L’AOC Picpoul de Pinet prend un coup de jeune

Publié le 04 mai 2021

Céleste Renault, coordinatrice de l’AOC Picpoul de Pinet : "C’est une jeune appellation pleine de promesses, avec tous ces jeunes qui reprennent des domaines, et qui sont impliqués dans le collectif." © AOC Picpoul de Pinet

Pour défendre et développer les couleurs du Picpoul de Pinet, reconnu en AOC en 2013, le syndicat de l’appellation a créé un poste de coordinatrice qu’il a confié à Céleste Renault, juriste de formation.

Avec ses 1 500 hectares, et une production annuelle d’environ 10 millions de bouteilles, l'appellation Picpoul de Pinet est l'une des plus petites en taille au sein de la famille AOC du Languedoc. Petite, en effet, mais "costaude", puisqu’elle représente 85 % des vins blancs du Languedoc exportés, et 65 % au sein de l’appellation, dont 57 % de bouteilles sont vendues au Royaume-Uni. Une popularité qui dépasse donc largement les frontières hexagonales, mais qui n’empêche pas l’appellation d’avoir le désir de développer le réseau CHR en France, qui représente la portion congrue des bouteilles vendues, hormis pour certaines caves particulières. 

Structuré autour de 4 caves coopératives (Pinet, Florensac, Pomérols et Montagnac) et 24 caves particulières, l’ODG Picpoul de Pinet était à la recherche d’une personne en capacité de "catalyser et créer des synergies en interne", dixit celui qui s’est battu pour le passage du Picpoul de Pinet en AOC, Guy Bascou. La jeune appellation a parié sur la jeunesse en nommant Céleste Renault, 23 ans à peine, coordinatrice de l’AOC Picpoul de Pinet.

Développer l’image de l’appellation sur tous les fronts

Après un master 1 en droit international et européen, à Aix-en-Provence, puis un master 2 en droit du vin et des spiritueux, à Reims, cette Paloise d’origine comprend réellement les enjeux liés aux AOC et la place fondamentale occupée par les syndicats viticoles dans la filière lors d’un stage de six mois en tant que juriste au sein du Syndicat des vignobles de la Côte Vermeille, à Banyuls. 

Sa nomination en tant que coordinatrice du syndicat de l’AOC Picpoul de Pinet s’inscrit dans cette même voie, "qui représente pour moi la meilleure manière de se faire entendre collectivement, pour défendre et faire grandir son appellation", explique Céleste Renault. Un challenge qu’elle a hâte de relever, d’autant que "c’est une jeune appellation pleine de promesses, avec tous ces jeunes qui reprennent des domaines, et qui sont impliqués dans le collectif", se réjouit-elle.

Outre la gestion et l’animation de la vie syndicale, elle aura aussi pour autre mission de développer sa présence sur les réseaux sociaux comme au travers de manifestations événementielles. Jusqu’ici uniquement présent sur Facebook, le syndicat le sera bientôt également sur Instagram et Linkedin. Une newsletter sera aussi diffusée, d’abord en interne, puis plus largement par la suite. 

Quant au site internet, il aura aussi droit à un coup de jeune, avec une nouvelle version bientôt mise en ligne. "Nous avons travaillé sur une nouvelle identité et de nouveaux visuels pour rafraîchir l’image collective de l’appellation. Ce sera plus moderne et plus jeune", détaille-t-elle. Il en sera fait de même pour le logo, "qui sera plus épuré, plus jeune, et qui reprendra les codes de la mer", ajoute-t-elle. Côté événementiel, une commission de travail sur la communication planche sur un événement qui se répèterait dans l’année, en associant des chefs cuisiniers lors de manifestations alliant mets et vins élaborés autour de cet unique cépage qu’est le piquepoul blanc sur ce "terroir si spécifique et unique en son genre", défend-elle déjà. Une unicité qui pourrait voler en éclats avec le projet de la ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan.

Le dossier épineux de la LGV

Sur les trois propositions de tracé faites, " pour nous, c’est la pire qui a été retenue", dit-elle. Selon ce tracé, la ligne passerait en plein cœur de l’appellation sur 70 ha. Or, les viticulteurs ont planté la totalité des parcelles comprises dans l’appellation. Ce qui serait un véritable coup de grâce pour les viticulteurs et vignerons de l’appellation, puisque le terroir ne peut être transposé ailleurs, et qu’il s’agit "d’un seul cépage qui ne va que dans ce terroir", martèle Céleste Renault. Une valeur sûre pour laquelle l’appellation est prête à se battre bec et ongles. 

Florence Guilhem


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