L’AOC Languedoc Saint-Drézéry met le feu

Publié le 20 juillet 2022

Avec l’extension de son aire géographique, la surface va passer à près de 264 ha classés en AOC Languedoc Saint-Drézéry. © Mas d’Arcaÿ

Le 14 juillet, l’AOC Languedoc Saint-Drézéry a fêté en grande pompe le bicentenaire de sa “marque à feu”, au parc du château Cambacérès. L’appellation vient d’obtenir l’extension de son aire géographique.

L’Histoire ne se répète pas toujours, et c’est tant mieux. 1762 : pour faire face à la contrefaçon grandissante des vins par les vignerons des communes voisines (Sussargues et Castries, ndlr), les États du Languedoc autorisent ceux de Saint-Drézéry à créer une “marque à feu”. Toutes les barriques sont alors marquées ‘Saint-Drézéry’ au fer rouge, avant d’être exportées, ce qui permet d’assurer l’authentification des vins du village. Cette pratique aurait été maintenue au moins jusqu’en 1822.

Deux cents ans plus tard, l’AOC Languedoc Saint-Drézéry fête le bicentenaire de sa “marque à feu”, avec les vignerons des communes de Sussargues et Castries, qui feront partie, dès la récolte de cette année, de l’appellation à la suite de l’extension de son aire géographique. Un “clin d’œil” de l’Histoire que savoure avec gourmandise le président du Syndicat de défense des vins de Saint-Drézéry, Jean Lacauste, à la tête du Domaine Mas d’Arcaÿ.

Les vins de Saint-Drézéry ont toujours bénéficié d’une excellente réputation pour leurs rouges. Après la création du Syndicat de défense des vins de Saint-Drézéry, en mai 1945, le terroir obtient, en 1951, la mention ‘Vin délimité de qualité supérieure’ (VDQS), puis celle d’AOC Coteaux du Languedoc en 1985. C’est une des plus anciennes appellations du Languedoc”, rappelle le président du syndicat.

Alors pourquoi y associer les voisins ? “L’une des caractéristiques majeures de notre appellation, c’est son sol de galets roulés, qui permet d’emmagasiner la chaleur diurne du soleil pour la restituer la nuit, favorisant ainsi une maturité optimale et une sucrosité aux raisins. Or, cette caractéristique se retrouve à Sussargues et Castries. Il y a donc une continuité territoriale sur le plan géologique, mais aussi pédologique et paysagère des terroirs de nos trois communes. C’est la raison pour laquelle, en 2012, on a demandé la révision de notre aire géographique par extension à ces deux communes“, explique-t-il.

Consolider la production

Dix ans plus tard, l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) valide la demande. Cette extension va surtout permettre à l’appellation de consolider sa production, encore confidentielle aujourd’hui (de 500 à 1 000 hl par an), autour de 1 000 à 1 500 hl, et faisant passer la surface d’aire délimitée finale à près de 264 ha (près de 179 ha à Saint-Drézéry, 44 ha à Sussargues et près de 41 ha à Castries) classés en AOC Languedoc Saint-Drézéry.

Sur ces 264 ha, 76 ha sont non plantés, ce qui constitue une réserve foncière pouvant assurer le développement de la dénomination. L’appellation comptera désormais huit domaines producteurs (Château Montel, Le Chai d’Émilien, Ellul-Ferrières, Mas d’Arcaÿ, Saint-Jean de l’Arbousier, Mas de Carrat, Vignobles Vellas, Puech Haut) et une cave coopérative (Cellier Val des Pins, à Sussargues).

L’autre chantier est la demande de la reconnaissance en cru communal, lancé au début des années 2010.”Tant que l’appellation des Grés de Montpellier, dont fait partie Saint-Drézéry, ne sera pas officiellement reconnue et établie, nous ne pourrons pas obtenir cette reconnaissance de cru. Il nous faut donc attendre. Cela devrait être fait dans le courant de cette décennie“, conclut Jean Lacauste.

Florence Guilhem

 


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