IGP 34 : Les difficultés de la transition écologique

Publié le 18 juin 2019

Autour de Jean-Michel Sagnier et Bernard Augé, Yvon Pellet, a notamment rappelé les efforts du Conseil départemental pour accompagner les agriculteurs par les aides à la confusion sexuelle et le développement du plan “Hérault irrigation”.

A l’occasion de son assemblée générale, la fédération héraultaise des IGP 34 a souhaité mettre en perspective auprès de ses adhérents les impacts sur la gestion des signes de qualité de la gestion agroenvironnementale et de la transition climatique.

Pour la tenue de sa première assemblée générale sous la présidence de Jean-Michel Sagnier, le 5 juin au Pouget, la fédération héraultaise des IGP 34 a offert à ses adhérents l’intervention de protagonistes de différentes compétences. Jean-Michel Sagnier a tout d’abord réitéré sa demande “à l’Inao de faire preuve du pragmatisme nécessaire pour ne pas alourdir notre travail, notamment en ce qui concerne les cépages résistants“, puis a laissé le délégué général du Conseil Interprofessionnel des Vins AOC du Languedoc et IGP Sud de France, Jérôme Villaret, présenter les résultats de l’observatoire de l’activité commerciale au négoce, une enquête de conjoncture pour les vins du Languedoc-Roussillon. Ce sondage, mené pour la neuvième fois, a permis de recueillir 15 réponses de la part des entreprises de négoce régionales au cours du mois d’avril 2019. “D’une façon générale, la bonne dynamique des différents marchés est portée par le rosé, et dans une moindre mesure par les blancs. Le marché des rouges est, lui, à nouveau en berne pour le 2e trimestre 2019”, a synthétisé Jérôme Villaret, après compilation des résultats de l’enquête. Le délégué général a ensuite fait un point de situation plus général concernant le marché du vin tranquille en grande distribution française : “La baisse des volumes sur le marché des hyper et super s’est poursuivie en 2018, et pour la première année, les valeurs sont également en retrait.”

Le comportement du consommateur change

Sur la base de l’étude Kantar WorldPanel, menée en 2018, et étudiant un panel autour de la consommation à domicile, le délégué général du CIVL évoque également l’évolution du comportement d’achat du consommateur “qui fragmente ses courses en augmentant le nombre d’enseignes qu’il fréquente. Ceci est dû au développement du e-commerce, mais aussi à un retour au commerce de proximité et aux circuits différenciés (enseignes bio, circuits courts…). Dans les années à venir, nous nous devons d’aller chercher les consommateurs dans ces circuits également.” Au-delà des comportements d’achat, l’évolution des habitudes de consommation est également pointée par Jérôme Villaret. Fragmentation, simplification et déstructuration des repas, livraison à domicile, “si nous n’y prenons pas garde, le vin n’aura plus sa place dans cette évolution d’ici quelques années. Le rosé a bien rebondi face à ce changement, mais ce sont les bières qui sortent grandes gagnantes au sein de ce réarbitrage entre catégories”, poursuit encore Jérôme Villaret. En conséquence de quoi, les actions du CIVL se concentreront sur la montée en gamme des vins du Languedoc, “en nous positionnant comme leader mondial sur le rosé”, appuie Jérôme Villaret, mais aussi en poursuivant les efforts de communication autour du développement durable et la mise en valeur de la destination Languedoc dans l’œnotourisme.

Transition écologique et changement climatique

L’autre volet développé par les intervenants était axé sur la transition écologique et le changement climatique. Jean-Louis Escudier, de l’Inra, a dressé un bilan des réalités et adaptations pour les vins d’Occitanie. “Depuis 1980, le degré alcoolique moyen des vins augmente pendant que l’acidité totale diminue, avec de surcroît, depuis 2000, un bilan hydrique défavorable sur la période stratégique d’avril à septembre”, a-t-il commencé pour dresser le tableau de la situation à laquelle sont confrontés les vignerons depuis plusieurs années. En Occitanie, les réponses possibles à l’évolution climatique se positionnent autant sur le volet œnologique que cultural. “Les objectifs œnologiques de ces réponses sont simples : limiter la teneur en alcool, abaisser le pH et protéger de l’oxydation. Au niveau viticole, il s’agit plutôt de reconsidérer le vignoble de manière globale, repenser l’irrigation et changer les cépages”, a précisé Jean-Louis Escudier.

Olivier Bazalge


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