JA 34 : Le numérique et les nouvelles technologies à l’honneur

Publié le 03 avril 2019

Une assemblée générale sous le signe des nouvelles technologies et de l’agriculture 2.0 pour adapter son exploitation en 2019.

Vendredi 22 mars, au lycée de Bonne Terre à Pézenas, se tenait la première assemblée générale des Jeunes agriculteurs de l’Hérault, sous la présidence de Camille Banton. Au programme, les avancées technologiques et du numérique dans la filière agricole.

“Les jeunes agriculteurs veulent prévoir leur avenir avec l’arrivée grandissante des nouvelles technologies”, a indiqué Camille Banton, présidente des Jeunes agriculteurs de l’Hérault, en préambule de la table ronde sur le thème : “Comment adapter mon exploitation en 2019 ? L’agriculture 2.0”. Après la présentation du rapport sur l’installation dans l’Hérault par Magali Dardé, vice-présidente des JA 34, le rapport d’activité de Rémi Dumas, secrétaire général, et le rapport moral de Camille Banton, place était faite à l’agriculture numérique. Aujourd’hui, l’agriculture héraultaise doit faire face à de nombreux aléas : climatiques, économiques, sanitaires et réglementaires. Aussi, les Jeunes agriculteurs avaient réuni Thomas Crestey, responsable du Mas Numérique à Montpellier SupAgro, Paul Pampuri de Naïo Technologies, Xavier Crété chef de projet à SudExpé, et Gaëlle Roman-Faure, conseillère à la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Celle-ci a présenté l’outil ‘Mes parcelles’, développé par la Chambre d’agriculture depuis 2007. Au départ, cet outil a été conçu pour gérer les déclarations Pac. En dix ans, il a évolué au gré des problématiques des filières, et permet aujourd’hui de répondre à la réglementation, voire d’aller au-delà. Outre l’assolement lié à la déclaration Pac, il enregistre les interventions, les fertilisations... Et permet de sécuriser la saisie pour les agriculteurs. “Une nouvelle évolution est en cours pour une cartographie simple et rapide, afin d’aboutir à une traçabilité automatique. Nous menons également un travail sur la certification HVE pour valoriser les autodiagnostics”, a-t-elle déclaré.

SAM, un projet coconstruit avec les producteurs

Xavier Crété (Sud Expé) a présenté l’outil SAM (Sud Agro Météo), projet coconstruit avec les producteurs, l’élan ayant été donné grâce aux financements de l’Europe et de la Région. Actuellement, le projet fonctionne seul. Il est entièrement autonome au niveau financier, et facilite la gestion des maladies telle la tavelure du pommier, mais permet aussi de bénéficier d’un système d’alerte sur la problématique gel, ou encore le pilotage de l’irrigation. Les territoires couverts vont de l’Ariège à la Vallée du Rhône, les plus nombreux utilisateurs se situant dans la plaine de Mauguio, Saint-Just et Montpellier. “Nous avons des stations installées, qui alimentent cette base de données. C’est une plateforme de valorisation alimentée par les producteurs et les techniciens. Une station standard porte un pluviomètre et une entrée cartographique, mais on peut ajouter des données météo prévisionnelles à huit jours. Cette station permet de gérer l’irrigation et la pluviométrie. Elle comporte une plateforme RIMPro tavelure, dont l’application engendre l’envoi d’alertes à l’utilisateur.”

Paul Pampuri, commercial chez Naïo Technologies, indique qu’“à l’origine, il s’agissait de trouver une solution à la problématique du désherbage des cultures en maraîchage diversifié, pour faire cela de manière autonome”. L’outil Oz a d’abord été développé pour les petites exploitations. “Aujourd’hui, nous comptons une centaine de clients, tels que des producteurs de semences et de plantes aromatiques.” Puis, il y a Dino pour le désherbage mécanique dans des exploitations de plus grande envergure, qui peut désherber jusqu’à 4 ha par jour. “Nous l’avons présenté dernièrement au Domaine de Perdiguier sur du thym bio en agroforesterie.” Pour la viticulture, le robot Ted a été développé, et “est actuellement en phase de présérie ; sa commercialisation devrait débuter en 2021”. Il permet le désherbage mécanique sur vignes à écartement large, et peut intégrer de nouveaux outils pour le rognage, ou encore l’épamprage. Avec une autonomie de 8 heures, il bénéficie d’un système de guidage par GPS, fonctionne sur batterie, et a une durée de vie de 15 ans. Les robots sont utilisés plutôt en zone de plaine. En 2021, Ted sera capable de gérer les situations de devers. Son prix avoisine 150 000 euros.

Anne-Solveig Aschehoug


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