Kléber Mesquida fait sa rentrée

Publié le 24 septembre 2019

Avec le plan Hérault irrigation, le Département entend contribuer à l’enveloppe globale de 310 M€ envisagée pour donner au vignoble les moyens hydrologiques d’assurer sa pérennité.

Le président du Département, Kléber Mesquida, tenait, vendredi 13 septembre, sa conférence de presse de rentrée. L’occasion pour lui de faire un point sur les projets en cours et rappeler la mise en route du schéma Hérault irrigation, lancé fin 2018.

C’est un classique. Chaque année, au mois de septembre, le président du Département de l’Hérault convie la presse pour faire un point d’étape sur les chantiers en cours et présenter les projets à venir. Cela se passait cette année vendredi 13 septembre, à l’Hôtel du département, à Montpellier.

Après cet été sec et caniculaire, difficile de passer outre les dégâts occasionnés par cet évènement météorologique pour les agriculteurs héraultais. Le président s’est donc ému de l’impact de ces fortes températures sur les vignes. Les incendies ont également marqué cette période estivale, “avec pas moins de 120 feux déclarés depuis le mois de juin, sur un total de 176 enregistrés depuis janvier. Sans compter les caves particulières, quarante caves coopératives ont vu des vignes de leurs adhérents brûlées. Elles ont fort heureusement joué leur rôle de coupe-feu”, lance Kléber Mesquida, après avoir salué l’important dispositif de lutte déployé.

Celui-ci a été renforcé cette année par le positionnement de caméras de détection des départs de feux sur les points hauts du département, comme le Pic Saint-Loup, et la mise en service de drones équipés de caméras thermiques. “Outre son rôle majeur de coupe-feu face aux incendies, le vignoble représente, avec ses 800 M€ de chiffre d’affaires, la 2e composante majeure de notre PIB derrière le tourisme. C’est donc notre devoir de protéger les acteurs de la viticulture. D’autant que, par sa contribution indéniable à la ‘carte postale’ départementale et le développement de l’œnotourisme, son impact sur le tourisme est tout sauf négligeable”, poursuit encore Kléber Mesquida.

Le plan Hérault irrigation

Soucieux de donner le maximum de moyens possibles pour la pérennisation de cette viticulture face aux vents contraires du changement climatique, le président du Département a réitéré ses ambitions vis-à-vis du schéma Hérault irrigation voté en décembre 2018. Celui-ci fait suite à une étude, menée conjointement avec la Chambre d’agriculture et les acteurs de l’eau, qui a permis d’identifier les besoins relatifs à l’irrigation sur le territoire et évaluer les solutions envisageables.

34 500 ha sont aujourd’hui irrigués, mais 42 000 ha supplémentaires (dont 35 500 ha de vignes) ont été identifiés en besoin d’eau. “Le Département a ciblé des solutions pour 22 000 de ces 42 000 ha. 12 477 ha peuvent être desservis à partir de ressources disponibles à l’heure actuelle, 4 800 ha pourraient être alimentés grâce à l’optimisation du Salagou et d’Aqua Domitia à moyen terme. Enfin, 5 200 ha pourraient être solutionnés à long terme par la création de retenues collinaires”, nous avait précisé au mois de mai Yvon Pellet, conseiller départemental délégué à la viticulture et à l’Observatoire viticole.

Le lac du Salagou est particulièrement visé dans le cadre de l’optimisation des ressources existantes. “Il ne faut pas oublier que le Salagou a été créé à l’origine pour les agriculteurs. Le lac est maintenant un important pôle d’attraction touristique et nous ne nous en plaignons pas, mais des solutions sont envisageables pour solliciter davantage son eau en direction de l’agriculture sans toucher à son attrait touristique”, avait rappelé Yvon Pellet.

Investir dans des pontons flottants, réalimenter son niveau avec l’eau de la Lergue, ou rehausser le niveau de sa côte d’exploitation font partie des solutions en cours d’étude. De même, quatre projets d’extension à partir du déploiement d’Aqua Domitia sont envisagés pour desservir des zones identifiées en besoin. Le barrage des Olivettes, à Vailhan, pourrait, lui aussi, être davantage sollicité, “car des pertes sur le réseau sont identifiées. Sa modernisation permettrait d’alimenter plus de surfaces en irrigation”, précise Yvon Pellet.

Retenues collinaires et confusion sexuelle

Enfin, sur les zones où aucune autre alternative ne sera possible, la création de retenues collinaires est espérée à plus long terme. “Sur 22 sites possibles, seuls 9 pourraient être réellement concernés par les retenues. Nous n’excluons cependant pas l’implantation de micro-retenues portées par des petits groupes d’exploitants”, poursuit encore Yvon Pellet. L’ensemble des interventions de la stratégie Hérault Irrigation est évaluée à 310 M€ par le Département. Il en a proposé le co-financement à l’Europe, l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse (RMC), la Région Occitanie, les EPCI, pour parvenir à des résultats probants à l’horizon 2030.

Olivier Bazalge


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