JA du Gard : Mêmes combats, nouveaux horizons

Publié le 11 février 2020

Ludivine Verlaguet (à gauche) est officiellement la nouvelle présidente des JA du Gard, depuis le 6 février. Elle succède à Delphine Fernandez.

L’assemblée générale des Jeunes agriculteurs du Gard, le 30 janvier, au Mas des Capelans, à Nîmes, a marqué la fin d’une ère pour l’équipe en place, pour mieux laisser la nouvelle mandature prendre ses marques, et poursuivre les combats, avec une nouvelle présidente à sa tête. Malgré des spécificités locales, celle de l’agribashing demeure une source inépuisable de questions et de débats. Aussi, les JA avaient convié à leur rendez-vous, Eddy Fougier, politologue, qui s’est penché sur le phénomène.

C'est avec un certain soulagement et un sentiment non feint du travail accompli en équipe que Delphine Fernandez a conclu sa dernière assemblée générale en tant que présidente des JA du Gard. Après deux mandats de bons et loyaux services, entourée de son bureau, la viticultrice passe la main à une consœur, Ludivine Verlaguet, déjà membre du bureau. Entre jeunes expérimentés et nouveaux venus, le bureau devra assurer la continuité des actions engagées par ses prédécesseurs. Les dossiers à suivre ne manquent pas, entre les répliques nécessaires à l'agribashing qui minent le moral, les retards de paiement pour les aides bio, la Pac, l'actualité syndicale et le 42e Concours des vins de Nîmes qui se prépare déjà... "beaucoup de sujets qui ont marqué 2019" vont continuer à faire l'actualité en ce début d'année, comme l'a souligné Delphine Fernandez. 

Continuité et solidarité 

En adressant ses félicitations à la nouvelle équipe élue, Delphine Fernandez sait qu'elle laisse les jeunes agriculteurs gardois adhérents entre de bonnes mains. Tenant à préciser - pour qui oserait en douter ! - qu'elle ne briguait pas un troisième mandat non "pour une question d'âge, mais pour raisons personnelles", afin de passer la main. La présidente sortante a néanmoins assuré ses troupes de son soutien. "Continuez à travailler en équipe et avec les autres OPA. Je continuerai en tant que JA et viticultrice", a-t-elle assuré à l'assemblée. Entre les ZNT (zones de non-traitement), la charte départementale de bon voisinage à appliquer, les aides MAEC ou encore la Pac, on reprendra les mêmes chevaux de bataille, pour recommencer. 

De solidarité il a été essentiellement question, lors du rapport moral de l'ex-présidente. Notamment pour res-
serrer les troupes derrière leurs responsables syndicaux qui devront comparaître le 19 février, après la mise en garde-à-vue de Benjamin Sant, vice-président, et Mathieu Manetti, secrétaire général, le 6 novembre 2019. Placés sous contrôle judiciaire, ils sont poursuivis pour "dégradations de biens publics en réunion", suite aux manifestations du mois d'octobre à Nîmes, et sont appelés à comparaître le 19 février. "Il faudra être présents et nombreux pour défendre nos collègues", a appelé Delphine Fernandez, qui compte sur la mobilisation des troupes, sans pour autant encourager de dégradations. Souhaitant une nouvelle stratégie à mettre en place pour se faire entendre, alors que "les coûts augmentent et les bénéfices baissent", elle s'est félicitée de certaines avancées. 

Les attentes et les avancées

Guillaume Cabot, administrateur au syndicat national des Jeunes agriculteurs a rappelé les combats et les enjeux propres à l'ensemble des JA, notamment à l'approche de la nouvelle Pac. Comme ses homologues gardois, qui s'étaient fortement mobilisés en septembre 2018, il a salué la reconduction du dispositif TODE (les exonérations de charges patronales pour l'emploi de travailleurs saisonniers), en espérant que la mesure "soit pérenne dans le temps". 

Parmi les demandes des JA, dans le cadre de la distribution des aides Pac, ces derniers souhaitent qu'elles soient plafonnées "par actif, ou à 100 000 par exploitation, en fonction des paliers et du nombre d'actifs", ainsi qu'une majoration des premiers hectares, "pour assouplir la règle".

L'accompagnement par filière est encouragé, afin de soutenir plus efficacement leur développement, par le biais d'adhésions "à des contractualisations, à des engagements environnementaux ou inter-filières", a évoqué Guillaume Cabot, qui a aussi milité pour le maintien et le paiement plus simple des aides MAEC, alors que le renouvellement des générations reste un point majeur dans l'avenir proche, sachant que "40 % des agriculteurs seront retraités d'ici 10 ans"...

Ne rien lâcher

Si, de son aveu, l'année écoulée a été chaotique, Mathieu Manetti l'a  reconnu : "Tout ce qu'on a fait a servi." Après l'un de ses mandats "les plus compliqués", entre les élections à la Chambre d'agriculture et toutes les mobilisations, "tout s'exacerbe, mais rien n'est perdu !" Les actions menées, notamment celles des 8 et 22 octobre derniers, auront été parmi "les plus belles manifestations depuis 20 ans, nous ont dit des anciens". Raison de plus pour "ne rien lâcher", malgré les galères, et se concentrer sur les initiatives qui font l'identité du syndicat.  

Pesant pour 12 % dans les ressources du syndicat, comme l'a indiqué Romain Angelras, trésorier, le Concours des vins de Nîmes est attendu chaque année comme un rendez-vous incontournable, tant en signe de rayonnement des JA qu'en nécessaire faculté à rassembler les caves coopératives et particulières du Gard et des environs. Les JA attendent donc "du monde et des échantillons" pour que survive et perdure ce concours, notamment face au Concours général agricole ou à celui d'Orange, a encouragé Mathieu Manetti, en amont de la prochaine édition qui se tiendra le 25 mars. Nul doute que la nouvelle présidente et son équipe sauront accueillir et accompagner les futurs vins médaillés à la salle des Costières de Nîmes. 

Philippe Douteau 

 


Des jeunes anciens, des récents et des nouveaux venus, le bureau a été élu à la majorité, le 30 janvier.

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