Huile d'olive AOC Languedoc : une huile AOC pressée d’être dégustée

Publié le 21 décembre 2021

Autour de Jean-Bernard Gieules (au centre), les membres du conseil d’administration de la coopérative L’Oulibo ont accompagné les élus pour présenter la nouvelle huile d’olive AOC Languedoc. © O. Bazalge

Décalée d’un an en raison de la crise sanitaire, la première récolte de l’huile d’olive AOC Languedoc est promue par le noyau dur de producteurs, qui a accompagné l’aboutissement de ce projet vieux de plus de 20 ans. Les premiers flacons sont déjà disponibles avec une récolte 2021 marquée par son intensité aromatique.

Réunis au sein de la coopérative L’Oulibo, créée en 1942, et plus important producteur de lucques du Languedoc AOP, les producteurs d’olives audois et héraultais ont enfin pu mettre en lumière leur première récolte d’olives destinées à la production de l’huile sous appellation d’origine AOC du Languedoc. Et, contrairement à l’an passé, les rendements sont là, et les huiles sont marquées par une richesse aromatique peu commune.

Alors que la parution au Journal officiel avait été actée en novembre 2020, la crise sanitaire a contraint à un report de présentation. “Cette campagne 2021-2022 marque donc le lancement de ce nouveau signe de qualité”, se ravit Julie Carou, animatrice du syndicat AOC Lucques et huile d’olive du Languedoc.

Composée de deux variétés d’olives emblématiques, Lucques et Olivière, l’huile d’olive du Languedoc est la 16e appellation oléicole française. Elle fédère les forces de deux départements voisins, Hérault et Aude, au sein d’une aventure humaine souhaitant valoriser le savoir-faire des oléiculteurs de ce territoire, qui produisent les complémentaires Lucques du Languedoc et, à présent, huile d’olive du Languedoc.

Sous la présidence de Jean-Bernard Gieules, producteur à Caunes-Minervois (11), le syndicat de défense de la Lucques et de l’huile d’olive du Languedoc, a présenté les installations de la coopérative L'Oulibo, que Pierre Marty, son directeur, a  détaillé par le menu. “La coopérative L'Oulibo s’engage à appliquer une charte qualitative très précise pour inciter à la pratique d’une agriculture raisonnée assurant le développement et la pérennité de l’oléiculture en Occitanie”, appuie Pierre Marty, en faisant visiter l’unité de prodution d’huile d’olive. L’Oulibo a été reconnue entreprise du patrimoine vivant en février 2017.

Deux décennies d’attente

“Cette AOC, c’est une histoire de plus de 20 ans”, reprend Julie Carou. “En effet, c’est autour de 1998 que les premières discussions se sont engagées entre producteurs, dans l’objectif d’accéder à la reconnaissance AOC pour l’olive Lucques, mais aussi pour l’huile d’olive obtenue avec la lucques et l’olivière”, déroule-t-elle.

Sans véritable structuration dédiée à cette aspiration, le premier dossier pour la lucques n’est déposé qu’en 2004. Il faudra ensuite attendre 2008 pour que la demande pour l’huile le rejoigne. Alors que les membres de l’Union des producteurs et professionnels de l’olive du département de l’Hérault (UPPO34) et le Syndicat oléicole du Pays d’Aude (SOPA) se sont rassemblés pour former le Syndicat des appellations de l’olive et huile d’olive du Languedoc (SAOHL), les deux dossiers sont portés en parallèle par le syndicat, mais se heurtent à différents écueils qui ralentissent le passage des étapes.

“Lors du dépôt du dossier, la réglementation ne permettait pas d’inscrire le nom d’une variété dans un nom d’appellation. Il faudra attendre l’évolution de la loi pour que ce nom définitif ‘Lucques du Languedoc’ soit adopté. Et, jusqu’à mon arrivée, en 2012, il n’y avait pas vraiment de personne dédiée à ce dossier. C’est à partir de là que nous avons pu accélérer, en faisant le choix stratégique de mettre le dossier huile d’olive en veille pour faire avancer celui de Lucques du Languedoc”, ajuste Julie Carou.

L’AOC Lucques du Languedoc sera reconnue en 2015, et le dossier de l’huile est donc relancé en 2018, une fois celui des olives bien sur les rails.

4e AOC oléicole d’Occitanie

Après une ultime commission d’enquête, fin 2018, suivie par des échanges considérables en 2019, le dossier est finalisé début 2020. C’était sans compter sur la crise sanitaire qui décale tout et repousse la présentation du dossier de plusieurs mois. La publication au Journal officiel en novembre 2020 viendra éclaircir une ambiance durement ternie par la crise du Covid et des aléas climatiques qui ont fortement pénalisé les volumes récoltés l’an dernier, notamment pour la Lucques du Languedoc.

Avec 170 hectares identifiés pour cette campagne, l’AOC huile d’olive du Languedoc vole à présent de ses propres ailes, sous ce format de protection transitoire jusqu’à l’homologation européenne en AOP. L’aire géographique se caractérise par son climat méditerranéen strict, un faible nombre de jours de pluie, un ensoleillement important et une régularité de sécheresses estivales. Les altitudes sont essentiellement sous les 300 mètres.

“L’huile d’olive du Languedoc est la 4e appellation oléicole d’Occitanie. En réunissant les deux départements frontaliers, Aude et Hérault, au sein de cette aventure humaine, l’AOC est une reconnaissance de la production en Languedoc et la valorisation du terroir, tout en participant à la préservation du paysage et du patrimoine oléicole local, ainsi qu’une garantie de provenance et de qualité supérieure”, défend Julie Carou.

Pour accompagner cette première campagne en AOC, c’est un peu plus d’une vingtaine de producteurs, moulins à huile ou domaines qui ont demandé leur habilitation pour la mise en marché de cette nouvelle huile d’olive AOC. Cette mise en marché peut s’étaler de la transformation jusqu’au mois de juin suivant la récolte. 14 producteurs ont décidé de mettre les petits plats dans les grands pour proposer leur produit au public, dès sa sortie du moulin, et offrir des produits pour la période des fêtes de fin d’année.

Olivier Bazalge


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