IGP Gard : Neuf cépages résistants intégrés au cahier des charges

Publié le 30 juillet 2019

Le 12 juillet, au Wine bar de Nîmes, Denis Verdier, Christophe Aguilar (IGP Pont du Gard), Danny Peregrine et Bernard Genevet (ICV du Gard) ont présenté les 4 cépages Inra-Resdu 1, sur les 9 inscrits au cahier des charges des IGP du Gard.

Les IGP du Gard se lancent dans la course aux cépages résistants, en intégrant floreal, voltis, artaban, vidoc et autres à leur cahier des charges. La demande a été validée par l'Inao, autorisant l'intégration de ces neuf nouveaux cépages au cahier des charges. Ils pourront être vinifiés dès les vendanges 2019.

Des cépages "qui s'apparentent aux cépages méditerranéens", estime Denis Verdier. Lors de la conférence de presse présentant des nouveaux cépages tolérants aux maladies, inscrits au cahier des charges, le président de la fédération des Vins IGP du Gard (IPG Gard, IGP Cévennes et IGP Coteaux du Pont-du-Gard), a réaffirmé l'ambition "d'anticiper les signes de qualité". Un positionnement qui validerait le respect d'une démarche encourageant une viticulture "plus respectueuse de son territoire".

Pour des pratiques viticoles plus vertueuses

Au même titre que deux autres ODG de la région (Pays d'Oc IGP et Vins IGP Vaucluse), les Vins IGP du Gard ont vu leur demande validée par l'Inao, permettant d'intégrer des cépages résistants aux maladies cryptogamiques (mildiou et oïdium), classés au catalogue. Parmi les 16 cépages concernés (11 allemands, 4 variétés ResDur de l'Inra, et le soreli italien), les Vins IGP du Gard en ont intégré 9. "Nous sommes les premières IGP dans la région à pousser les nouveaux cépages", se félicite Denis Verdier, là où Pays d'Oc s'est plus orienté "sur les cépages étrangers". En cette période de forte demande et d'exigences environnementales de la part des consommateurs, ces nouvelles variétés résistantes seraient, selon le président, une garantie d’un engagement à long terme de pratiques viticoles, plus en phase avec ces attentes politiques et sociétales, en premier lieu, les baisses de traitements par pulvérisation.

En s'appuyant sur l'expertise de l'ICV pour fournir leur argumentaire technique auprès de l'Inao, les IGP du Gard misent surtout sur les quatre variétés françaises Inra-Resdur 1 à résistance polygénique sur l'oïdium et le mildiou, là où les cépages allemands ont montré des signes de contournement des maladies.

Vidoc et Floréal, sur la bonne voie

Floréal et voltis en blanc, artaban et vidoc, en rouge, sont les cépages que les IGP du Gard veulent soutenir. Pour en faire les nouveaux cépages de demain ? Bernard Genevet, consultant viticole à l'ICV du Gard, annonce même "le début d'une grande révolution", à l'échelle européenne, alors que s'annonce une diversité grandissante quant au choix variétal. 

A la dégustation de ces micro-vinifications, voltis se révèle plus floral, avec une touche d'acidité, là où floreal est plus fruité et aromatique, "rappelant certains sauvignons", note Bernard Genevet. "Floréal est très demandé sur les salons", atteste Danny Peregrine, directeur de la fédération des Vins IGP du Gard. Commercialisé par les Vignobles Foncalieu, sous le nom de cuvée Nu.Vo.Té, l'artaban présente une résistance totale à l'oïdium. La seconde cuvée, issue de parcelles expérimentales de l'ICV à Maraussan (Hérault), peu chargée en alcool (11 ou 12 degrés), est plus tannique, pensé pour les assemblages. L'autre rouge Resdur, vidoc, récolté "entre 13 et 15 degrés", s'avère "plus typique de nos terroirs", indique le consultant à l'ICV, à l'instar d'un grenache. Au finish, vidoc et floreal semblent remporter les suffrages.

Après les variétés Inra-Resdur 1, une dizaine de vignerons du Languedoc ont planté les variétés Bouquet, deuxième génération, à titre expérimental.

Philippe Douteau


GardIGP Gard cépages résistants vidoc floréal Terroir et lumière