avec des raisins qui rentrent par conséquent en bon état et peu dégradés sur le plan sanitaire”, termine Thomas Gautier.

Olivier Bazalge


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