JA Occitanie a un nouveau président

Publié le 07 juillet 2020

Romain Deloustal :

Après la tenue de leur assemblée générale, les Jeunes agriculteurs ont élu l’Héraultais Romain Deloustal comme président. Tour d’horizon des dossiers à défendre et combats à mener avec ce jeune viticulteur impliqué chez JA depuis son installation.

w Romain Deloustal : “Nous nous sommes installés avec ma femme en 2016, sur la ferme familiale de ses parents, à Vendémian. Nous avions, à ce moment-là, la volonté de changer de vie et de revenir à la terre. Moi, j’étais, à l’époque, gestionnaire de patrimoine. Le départ à la retraite de ses parents approchant et la volonté que nous avions tous les deux de nous mettre à notre compte ont fait que nous avons pris leur relève. L’exploitation se compose de 20 ha, dont 12 ha dédiés à la viticulture et 8 ha encore non cultivés, mais qui sont voués, à terme, à accueillir des vignes. Toute notre production part en cave coopérative."

Depuis quand et pourquoi vous êtes-vous engagé chez JA ?

R.D. : “Nous avons pris l’adhésion chez JA avant même d’être totalement installés. Si on veut s’en sortir et pouvoir faire notre métier dans les meilleures conditions, il faut être syndiqué. C’est aussi le meilleur moyen pour se faire entendre et faire passer des messages. Aussi s’engager un peu plus, deux ans plus tard, en devenant trésorier était naturel pour moi. J’ai beaucoup appris au cours de ce mandat et appréhendé des visions différentes de l’agriculture dans les
13 départements de notre région. Cela permet d’ouvrir les yeux et de voir ce qui se fait ailleurs. Défendre mon métier est en étroite corrélation avec l’envie profonde que j’avais de revenir à la terre. Aussi quand le président des JA Occitanie n’a pas souhaité se représenter et que le secrétaire général n’a pas pris le relais, j’ai accepté de candidater au poste de président.  Une fois cela dit, la "direction" est en réalité un trio, puisque je travaille en étroite collaboration avec le président délégué, Sébastien Albouy, éleveur en Haute-Garonne (nouveau poste dans l’organigramme des JA, ndlr), et avec la secrétaire générale, Clémence Biard, éleveuse dans l’Ariège. Nous partageons tous les trois les mêmes valeurs et sommes parfaitement complémentaires."

Quels sont les dossiers "chauds" sur la table des JA Occitanie ?

R.D. : “La Pac est incontestablement un dossier phare, et encore plus dans le contexte actuel de discussions autour de son budget. Il faut que la prochaine Pac ait pour objectif d’attirer les jeunes agriculteurs et de faciliter le développement des entreprises dans les zones rurales. Nous appelons notamment un budget sanctuarisé d’au moins 4 % de la Pac à mobiliser pour les jeunes agriculteurs sur les outils du P1 – le paiement additionnel pour les jeunes – et du P2 – la DJA – qui doit être capable d’augmenter pour s’adapter aux réels besoins. La prochaine Pac doit également cibler les soutiens vers les véritables agriculteurs qui font la vie de nos territoires. En ce sens, JA rappelle la nécessité d’élaborer une définition forte de l’agriculteur actif professionnel. Enfin, les aides de la Pac doivent plutôt favoriser les hommes que les hectares, avec  une meilleure répartition entre les territoires. 

Autre sujet phare, voire le premier pour nous, celui du renouvellement des générations. Même si notre situation globale, en Occitanie, n’est pas catastrophique par rapport à d’autres régions, et que l’Aveyron est le département qui enregistre le plus d’installations dans toute la France, il faut que l’on arrive à installer plus de jeunes, et ce, dans toutes les filières. Mais installer un jeune, cela suppose un projet viable, vivable et transmissible. Aussi pour que toutes les conditions soient réunies et le projet d’installation une réussite, JA assure un accompagnement et des formations personnalisées à tous ceux et celles qui le souhaitent.  Et pour attirer des jeunes, on va continuer à faire la promotion de notre métier dans les établissements scolaires et en ouvrant nos fermes. Nous souhaitons aussi, à ce sujet, développer la communication positive, au travers d’événements particuliers dans tous les départements, tels que, par exemple, l’organisation de marchés dans des stations de ski, des dégustations des produits locaux sur les plages, etc.  Par ailleurs, puisque j’évoque les produits locaux, nous souhaitons aussi dynamiser les circuits courts, sur lesquels les JA ont été particulièrement actifs tout au long de la crise sanitaire liée au Covid-19. Il convient dorénavant de capitaliser sur nos forces, en proposant aux Français du lien social, de la proximité et une alimentation de qualité à travers l’excellence de nos produits."

Au sujet de la pandémie que nous venons de vivre, et qui n’est pas terminée, comment les JA ont-ils traversé cette crise, ainsi que le syndicat d’ailleurs ? 

R.D. : “Chez JA Occitanie, nous avons fait le choix de ne mettre aucun salarié en chômage partiel et de n’imposer aucune prise de congés payés. On a donc privilégié l’humain plutôt que la structure. Le travail a, de fait, continué, mais en visioconférence et par téléphone, et non en présentiel. Mais parce que chez JA, la convivialité, c’est important, on a toutefois préféré retarder notre assemblée générale et l’élection du conseil d’administration pour pouvoir se retrouver.

Pour ce qui est des jeunes agriculteurs, nous n’avons pas quantifié, pour le moment, l’impact du Covid-19 sur leurs exploitations et leurs finances. Seule certitude, être confronté à cette crise sanitaire pour un jeune installé, c’est loin d’être évident, avec le confinement qui a suivi et la fermeture des marchés, de la restauration et autres débouchés habituels. Sans compter que la grande distribution n’a pas toujours joué le jeu et que fidéliser une clientèle quand on est en circuits courts ne se fait pas du jour au lendemain. Une fois cela dit, nombreux ont été les jeunes à s’organiser au travers de drive fermiers et d’autres plateformes numériques pour pouvoir écouler leurs productions. Grâce à cela, les habitants ont redécouvert qu’ils avaient des agriculteurs à côté de chez eux, qui faisaient des bons produits et pas forcément plus chers. Il nous faut poursuivre sur cette lancée. Les chantiers ne manquent donc pas pour porter un projet agricole ambitieux, social et économique. Toutes nos équipes sont déjà au travail."

Propos recueillis par Florence Guilhem


OPA - Service publicSyndicalisme Jeunes agriculteurs